Une leçon de démocratie pour un vote démocratique
Samedi dernier, l’échange des points de vue entre Madame Ségolène Royal et Monsieur François Bayrou, a constitué une véritable leçon de démocratie.
Les pressions des proches de Nicolas Sarkozy ou de lui-même sur la Presse Quotidienne Régionale (au-delà de sa rencontre avec le Président du Syndicat de la PQR, rappelons que ses "amis" MM. Lagardère, Dassault et Minc en contrôlent au moins indirectement une grande partie) puis sur les médias audiovisuels (là encore, ses mêmes proches avec également Martin Bouygues, en contrôlent la majorité) n’ont pas empêché la tenu de cet échange qui apparaissait pourtant comme tout à fait légitime entre ceux arrivés second et troisième au terme du premier tour de l’élection présidentielle.
Quoi de plus normal que de discuter, en vue de dégager d’éventuelles convergences ? En l’espèce, si des divergences connues ont été rappelées, essentiellement sur l’économie (encore que celles-ci ne sont pas plus fortes que celles existants entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy comparé par le centriste à Silvio Berlusconi, le seul en Europe avant le candidat UMP, à avoir préconisé la suppression de l’impôt sur les successions), d’importantes conceptions communes ont été mis en avant.
Celles-ci portent sur des sujets aussi essentiels que l’Etat impartial, la fin de la concentration excessive des médias, les valeurs républicaines, la prévention toujours en amont de la répression, de nombreuses valeurs de solidarité, etc.
Aujourd’hui, elles l’emportent très largement sur d’autres domaines plus spécifiques. Elles l’emportent parce que Nicolas Sarkozy qui a dès le premier tour récupéré sans aucun doute une bonne moitié de l’électorat frontiste, est plus que jamais de la droite dure, extrême. Une droite « décomplexée » qui assume désormais ses idées ultra-libérales en matière économique, et autoritaire et répressive en matière sociale.
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Beaucoup a été dit sur Nicolas Sarkozy : on connaît désormais son véritable programme et ses dangers. C’est pourquoi, le candidat UMP reprend, une fois encore, une stratégie de Jean-Marie Le Pen : la victimisation. Comme déjà en 1993 lorsque la droite arrivait au pouvoir suite aux législatives, Nicolas Sarkozy parle de « haine » ; « pourquoi tant de haine ? » s’est-il ainsi interrogé à 46 reprises lors de son meeting à Dijon.
Comment un candidat qui a osé accuser implicitement l’Allemagne d’aujourd’hui d’avoir commis la solution finale, un candidat qui a osé stigmatiser les jeunes des quartiers sensibles en les appelant « racailles », en prétendant qu’à 16 ans « tout est déjà joué », qu’à trois ans il faut déceler la délinquance, peut-il se poser en homme sensible et aimant ?
Aujourd’hui, l’ensemble des enquêtes d’opinion montrent (mais les médias ne le précisent jamais) que l’ensemble des tranches d’âges vote majoritairement pour Ségolène Royal, sauf les plus de 65 ans. La France d’hier doit-elle choisir pour la France de demain ? Non, cela n’a pas de sens.
Ces études démontrent que Nicolas Sarkozy n’est pas le candidat des modernes, des réformateurs.
Essayons, non pas de stigmatiser, mais de convaincre avant le 6 mai nos parents ou grands-parents que le bon choix pour une société réformée et apaisée est celui de Ségolène Royal.
Nicolas Sarkozy et sa chaîne « amie » TF1 les manipulent et les effraient (encore ce soir, avec un reportage « coup de pouce » sur la chaîne de Martin Bouygues, sur les « Faux chômeurs, RMIstes fraudeurs et malades imaginaires »).
Ne les laissons pas nous voler notre avenir.