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Messages - MCL80
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Je sens que ça va être trop poétique pour moi, donc je m'en passerai. :peur:

La seule question que j'ai:
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Combien de tailles de bonnet va gagner Saori au passage?…

 :jesors:
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Anime et manga / Re : Studio Ghibli
« le 5 Juillet à 22:19 »
Depuis quelques mois il y a eu un paquet de livres sur Miyazaki ou ses œuvres. Il m'en reste un à lire, mais celui qui sort du lot est Hayao Miyazaki, Nuances d'une œuvre (éd. Les Moutons électriques). Les analyses sont fouillées et originales.

J'aurai aussi une mention particulière sur la traduction du livre d'Andrew Osmond Le Voyage de Chihiro (ed.Akileos) qui est un point de vue intéressant sur cette œuvre.

En revanche, je ne conseille pas vraiment le livre de Gael Berton L'œuvre de Hayao Miyazaki (éditions Third) qui est certes un bel objet, mais dont le contenu est de mon point de vue plus faible.

Enfin, je déconseille le livre d'Eithne O'Neil Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki (ed. Vendémiaire) qui n'est pas du même niveau que celui d'Andrew Osmond.
3
Cinéma / Re : On se re-fait un cinoche ^^
« le 5 Juillet à 22:05 »
La jeune fille sans main

Film d'animation tiré d'une pièce d'Olivier Py, elle-même tirée d'un conte de Grimm. Bof, bof. Globalement, un scénario pas suffisamment charpenté et un pitch un peu mince à la base. Le film en lui-même est court, mais on a l'impression de voir du sous-Takahata, alors que l'animation et l'image sont tout à fait dans cette veine.
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Citation de Flavien le 2 Juillet à 12:25
Enfin, arrive ce lundi, je surveille le Français. L'ambiance est chaude mais pas étouffante dans ma salle, les élèves à surveiller sont sympas... Beaucoup plus que dans la salle d'en face où, hasard de l'alphabet, on a une concentration de loulous. Parmi ces loulous, deux cousins qui avaient manifesté leur curiosité face au passage de l'examen sans présenter de titre d'identité. Et... Sans surprise, ils n'avaient pas de papier d'identité mais par contre arboraient un grand sourire. Ma collègue suit la procédure, va chercher le chef d'établissement. Normalement, les élèves ne sont pas acceptés et doivent être reçus par le chef d'établissement qui, en règle générale, les renvoie en salle d'examen et leur autorise à passer l'examen. Sauf que le chef répond "je les vois, je les reconnais, c'est bon, on ne va pas y passer trois heures". Ma collègue est incrédule, elle explique que ces gamins l'ont fait exprès. Le chef n'en démord pas. Elle me raconte l'épisode et, étonné par la formulation du chef, je relis les consignes de surveillances... Et là, grand choc, depuis cette année, il est écrit noir sur blanc que les élèves sans papier d'identité sont autorisés à composer dès lors qu'un adulte, membre du personnel, les a reconnus.
On peut se dire qu'il est hypocrite de faire "comme si" on ne connaissait pas nos propres gamins. On surveille des gamins que l'on connaît blablabla... Mais cette évolution, c'est ce petit laxisme quotidien qui nous décrédibilise, dénature notre autorité. La présentation d'une convocation et d'un titre d'identité, même dans un lieu connu des gamins, c'est une étape importante, un rituel à acquérir... Mais le jour J de l'examen, on est plus dans le "bon, c'est pas grave, tu l'apporteras la prochaine fois", c'est de la pure désinvolture.
Pis, toujours même salle...
Ce n'est pas un hasard, c'est une politique: Le gouvernement ne supprime pas le diplôme, il le vide de son sens. Il agit comme les termites sur une poutre. Quand on la regarde de l'extérieur, elle ne change pas. Mais à l'intérieur il n'y a plus rien. Dans quelques années, le diplôme s'écroulera de lui-même sous le poids de son inutilité après avoir été bouffé de l'intérieur et certains parent applaudirons bêtement ce "progrès". Je pense que le bac est aussi concerné par ce processus.
Citation
Nous avons tous demandé aux gamins de mettre les téléphones, éteints, dans les sacs au fond des salles... Un portable vibre, ma collègue est agacée mais elle ne le localise pas... Puis elle lève les yeux et voit un gamin, mains sous la table, tête baissée... Elle le grille avec son portable allumé et vraisemblablement en train de l'utiliser. C'est clairement une fraude. Elle écrit un PV de fraude, le donne au chef... Qui répond avec la même désinvolture et fait comprendre que le PV ne sera pas lu. Et deuxième coup de froid (ou de chaud). Encore une nouvelle faille entamant notre crédibilité et autorité.
La il fallait dire au directeur "OK, je vais faire un signalement article 40 au procureur du gamin." Je sais, c'est la bombe atomique, mais on voit que dans toute la fonction publique on en est là, des chefs qui, sur instruction supérieure, ne font plus appliquer les règles dont ils sont sensé être les garants. Sauf qu'il ne peuvent pas empêcher un de leurs subordonnés d'utiliser l'article 40 du code de procédure pénale.
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Actualités / Re : France Inter
« le 21 Juin à 19:37 »
Une chronique sympa sur France Culture qui explique pourquoi la loi visant à lutter contre la haine sur Internet est une erreur:
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Une loi contre la haine
20/06/2019

Hier, le texte porté par la députée Laetitia Avia, « visant à lutter contre la haine sur Internet », était présenté à l’Assemblée. Le débat est ouvert…

Et dans Le Monde, une tribune cosignée par plusieurs ministres, dont Nicole Belloubet, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner, défend ce projet de loi en évoquant quelques-unes de ses dispositions : « l’introduction de la plainte en ligne, la spécialisation d’un parquet rompu aux usages du numérique et la formation de ses juges aux problématiques spécifiques aux réseaux sociaux ». Les signataires soulignent que « seule la justice pourra effectivement permettre d’assurer l’équilibre entre liberté d’expression et sanction des abus de cette liberté, déjà prévue par la loi ». Et c’est là que le bât blesse… Car cette loi, c’est celle de 1881 sur la liberté de la presse, dont on envisage de sortir l’injure et la diffamation pour les inscrire dans le droit pénal commun.

La loi de 1881 sur la liberté de la presse

Comme le rappelle Jérôme Hourdeaux dans Mediapart, ce texte fondateur a mis en place un régime spécifique permettant de protéger la liberté d’expression, « avec des garanties procédurales, comme des délais de prescription plus courts ou encore l’interdiction de la détention provisoire. Le passage de ces infractions dans le code pénal permettrait, notamment, de faciliter les perquisitions ou encore les comparutions immédiates ». Me Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, rappelle que l’injure et la diffamation représentent 90 % du contentieux et que les exclure de la loi de 1881 reviendrait à la vider de sa substance. « Il y a déjà tout dans la loi », estime-t-il, et notamment « une disposition, à l’article 57, qui oblige normalement le juge à trancher dans un délai d’un mois. Mais elle ne peut pas être appliquée faute de moyens. » Le risque serait aussi de créer « une nouvelle bureaucratie de la censure », voire de « privatiser » le contrôle de la liberté d'expression, en imposant notamment aux plateformes la mise en place de dispositifs de censure automatique. Or les affaires d’injure et diffamation sont souvent complexes et méritent un traitement équilibré, difficilement compatible avec les algorithmes ou la comparution immédiate. Dans le FigaroVox, François Sureau estime que « si le but affiché par la proposition de loi est louable, elle risque de provoquer censure et autocensure sur tous les sujets de société qui font polémique ». L’écrivain et avocat doute que la haine puisse constituer une notion juridique.

    Le législateur s’arroge désormais le droit de pénétrer dans les consciences, et que celles-ci soient mal inspirées ne change rien à l’affaire. Cette idée simple que penser n’est pas agir, que dire n’est pas faire, qu’avant l’acte criminel il n’y a rien, le cède par pans aux nécessités d’un contrôle social de plus en plus rigoureux.

Sur la délégation de pouvoir du juge à des opérateurs privés pour assurer le contrôle des contenus haineux sur le web, François Sureau considère que « dès lors que la fonction de l’État n’est plus de mettre en œuvre le projet des libertés, mais simplement d’accompagner les sentiments des groupes opposés qui s’affrontent dans l’espace public, cette évolution est probablement inévitable. Dans le cas particulier de la proposition de loi, on voit bien comment son dispositif constitue un puissant encouragement à la censure, puisque les opérateurs privés préféreront, dans le doute, censurer plutôt que de voir leur responsabilité mise en cause. » Conclusion en deux temps : « Nous assistons au remplacement de la liberté par le culte des droits. » 

    Nous cherchons à recréer une forme de civilité par la répression. Il n’y a pas de civilité sans liberté.

L'information en vase clos

À propos de la presse, Jérôme Lefilliâtre rend compte, dans les pages idées de Libération, d’une étude de l’Institut Montaigne, qui fait état d’un fonctionnement vertical du secteur, avec en haut, des journaux qui imposent l’agenda du débat public et en bas, des médias périphériques ou « alternatifs » aux idéologies aussi disparates que leur niveau de rigueur journalistique, et qui s’affirment en s’opposant aux premiers. Le résultat est une forme d’entre-soi au carré. Les grands médias se citent les uns les autres sans accorder plus d’intérêt aux petits, lesquels ne se construisent et n’existent que par la confrontation aux premiers. Mais, relève le journaliste, « en accordant si peu d’attention à ces satellites, donc aux revendications et thématiques politiques qu’ils tentent d’imposer, l’élite médiatique est susceptible de passer à côté de préoccupations pourtant bien réelles et d’alimenter au sein de la population un soupçon de déconnexion. »

    À terme, le risque, avertit l’étude, est celui d’un détournement du public de ces médias, jugés trop institutionnels, et de leur fossilisation

Un exemple récent l’illustre parfaitement. Les médias se sont intéressés tardivement et se sont trouvés débordés par le mouvement des gilets jaunes, ce qui n’a fait qu’accroître leur méfiance envers la presse. Ils se sont rabattus sur des médias comme RT France, le site russe financé par Moscou « qui a beaucoup progressé en audience depuis le début de la crise ».

Par Jacques Munier
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Actualités / Re : France Inter
« le 16 Juin à 18:07 »
Non, il ne s'agit pas de ça. C'était pas une chronique, mais une intervioue interactive dans la matinale.

Je crois que c'est ça:
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-invite-de-8h30/cryptomonnaie-lancee-par-facebook-c-est-l-utilisateur-qui-fera-le-succes-ou-l-insucces-de-libra_3469543.html
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Actualités / Re : France Inter
« le 16 Juin à 11:22 »
Hier matin, j'ai rigolé: France désInfo a causé du projet de "monnaie" de Fakebook. Il y avait donc le "spécialiste" des "nouvelles technologies" de la station et une "experte" financière. Alors, ils parlent de cette nouvelle "monnaie", puis en fait ils disent que ça sera des token (en français dans le texte. C'est plus smart que d'avoir des jetons, je suppose) Et là, le "spécialiste nouvelles technologies", il craque le slip en disant que ça facilitera les transferts d'argent entre pays, qu'actuellement c'est compliqué, qu'il faut se rendre dans des agences avec des codes où on risque de se faire braquer… Heu, mon loulou, c'est pas toi qui depuis 20 ans nous saoule à l'antenne avec tous les gadgets de la siliconé vallée? Hein, tu as jamais entendu parler, par exemple, d'un truc qui s'appelle Paypal?

Mais LOL quoi. Il suffit que Fakebook lance un truc pour qu'ils aillent cirer les pompes de Zukie en perdant toute mesure…
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Suite de l'histoire des cheminées sur les maisons neuves chauffées à l'électricité: Un arrêté vient préciser la chose. Il n'y a donc plus d'obligation de mettre un conduit de cheminé dans les maison individuelles neuves chauffées à l'électricité. En revanche, le constructeur devra prévoir les réservations jusque sur la toiture (passage au travers des dalles et de la toiture, ce dernier obturé de façon étanche) pour pouvoir l'installer sans devoir casser la maison.

Là, c'est plus de la simplification compliquée, c'est de la simplification inextricable. :wacko:
Pas de doute, nous avons les meilleurs hauts fonctionnaires du monde… Heureusement, ils ne s'occupe ni des centrales nucléaires, ni de la gestion des personnels dans la fonction publique… Heu… :peur: :peur: :peur: :peur: :peur: :peur:
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Les autorisations d'urbanisme (type permis de construire), si on regarde leur évolution sur 40 ans, on peut voir le chemin vers la dérégulation complète: Dans les années 1970, les dossiers étaient instruits par les services de l'État (DDE) et les autorisations signées par le Préfet de département. Après les premières lois de décentralisation, ce sont les maires qui ont signé alors que l'État continuait à instruire à part pour de très grosses collectivités ou celles qui le voulaient (quasiment aucune en fait car pourquoi payer pour un service que leur offrait l'État?) À la fin des années 2000 on a eu un démantèlement progressif des services instructeurs de l'État en parallèle avec une obligation pour les communes ou les EPCI d'instruire les dossiers toujours signés par le maire. Il y a quelques années, l'instruction par des sociétés privées avait été écarté, mais la palette d'autorisations délivrées tacitement s'était élargie, d'autant plus qu'une non-réponse du maire dans les 2 mois vaut désormais accord.

On en est maintenant à la possibilité pour les communes ou les intercommunalités de déléguer au privé l'instruction. La prochaine étape, ça sera probablement la dispense de permis de construire dès lors que le projet est réalisé par un architecte… Et comme on est en train de détruire les services chargés de la protection des sites et des paysages, tout s’emboîte parfaitement pour que le bétonnage des côtes et des massifs montagneux s'accélère nettement.
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Quelques petits effets collatéraux de la loi portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique dite ELAN, du 23 novembre 2018.

On avait beaucoup entendu parler de l'aspect "simplification des normes de construction" qui n'impose désormais plus que l'ensemble des logements neufs soient accessibles aux handicapés (tout à fait cohérent avec le vieillissement en cours de la population qui fait que de plus en plus de personnes sont moins agiles, et sans forcément aller jusqu'au fauteuil roulant, peuvent avoir besoin de cannes, voir d'un cadre pour se déplacer).

Mais en ces jours de hausse du prix de l'électricité, savez-vous qu'il n'y a désormais plus d'obligation de construire un conduit de cheminée dans les nouvelles maisons chauffées au 100% électrique? (merci la veille juridique du boulot d'avoir signalé ça) C'est totalement idiot puisque le coût d'une gaine de cheminée est absolument marginal sur une maison neuve… En revanche, quand les occupants reçoivent leur première facture de chauffage électrique, ils se disent que finalement un poêle ou un insert dans le salon ça serait sympa. Jusqu'à maintenant, il leur suffisait de se brancher sur le tube existant. Désormais, ça sera un tube en façade à rajouter dans le budget (avec toutes les autorisations administratives qui vont avec, pour autant que le PLU ne l'interdise pas, comme c'est le cas dans pas mal de communes) pour ceux qui n'auront pas demandé l'option à quelques centaines d'euro au promoteur qui va ainsi pouvoir améliorer sa marge.

Autre exemple de simplification en copropriété dans la même loi. Il y a quelques années, le gouvernement avait tenté d'imposer dans le cas d'une installation collective le comptage du chauffage par appartement, soit au moyen de compteurs, soit au moyen de répartiteurs. Les associations de copropriétaires s'étaient battues pour que les répartiteurs soient exclus et avaient gagné, car ces répartiteurs ne permettent pas une mesure juste (dans certains cas, les répartiteurs comptabilisent comme une consommation de chauffage la chaleur apportée par les rayons du soleil dans un logement). De plus, les relevés des répartiteurs donnent lieu à des pondérations tout à fait opaques de la part des prestataires qui les louent. Sachant que dans tous les cas, certaines installations ne permettent ni l'installation de compteurs ni de répartiteurs. Hé bien, le syndicat du crime de la mesure, lobby professionnel des loueurs de compteurs, a réussi à faire modifier la loi à son avantage: désormais, il faudra que la copropriété fasse, aux frais des copropriétaires, une étude technique démontrant l'impossibilité technique ou le non-sens économique pour pouvoir se dispenser de l'installation de compteurs ou de répartiteurs. Et pour être sûr que cette astuce ne soit pas repérée trop vite, la disposition n'a pas été inscrite dans la loi sur la copropriété, mais dans le code de l'énergie. Le but de la mesure de consommation sur les installations collectives n'est pas réellement de faire faire des économies, mais de pouvoir facturer fort cher la location de compteurs ou de répartiteur (un répartiteur, c'est 15 à 20€ par an de location, soit pour un T3 à 5 radiateur 75 à 100€ par an, puisqu'il en faut un par radiateur) Ces coûts de locations sont inamortissables par les quelques économies qu'ils généreront. En revanche, ils viennent pomper un peu plus les copropriétaires qui auront ainsi moins de moyens pour améliorer l'isolation de leur immeuble.

Bref, la simplification est bien partie. Et quand on voit le niveau crasse du législateur dans le domaine des normes de construction ou des copropriété, on se demande si les ministres, leur cabinet, voir leurs responsables d'administration centrale, ont déjà vu une maison, un appartement ou une copropriété… Par contre, ils semblent avoir largement vu un certain nombre de lobbys, et ça ne date pas du "nouveau monde", même si l'arrivée de Christophe Colomb… Jupiter à l’Élysée n'a rien arrangé. :sleeping:
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Un petit évènement passé inaperçu par ici : les 150 du premier chemin de fer transcontinental ont été fêtés avec faste aux USA.

Pour l'occasion l'Union Pacific avait mis les petits plats dans les grands en remettant en service l'une des plus grosse locomotive à vapeur jamais produite: la Big Boy 4014: 12 essieux dont 8 moteurs, 4680 kW de puissance, 40,47 m avec son tender (7 essieux en plus pour le porter), 541 tonnes en ordre de marche et une vitesse de pointe de 128 km/h. Ces machines mises en service entre 1941 et 1944 étaient particulièrement destinées a la traction des trains de marchandises lourds transcontinentaux dans la zone montagneuse entre Cheyenne et Laramie (Wyoming).

Vous pouvez voir des images de la bête en action sur le site Railpicture.net
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Mais non, mais non, la poste ils ne perdent que des choses importantes… :hypocrite:



 :jesors:
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Informatique & Multimédia / Re : Photographie
« le 9 Mai à 14:44 »
Il y a un an, lorsque j'ai changé d'ordinateur, je me suis trouvé face à la question de la gestion du classement des photos et de leur transfert de Mac à Debian (plus de 13000 images en stock à l'époque). Au début de ma pratique numérique, en 2004, j'étais parti sur le logiciel iPhoto fourni avec l'iMac. L'année dernière, lorsqu'il s'est agit de tout transférer sous Linux, j'ai compris mon erreur: Les légendes que j'avais ajoutés n'étaient pas pas récupérables (si j'étais resté sous Mac, la problématique aurait été proche car le logiciel Apple avait beaucoup changé et la récupération était de toutes façons incertaine).

Au départ, je suis parti sur l'idée de récupérer toutes les légendes dans des fichiers texte (ce que j'ai fait, à la main) pour ensuite créer une base de données. Finalement, un ami m'a conseillé d'utiliser un logiciel dédié à la gestion des images mais qui permette d'inscrire les informations comme la légende et l'auteur directement dans les fichiers numériques des images (techniquement ça ajoute des métadonnées dans les fichiers). Ce qui fait qu'en cas de changement futur de logiciel, ces données suivront les photos et seront lues par le logiciel.

J'utilise donc maintenant Digikam dans lequel je viens de finir de légender toutes mes photos. Son ergonomie est pas forcément très intuitive au départ donc j'ai tâtonné. En revanche, il fait bien le job d'organisation pour lequel je l'utilise. Et ce qui ne nuit pas, il est open source. Si ça peut aider quelques photographes…
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Un petit déterrage par rapport à un article que je trouve intéressant concernant internet et les illusions qu'il peut exister à son sujet dans une bonne partie de la population:
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Internet est-il de droite ?

Le livre de la sociologue Jen Schradie (@schradie), The revolution that wasn’t : How digital activism favors conservatives (La révolution qui n’était pas : ou comment l’activisme numérique favorise les réactionnaires, Harvard University Press, 2019, non traduit) sonne comme un nouveau revers pour tout ceux qui pensaient que le numérique allait changer le monde (voir notre série de 2014 sur ce que l’internet n’a pas réussi). « L’internet n’a pas été l’outil d’une démocratie participative », constate, cinglante, la chercheuse à l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po, dans une longue et patiente enquête de terrain réalisée en Caroline du Nord.

Ce qui a motivé ce travail consistait à savoir si l’activisme numérique était homogène selon la couleur politique des activistes. Si tous les points de vue avaient une représentation égale sur la toile. Si l’internet était autant de droite que de gauche, conservateur que progressiste (des questions que nous avions déjà esquissées par le passé, ici ou là, par exemple). Pour cela, Jen Schradie a voulu regarder plus loin que mesurer ce qui remonte à la seule surface des écrans, aller plus loin que l’activisme en ligne, celui qui s’agrège le plus souvent sous un hastag. Ce qui affleure d’internet n’est pas nécessairement représentatif d’une réalité sociale, tout comme Twitter n’est pas l’Amérique, à la fois parce que son public est différent de la population américaine et que les plus actifs sur cette plateforme la représentent encore moins.

Elle s’est intéressée à une cause disputée et est allée la suivre chez ses défenseurs comme chez ses opposants, sur les réseaux sociaux comme dans les manifestations et rassemblements de rues. Cette cause c’est la lutte collective pour la négociation de droits collectifs pour les employés du secteur public en Caroline du Nord, qui ne bénéficient pas des droits que leur reconnaissent d’autres États américains et traités internationaux. En Caroline du Nord, les travailleurs de la fonction publique (des enseignants aux pompiers) n’ont pas le droit d’avoir recours à des syndicats. Ces dispositions particulières sont l’objet depuis longtemps d’une contestation par les groupes progressistes qui souhaitent faire tomber cette loi et d’une vive défense de cette exception par des organisations conservatrices qui souhaitent maintenir cette interdiction. Pour la chercheuse, cette question sociale controversée était l’occasion de regarder à la fois ce qu’il se passait sur l’ensemble du spectre social et politique américain, de la rue aux écrans. Elle s’est intéressée à l’ensemble des acteurs en place, aux institutions comme aux collectifs informels, quels que soient leurs camps. Elle s’est aussi intéressée aux propos, aux discours, à l’idéologie tout comme aux structures sociales différentes qui façonnent et construisent ces débats. De l’analyse de contenus en ligne aux manifestations lancées par des organisations progressistes et contre-manifestations lancées par le Tea party, Schradie a arpenté la Caroline du Nord pendant 4 ans. Le constat que dresse la chercheuse au terme de ce voyage est plutôt sombre. Les différences politiques pèsent lourdement sur l’activisme en ligne, mais peut-être pas de la manière dont on croit.

Internet n’a pas résorbé la fracture sociale

Depuis ses origines, on a tendance à penser qu’internet diminue le coût à participer, qu’il « libère » l’activisme politique le rendant facile et accessible à tous. Ce n’est pas le constat que dresse la chercheuse. Au contraire, pour elle, l’activisme est profondément fracturé et le numérique semble plutôt élargir le fossé que le réduire. Dans son livre, Jen Schradie a suivi pendant plusieurs années une trentaine de groupes d’activistes de toutes tendances et montre que leur utilisation du web et de ses fonctionnalités sociales est corrélée aux classes sociales, aux organisations et idéologies qui les traversent. Non seulement les groupes des classes moyennes et supérieures ont plus tendance à utiliser et développer des activités en ligne, mais leur participation est également bien plus forte et régulière que celle des classes populaires. Les classes sociales les plus défavorisées sont défavorisées par leur manque de ressources bien sûr : ils n’ont pas accès aux outils (smartphones et ordinateurs) ainsi qu’aux compétences et savoir-faire afférents pour développer leur militantisme numérique. Plus encore, les militants noirs – dans une région bastion de la Black Belt du Sud des États-Unis – comme les militants de la classe ouvrière – dans une région où la répression à l’encontre des ouvriers a toujours été forte -, confessent avoir également peur de participer à des discussions en ligne du fait de la structuration même de la plupart de ces discussions, qui individualisent bien souvent la prise de parole. Enfin, non seulement les travailleurs dans cette région parmi la plus pauvre du pays sont divisés, mais les organisations elles-mêmes ont également longtemps été réprimées. Pour eux, le militantisme en ligne ressemble trop souvent à une action individualisée qui paraît moins les protéger que la communauté, les groupes religieux ou syndicaux dont ils font habituellement partie.

Le fait que les organisations militantes progressistes soient également moins présentes en ligne semble entretenir et faire perpétuer le fossé de l’activisme en ligne.

À l’inverse, dans les groupes des classes moyennes et supérieures, les outils sont plus accessibles, tout comme les compétences, les ressources et la confiance en soi. Les individus qui composent ces mouvements sont plus éduqués, ont un peu plus de compétences et de moyens, et donc accèdent plus facilement aux outils numériques… mais surtout, ils n’ont pas connu la peur de la répression. Les activistes patriotes blancs du Tea Party appartiennent également à des organisations qui sont plus facilement présentes en ligne et mieux organisées. La coordination finalement rencontre moins d’obstacles : ils ont accès à l’internet, disposent d’outils, ont les compétences et leurs organisations pyramidales facilitent la transmission et la diffusion des messages.

Les ressources et les risques de l’action collective en ligne ne sont donc pas également répartis d’un bout à l’autre du spectre politique !

Internet n’a pas aplati la fracture politique

La fracture de l’activisme numérique ne repose pas seulement sur les inégalités sociales, pointe Jen Shradie. Elle repose aussi sur des institutions et des idéologies très différentes et qui renforcent ces différences. Le fait que l’activisme numérique de droite soit par nature plus hiérarchique que l’activisme de gauche (qui favorise plutôt le pluralisme) joue également pleinement un rôle face à des outils qui favorisent la concentration et l’agrégation.

Pour Jen Schradie, les coûts de la mobilisation n’ont pas baissé avec internet, comme on le lit souvent. En ligne, les mises à jour de sites et les mises à jour sur les réseaux sociaux sont bien plus fréquentes selon le niveau social des acteurs, mais également selon la structuration même des collectifs auxquels ils appartiennent. En étudiant les sites web et les réseaux sociaux, Schradie calcule la participation en ligne sous la forme d’un score d’activisme numérique, qui se révèle bien différent selon qu’on se situe à gauche ou à droite du jeu politique. Elle souligne que les groupes les plus actifs en ligne sont aussi les plus structurés et les plus hiérarchiques.

Un constat bien loin des promesses d’horizontalité et de décentralisation pionnières du numérique. En fait, souligne Schrardie, l’utilisation des outils repose aussi sur une structuration des échanges qui demande une organisation, qui favorise la spécialisation et l’organisation ainsi que la division des tâches. Schrardie constate que les mouvements conservateurs sont bien plus présents en ligne. Et cette présence est également profondément liée à l’idéologie que ces groupes portent. Les messages qui prônent la liberté individuelle reposent beaucoup sur une forme d’évangélisation individuelle que les individus peuvent plus facilement partager et relayer. Le message est plus étroit et plus porteur. À gauche par contre, les messages sont plus divers et prônent également une diversité. À droite, les institutions sont plus hiérarchisées et unifiées, quand à gauche, elles ont tendance à être plus fracturées. Les conservateurs du Tea Party ont un message plus simple : la diversité des sujets qu’ils évoquent est d’ailleurs beaucoup moins étendue qu’à gauche. Les outils sont mieux intégrés aux pratiques personnelles comme politiques de droite que de gauche, favorisant la distribution même des messages. Les classes moyennes et favorisées sont finalement plus organisées. Ils ont plus de moyens, synchronisent mieux leurs actions, relaient mieux leurs messages, sont mieux organisés… Les idéologies, les contextes, les inégalités, la structure des institutions et organisations sont différents d’un bord à l’autre de l’échiquier politique. Pour la sociologue, la fracture de l’activisme en ligne recoupe la fracture sociale, les différences idéologiques, d’organisation et de modèles d’organisation… Les conservateurs s’y imposent, non seulement par leurs revenus et capacités, par leur organisation hiérarchique, ainsi que par leur message… et le fait que celui-ci soit plus simple, d’une certaine manière plus partageable. Le fait qu’il repose surtout sur la liberté individuelle le rend plus facilement appropriable. Pour Schradie, le potentiel démocratique d’internet n’a jamais été atteint parce qu’il amplifie davantage les voix dominantes et marginalise davantage ceux qui ont le moins de pouvoir. Les idéaux pluralistes ne sont pas tant réduit au silence par la fragmentation des groupuscules organisés que par la structure même des inégalités. Les groupes hiérarchiques et conservateurs dominent les espaces en ligne.

Cette différence est pleinement liée aux ressources organisationnelles, mais pas seulement. L’internet favorise un individualisme en réseau qui correspond beaucoup moins aux formes organisationnelles et idéologiques de gauche que de droite. Les groupes qui dominent le militantisme numérique sont des groupes organisés et hiérarchiques, capables d’avoir l’expertise et l’organisation pour relayer et maintenir leurs messages. Les groupes organisés, avec un processus de prise de décision hiérarchisé, une division claire des tâches et disposants de ressources en personnels dédiés, sont plus efficaces en ligne que les groupes horizontaux, sans organisation structurée. Les activistes numériques en Caroline du Nord ressemblent plutôt à un membre âgé du Tea Party qu’à un jeune activiste étudiant ! Et les organisations organisées, dotées de personnels et d’organisations, sont plus à même d’être influentes que les autres. L’idéologie également est au coeur des différences. Les organisations de droites qui axent leur discours sur la liberté individuelle mobilisent mieux que les militants de gauche qui peinent à organiser un message cohérent d’un ensemble de voix qui cherche à refléter une plus grande diversité.

Sur l’idéologie, cette fracture n’est pas seulement une opposition entre conservateurs et progressifs. Les groupes de droite utilisent internet pour une mission simple : rappeler que la liberté individuelle est menacée. Les mouvements conservateurs sont unifiés dans une croyance commune, alors que les groupes progressifs, eux, sont fragmentés et sont plus préoccupés à encourager la participation de masse que l’information de masse. À gauche, beaucoup de mouvements de contestation ne pensent pas que l’engagement en ligne est une priorité, parce qu’ils pensent qu’il n’est pas un substitut à l’organisation politique. Ils ne voient l’internet que comme un outil parmi d’autres et ne l’utilisent qu’avec parcimonie. À l’inverse, les groupes de droites voient l’internet comme un moyen d’assurer et de développer leur action de lobbying et l’utilisent plus intensivement.

Pour Jen Schradie, ces trois facteurs (inégalités, institutions et idéologies) ne fonctionnent pas isolément. Ils s’amplifient les uns les autres, au profit des conservateurs et au détriment des progressistes.

La technologie a échoué à effacer les barrières structurelles à l’organisation et à l’idéologie politique

La technologie a échoué à effacer les barrières structurelles à l’organisation politique. Elle a même peut-être rendu les choses pires en créant une fracture de l’activisme numérique : « plutôt que de permettre de réparer la démocratie, l’activisme numérique a reproduit, voire intensifié, le déséquilibre de puissance préexistant ».

À lire Jen Schradie, on pourrait vouloir aller plus loin qu’elle ne va. On pourrait vouloir céder au déterminisme technologique et dire que les outils que nous utilisons sont politiquement orientés. Nos outils favorisent certaines formes d’idéologies sur d’autres, certaines formes d’organisation sur d’autres. Derrière les différences sociales de pratiques activistes en ligne de la droite et de la gauche américaine – qui sont indissociables, bien sûr, des classes sociales mobilisées, de l’idéologie, des modes d’organisations et bien sûr des contenus… – le constat que dresse la sociologue interroge. Il questionne les outils que nous utilisons… et montrent que leurs biais ne reposent peut-être pas seulement sur le miroir qu’ils nous tendent, mais peut-être plus profondément sur la structure même qu’ils organisent. À la lire, on pourrait se demander, assez légitimement, si le fait que les conservateurs réussissent mieux à utiliser ces outils n’est pas aussi lié à l’idéologie qui façonne ces outils. Le fait qu’ils favorisent la propagation de messages simples, leurs logiques agrégatives plutôt que disséminatrices, interrogent fondamentalement les biais cachés dans les fonctionnalités mêmes de nos outils. Quand l’anthropologue Stefana Broadbent expliquait que la captation attentionnelle était liée aux modalités mêmes d’organisation que permettent les outils (qui nous aident plus à diffuser, à interagir, qu’à nous organiser ou nous coordonner), ne pointait-elle pas un constat similaire ? Schradie refuse pourtant de céder au déterminisme de nos outils. « Le déterminisme technique est un cadre imprécis pour expliquer ce qu’il se passe. Des facteurs sociaux plus larges – institutions, inégalités et idéologies – travaillent de manière synchrone et façonnent la manière dont les groupes sociaux peuvent utiliser ces outils », nous confiait-elle. Jen Schradie est prudente. Pour elle, son travail sur la Caroline du Nord nécessite d’être complété d’autres travaux pour dépasser sa spécificité.

Interroger le rapport de la gauche à la technologie

Reste que le constat de la chercheuse pose une question de fond qui ne peut qu’interroger profondément le rapport de la gauche à la technologie. Depuis les promesses des pionniers des réseaux, la gauche a tendance à croire que les méthodes traditionnelles d’organisation ne sont plus valables ou pertinentes. Or, en démontrant que les structures organisationnelles traditionnelles renforcent l’activisme en ligne, en soulignant que cet activisme nécessite des formes organisées classiques, pyramidales plus qu’horizontales, elle rappelle que l’organisation est toujours importante. « Les groupes qui ont une philosophie (ou une organisation) plus horizontale peinent à exploiter les technologies numériques à haut niveau, comparé aux groupes les plus centralisés ». Le numérique n’a pas beaucoup modifié ou agit sur l’organisation. Si le numérique a renouvelé les théories des organisations, force est de constater que les plus centralisées et les plus organisées dominent encore largement ce paysage. C’est un coup dur pour ceux qui prônent d’autres modalités d’organisation, comme c’est plus souvent le cas à gauche du paysage politique. L’idéologie importe ! Les structures sociales sont toujours là ! La technologie ne nous a pas aidés à les dépasser ! La réalité est que les outils de communication ne donnent que plus de voix à ceux qui ont le plus de ressources. L’internet permet plus de consolider le pouvoir que de le redistribuer. Pour Jen Schradie, la nature de l’internet et de l’activisme en ligne favorise les conservateurs, et ce n’est qu’en comprenant mieux cela que ceux qui ne sont pas conservateurs auront une meilleure chance de comprendre et dominer à leur tour ces outils.

Les activistes nationalistes et les groupes survivalistes ont rejoint internet parce qu’il était un moyen d’affirmer la liberté individuelle anti-establishment qu’ils défendaient. Les conservateurs, eux, s’en sont servi pour se regrouper et faire circuler d’une manière organisée leurs mèmes et informations par la puissance de leurs structures hiérarchiques. À l’inverse, à gauche, on va en ligne pour publier des points de vue plus personnels. Et la participation individualisée et agrégative d’internet ne leur permet pas d’atteindre les modalités collectives d’action auxquels ils aspirent. Comme dans les médias traditionnels, les messages de gauche ne sont pas amplifiés de la même manière que ceux de droite. La droite utilise les médias comme porte-voix d’un message clair, simple et relativement unifié. Pas la gauche ! En s’intéressant à la fracture de la production d’information numérique, Schradie a constaté que la production de vidéo ou d’articles n’était pas uniformément répartie dans la population (cf. « Jen Schradie : « internet contribue souvent à renforcer les inégalités existantes »). Mais cette fracture ne s’arrête pas à la production. Elle se diffuse dans la structure même de l’organisation du réseau. « L’internet n’élimine ni les classes sociales ni les relations de pouvoir ». Au final, fort de ce constat, il demeure un hiatus irréconciliable : convaincre les organisations horizontales qu’elles doivent devenir plus verticales pour mieux porter leur message est difficile… et pas seulement pour une question d’organisation. Cela contredit justement ce que ces organisations horizontales cherchent à faire.

Ce constat est inquiétant, car il souligne que la fracture est profondément idéologique. Il nous renvoie à celui que dresse le dernier numéro de la revue Vacarme, sur les fractures ouvertes de la gauche, ces divisions irréconciliables qui l’empêche de peser plus fort sur la société. Ce constat interroge en profondeur nos espoirs sur la forme d’une autre société, quand la puissance de frappe demeure d’un seul côté du spectre politique. Il nous interroge en profondeur sur la portée des outils que nous utilisons. Sur nos modes mêmes d’organisation et de contre-organisation.

Crépuscule

Reste qu’à lire le livre de Jen Schradie, les belles promesses du Net nous restent à nouveau coincées dans la gorge. La technologie demeure, quoiqu’on en dise, l’outil des dominants. Pour Schradie, la recherche sur l’activisme numérique s’est trop concentrée sur certains mouvements politiques visibles et réussis et a oublié de regarder ce qui n’a pas marché, ce qu’il se passe au quotidien. Son constat demeure puissant. « La démocratie numérique est un pur fantasme lorsque des différences et inégalités structurelles persistent, non seulement en ligne, mais plus encore hors ligne, et elles peuvent être exacerbées par la domination technologique des élites conservatrices ».

L’utopie numérique des pionniers a été laminée par la surveillance intrinsèque aux outils. Voilà qu’elle est enterrée par la force même du social. L’internet n’a ni tout changé ni tout démocratisé. Au contraire, il a accéléré et renforcé les rapports de classe et la polarisation idéologique de nos sociétés.

Et la sociologue de nous prévenir. L’utopie de l’horizontalité des réseaux ne reviendra pas en nous débarrassant de Trump ou de Facebook. La technologie n’est pas magique. Elle demeure prise dans l’étau de structures sociales plus larges. Dans sa conclusion, Schrardie explique que la technologie n’a pas disrupté, aplati ou révolutionné les hiérarchies. « Internet est un outil qui favorise les gens qui ont le plus d’argent et le plus de pouvoir ». L’activiste en ligne ressemble plus à un membre du Tea-party ou un employé d’un think tank conservateur qu’à un étudiant de gauche ou qu’à un ouvrier. Pire, souligne-t-elle, ce qu’elle a vu en Caroline du Nord, c’est que l’imbrication des facteurs idéologiques, sociaux et organisationnels renforce et accélère les avantages que les conservateurs détiennent déjà. En Caroline du Nord, sans bots, sans fake news, sans interventions Russes… les messages conservateurs se sont bien plus diffusés que les messages progressistes. Sa conclusion est très sombre : « L’âge de l’utopie numérique semble être à son crépuscule. Dans la longue nuit qui s’annonce, les activistes de tout bord vont essayer de se saisir du potentiel d’internet pour leur cause. Si la fracture de l’activisme numérique continue de s’élargir, l’aube va nous amener à un âge ou seulement quelques citoyens pourront se faire entendre. Cela n’éteindra pas seulement le rêve que la technologie puisse être une force de progrès, cela éteindra aussi la possibilité d’une société purement démocratique ».

Hubert Guillaud
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Saint Seiya / Re : Saint Seiya - Omega
« le 28 Avril à 16:09 »
Au point où tu en es rendu, tu pourras aussi regarder Santia Sho…

(cliquez pour montrer/cacher)
Ou pas. :peur:

Dire qu'à la fin des années 1990 on pouvait regretter que la licence ne soit plus exploitée. Maintenant, je dirais plutôt que si ça continue, il faut vraiment que ça cesse car c'est pathétique.