Re: Le sujet sur les Voyages
Reply #107 –
Toujours pas checke le lien que m'a conseille Tinou, mais j'ai reussi a trier mes photos de Seoul...
Donc... Et...! mais ne partez pas
... !
Donc, pour ceux qui restent, vous l'avez compris, la suite est sur Seoul 
Lost in Translation... In Seoul! Partie 1
L’entrée en Corée se fait par le passage obligé que chaque pays impose aux voyageurs : l’immigration. Une fois de plus, je n’ai pas eu de chance : l’inspecteur sur lequel je suis tombée n’était ni aimable, ni rapide... Une deuxième place bien méritée sur le podium des Services d’Immigration les plus désagréables, derrière le Vietnam
.
Le premier visage à me sourire est celui de la guide coréenne, qui essaie de prononcer mon nom, que je sais de toute façon imprononçable pour les glottes non françaises. Je suis la dernière ; mea-culpa, ce n’est pas de ma faute.
Aussitôt la petite dernière que je suis récupérée, notre guide nous fait monter dans le bus. S’en suis une longue demi-heure entre l’Aéroport d’Icheon et le centre de Séoul, durant laquelle elle entame un monologue pour nous expliquer ô combien son pays est beau, et ses monuments, valent le coup d’être visités. Un discours surtout dirigé vers les touristes japonais, plus attirés par les shopping-mall et les duty-free, ou les salons de massages, que par les vieilles pierres coréennes.
Je regarde par la fenêtre, mais j’ai quelques doutes ; les environs de Séoul sont tristounets, alternants immenses champs et rizières, et infrastructures industrielles. Pour un peu, on se croirait dans la banlieue de Hanoi, enveloppée de sa grisaille communiste...
Qu'est-ce que je fais la? 
1. Un peu d’histoire …
L’histoire de Séoul commence en 1394, a la fondation de la dynastie des rois Joseon (une lignée qui régna jusqu’en 1919), par le fondateur, le Général Yi Seong-gye. Renommé Roi Tajeo, il fit bâtir des temples confucianistes, des écoles, des administrations, et en moins de 10 ans, la nouvelle capitale de son Empire abritait 100,000 personnes, retranchées derrière les murs d’une citadelle de 18 km de long, et de huit énormes portes. Une fortification qui n’empecha pas Séoul de connaître de nombreuses fois la guerre et les pillages.
En 1592, Toyotomi Hideyoshi attaqua la Corée, fort d’une armée de 200,000 hommes. Durant cette première période d’occupation japonaise, de nombreux palais de Séoul furent détruits, et des trésors nationaux, rapatriés au Japon. En 1636, ce fut autour de l’armée Mandchoue de venir s’attaquer au royaume péninsulaire. Acculée, la royauté coréenne se rendit, et Séoul fut de nouveau mise à sac par ce puissant voisin. Les troubles ne cessèrent que lorsque le royaume accepta la suzeraineté de la Chine.
Au milieu du 19ème siècle, le régent Heungseon Daewongun entama une énergique politique de restauration du pouvoir coréen, consistant en particulier en la restauration du Palais Gyeongbok-gung. Il ferma également les écoles et les temples confucianistes, et entreprit de jeter les étrangers et les Coréens convertis au catholicisme hors des frontières du royaume (il en fit décapiter au passage 200,000). Il renforça également le clivage entre les différentes catégories de la population, avec à son sommet, l’aristocratie, et comme base mal aimée, les serfs et les ecarisseurs. Sa politique s’acheva en 1873, par la banqueroute de l’Etat et une totale coupure entre l’aristocratie et le reste du peuple coréen. Japonais et occidentaux profitèrent de cette crise pour forcer le passage des ports coréens, alors que la Chine et la Russie guettaient la moindre occasion de venir goûter au gâteau. En 1896, suite à l’assassinat de son épouse par des espions japonais, le roi Gojong se réfugia dans le bâtiment de la représentation russe, avouant ainsi son impuissance. Le signal de l’attaque pour le Japon, qui, se débarrassant successivement de ses rivaux russes et chinois, annexa définitivement la Corée en 1910, et abolit la monarchie en 1919.
En parallèle a une répression féroce des courants indépendantistes, le Japon envoya 200,000 de ces citoyens pour gérer les terres et les entreprises confisquées aux coréens. Durant la Deuxième Guerre Mondiale, des milliers de coréennes furent obligées de se prostituer (d’où leur nom d’ « épouses de réconfort ») et des millions de coréens furent incorporés dans l’armée impériale japonaise, ou envoyer comme ouvriers dans les usines chinoises, japonaises ou coréennes. La langue coréenne fut également bannie, au profit du japonais.
La fin assez brutale de l’expansion japonaise en 1945 conduisit le clan allié à une répartition de la péninsule coréenne sur le modèle européen. Les forces russes s’établirent au Nord du 38ème parallèle, alors que les britanniques et les américains occupaient la partie Sud. Des élections furent immédiatement organisées dans le Sud, tandis qu’au Nord, les Russes nommèrent un officier communiste, Kim Il Song, à la tête du partie unique.
Séoul fut envahi quatre fois par les forces communistes, entre 1950 et 1951. Un armistice fut signé en 1953, mais aucun traîté de Paix ne l’a été depuis ; les deux Corées sont dans les faits toujours en guerre. Une situation qui a toujours ses répercussions de nos jours, puisque 37,000 soldats américains sont toujours en stationnement en Corée du Sud et que chaque Coréen doit effectuer 27 mois de service militaire obligatoire (En Corée du Nord, le service militaire dure dix ans, et toute la population, y compris femmes et enfants, savent manier une arme à feu).
2. Premier jour : découverte nocturne
Gang Nam et COEX
L’hôtel où ma chambre a été réservée est un tout nouvel hôtel d’affaire, situé à 15 minutes à pied de la station de Gang Nam. Mes collègues japonaises se plaignent de l’éloignement par rapport à la gare – normale, les Japonais n’aiment pas marcher – mais moi, cela ne me déplait pas le moindre du monde ! GangNam est en effet l’un des spots pour sortir le soir, grâce à ses nombreux restaurants. Le boulevard entre l’hôtel et la station est bordé de Yatai (restaurants ambulants) et est parcouru par une foule dense, gouailleuse et bruyante, et qui ignore royalement le froid encore mordant de cette fin de mars. Et il faut bien le dire – même vulgairement : les Coréens aiment « gueuler ».
Première descente dans le métro, et premier moment de doute. Tout n’est pas écrit en anglais – loin de là !- et comble de malheur, il faut des pièces pour acheter un ticket. Après quelques minutes de flottement, j’avise la guérite des vendeurs de billets. Petit tour de bras pour faire comprendre à mon interlocuteur que je veux aller à Samseong ; Apparemment, je suis aussi douée à prononcer le coréen que les Coréens à dire mon nom. C’est de bonne guerre...
Puis je plonge dans l’univers moite du métro en heure de pointe. Sitôt les portes fermées, commence un morceau de K-Pop (on va appeler la Korea Pop comme cela), sous l’indifférence totale des usagers, absorbés par leur lecture, leur mini PSP ou leurs bavardages entre amis. L’atmosphère est en tout cas différente du métro de Tokyo ; ici tout est bruyant, et les jeux vidéo portables ont remplacé les keitai. Je n’ai d’ailleurs pas vu grand monde dormir…
COEX Center
Dix minutes plus tard, me voilà arrivée à la station Samseong. Regard amusé aux murs de la gare, recouvert de petits carrelages de couleur, et aux composteurs automatiques, dotés de tourniquets. Il règne ici un petit air de RER, la sécurité en plus.
COEX Center est l’un des plus grands shopping mall de Séoul. Est en cela, il ressemble aux nombreux complexes commerciaux que j’ai vus au Japon, à Singapour, ou à Hong-Kong, sauf que tous les panneaux sont en Hangul. J’ai été plus étonnée par le voisinage du COEX ; des bâtiments modernes assez hauts se dressent le long des deux avenues dont le COEX fait l’angle. Pour un peu, on se croirait sur la Cinquième Avenue à New-York, légèrement écrasée par les silhouettes de béton, de verre et d’acier. Une preuve irréfutable que Séoul est bien une métropole qui vie de plein pied dans la modernité.
A suivre... (Imaginez que vous marchez dix heures d'affiler, perdu, dans une ville ou tout est ecrit dans une langue que vous ne connaissez pas
)
Les photos:
1. Autour de la station de Gangnam...
2. Toujours Gangnam: la rue des resto...
3. Dans le metro...
4. Un resto du food court du COEX... C'est pas ecrit comme je peux lire! Comment je fais? 
5. Mini 5eme avenue