Potes 'n' Profs - Toi aussi, monte au clash avec le corps professoral!

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Mise a jour du blog le 27/12/06

MCL80

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On vit quand-même dans une société très étrange. Il y a 40 ou 50 ans, quasiment tous les parents considéraient comme essentiel que leurs enfants aillent à l'école pour apprendre ne serait-ce que les bases: lire, écrire et compter. Même pour les métiers les plus manuels, ces bases étaient indispensables et elles le sont encore plus aujourd'hui où énormément de choses passent par l'écrit.

Or on a l'impression qu'une partie de la population ne considère plus que leurs enfants auront besoin de ça pour s'en sortir. Et comme il s'agit quasi-exclusivement de familles pauvres, cela vient contribuer à la reproduction sociale.

Après, en 3e est-ce que l'école ne serait pas déjà en concurrence avec des petits boulots?
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Re : Potes 'n' Profs - Toi aussi, monte au clash avec le corps professoral!
« Réponse #77,  »Modifié
Citation de iDam le 12 Janvier à 11:18
Au bout d'un moment, si l'école les gonfle, faut les placer ailleurs.

(regarde dans ta zone si il y a pas des journées portes ouvertes dans les écoles BTP)

D's©
Pour cette population d'élèves, il manque les réseaux professionnels et l'autonomie de mobilités.
Beaucoup vivent dans des familles où presque aucun membre ne travaille. Que ce soit la famille nucléaire ou, si elle est présente, élargie.  Je ne parle même pas du nombre d'enfants issus de famille factuellement monoparentale ou dans des foyers sans liens direct de sang. Les réseaux sont apportés uniquement par l'école, le collège... qui fait au mieux mais n'est pas fondamentalement fait pour (scolarité 16 ans toussa). Or c'est compliqué de passer par la case apprentissage sans ces réseaux quand on est ado.
Le manque d'autonomie et de réalisme est aussi flagrant. Tu as des gamins qui ont un niveau de 6e en Fcs, maths ou histoire... pas forcément brillant ailleurs (meme eps, lieu commun à déconstruire, non les gamins ees banlieues ne sont pas spécialement meilleurs)... et ils se croient de taille à faire du lycée général... Sans comprendre  notre discours, notamment face à leur manque de travail personnel. Tu as des gamins qui ne veulent pas quitter le quartier, ou au pire une zone comprenant la moitié nord de Limoges et des parents qui n'acceptent pas de laisser les gamins en internat dans des lycées arts et métiers ou agricoles en dehors de la ville. Un exemple parmi les grands absentéistes de ma classe de 3e, une gamine totalement aux fraises depuis la 6e, l'équipe pédagogique de 4e lui a bétonné un dossier de 3e prepa métiers (sorte d'antichambre vers le lycée pro) dans un lycée pro limougeaud réputé. Elle a été prise. Mais elle a refusé l'affectation parce qu'elle ne voulait pas acheter des vêtements de travail et rester avec ses copines absentéistes (cherchez l'erreur).

C'est complètement surrealiste.
Citation
Après, en 3e est-ce que l'école ne serait pas déjà en concurrence avec des petits boulots?
Chez les gitans et assimilés, c'est un peu ça sans limite d'âge.
Pour les autres, non, juste de la déscolarisation avec ou sans l'assentiment des parents. Les gamins ne font litteralement rien.
Re : Potes 'n' Profs - Toi aussi, monte au clash avec le corps professoral!
« Réponse #78,  »Modifié
Citation de Alaiya le 11 Janvier à 18:31
Comment fais-tu pour ne pas être découragé ? Pour ne pas avoir envie de baisser les bras ?
Je le suis un peu. Dans ce genre d'établissement, tu ne fais ta discipline que devant ton PC avec les préparations de cours. En classe, tu ne fais rien de tout cela. Je participe régulièrement à des cours de Français ou de maths (co-intervention) et c'est souvent déconcertant, mais l'histoire-géographie a de plus décourageant que c'est une discipline qui ne pardonne absolument pas l'absence de connaissance. Soit tu les as déjà et tu n'as plus qu'à l'affiner et à assimiler la partie "compétences", soit tu n'as pas de connaissance et là, ça devient compliqué car il faut non seulement acquérir les grandes repères (spatiaux, temporels) mais en plus les phénomènes étudiés précisément. Avec des programmes très thématiques et des notions pointues dès le primaire (je vous avais évoqué la leçon sur les éco-quartiers en CM1), l'inculture ou le maintien de cette inculture ne pardonne pas.
Si je dois comparer avec ce que l'on faisait, élèves, dans les années 80-90, c'est beaucoup plus moins répétitif mais beaucoup plus complexe...

J'ai l'impression d'être nul, en plus, car je perds le fil, je n'ai pas spécialement envie de retravailler mes cours car y passer 30h pour faire une séquence et voir comment elle est torpillée par l'incapacité des gamins à appréhender une notion que ta fille de 6 ans a comprise en 5 minutes...  Ca ne donne pas envie de fignoler. Les innovations pédagogiques, c'est mignon mais dans les faits, ça te prend un temps de dingue et ça n'apporte pas grand chose. Juste prétendre que l'on cherche des solutions.
Pourtant mon inspecteur me mange dans la main (ou presque) et, sauf énorme surprise, je ferai parti des 30% promus plus vite que les autres. C'est pas Byzance mais un an de gagné, c'est toujours ça de pris. Donc techniquement, je devrais ressentir plus de satisfaction mais non, j'ai vraiment l'impression d'avoir été beaucoup plus utile.

Alors vient la question de la mutation... C'est tentant mais :
- j'ai un confort rare étant seul à enseigner dans ma salle. En collège et surtout en lycée, il faut partager voire se balader d'une salle à l'autre.
- je suis beaucoup mieux payé puisque j'ai la prime REP+ (385€ brut quand même)
- si je tiens 4 ans de plus, j'aurais coché une case essentielle pour passer hors classe et être prioritaire pour passer classe exceptionnelle (3e grade enseignant).
- comme je le sous entendais plus haut, j'ai un totem d'immunité de la part de toute l'institution académique du fait d'enseigner dans l'établissement réputé le plus difficile du limousin (et, clairement, pas loin d'être de la Nouvelle-Aquitaine).
- Pour aller où ? Collège ? Lycée ? Dans le second cas, considérant l'aberrante réforme du lycée et du Bac, je n'ai absolument pas envie d'y mettre un pied. Dans le premier, je vais commencer à y faire le tour à force...

Avec la réforme des retraites, les différentes réformes et lois aberrantes de Macron, je pense, et je suis loin d'être le seul, à envisager autre chose. Soit en restant dans le monde de l'éducation, j'ai les compétences pour tenter le concours de personnel de direction... Mais je ne suis pas sûr que les injonctions paradoxales des autorités académiques me plaisent, ou alors en postulant pour des missions à l'étranger via l'AEFE ou la mission laïque... Soit en cherchant un détachement administratif en mettant en valeur mon master de manager territorial... Soit en tentant des concours internes type IRA... Soit en me retirant dans les Monédières ^^
" En France, les peines d'argent durent plus longtemps que les peines
de coeur et se transmettent de génération en génération. "

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Citation de MCL80 le 12 Janvier à 18:18
Il y a 40 ou 50 ans, quasiment tous les parents considéraient comme essentiel que leurs enfants aillent à l'école pour apprendre ne serait-ce que les bases: lire, écrire et compter.
Non, c'est faux. Ça n'a jamais été le cas.
Citation de MCL80 le 12 Janvier à 18:18
on a l'impression qu'une partie de la population ne considère plus que leurs enfants auront besoin de ça pour s'en sortir. Et comme il s'agit quasi-exclusivement de familles pauvres, cela vient contribuer à la reproduction sociale.
Ça, pour le coup, c'est quelque chose qui existe depuis un sacré paquet de temps.


"Il y a 40 ou 50 ans", c'était comme avant. Les enfants d'agris étaient réquisitionnés par leurs parents pour bosser quand il y avait besoin. C'est d'ailleurs ce qui a conduit à la création des MFR.
C'est toujours le cas, il arrive fréquemment que les élèves sèchent pour aider à la ferme.
La reproduction sociale fonctionne toujours à pleine balle sur les critères scolaires. Si les parents ont un rapport à l'école difficile, alors l'enfant risque fort de reproduire cela. Si les conditions de vie sociales tendent à rendre l'école comme une "ennemie", les chose ne vont pas s'arranger. L'influence du groupe des pairs est massive et contribue à ces difficultés.
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Citation
Un exemple parmi les grands absentéistes de ma classe de 3e, une gamine totalement aux fraises depuis la 6e, l'équipe pédagogique de 4e lui a bétonné un dossier de 3e prepa métiers (sorte d'antichambre vers le lycée pro) dans un lycée pro limougeaud réputé. Elle a été prise. Mais elle a refusé l'affectation parce qu'elle ne voulait pas acheter des vêtements de travail et rester avec ses copines absentéistes (cherchez l'erreur).
Hum... Attendre d'une gamine de 13 ou 14 ans, surtout vu le contexte dans lequel elle évolue, qu'elle comprenne où est son intérêt c'est surestimer la nature humaine ou faire preuve d'un optimisme mal placé. Et plus généralement, à cet âge-là, quasi aucun gamin n'est capable de se projeter de la sorte vis à vis de son avenir. Non, je trouve regrettable qu'il n'y ait pas (plus ?) un caractère obligatoire en terme d'orientation en mode "c'est comme ça et pas autrement". D'ailleurs, il me semble que la suppression de l'obligation est également valable pour le redoublement (alors que dans certains cas, c'est réellement bénéfique pour certains élèves). Continuer à trainer des boulets (que ce soit de leur faute ou pas ne change pas les faits) dans des établissements d'enseignement général alors qu'ils n'ont rien à y faire est une hérésie. En parlant des familles qui ne voient pas l'intérêt de l'école et/ou qui ont besoin que de l'argent rentre, n'ont-elles pas intérêt, justement, à mettre les gamins dans des filières pro ? Celles-ci sont dévalorisées à tort, alors qu'on a tellement besoin de métiers manuels et que si on y rajoute une spécialisation, ce sont des jobs rémunérateurs.

Après, c'est vrai que c'est triste de savoir que parce qu'un gamin est issu d'un milieu défavorisé, il y a de fortes chances qu'il y reste. Il y a des exceptions, et heureusement, mais ça reste ce que c'est : des exceptions (j'en ai quand même beaucoup vu, y compris dans les études supérieures : d'une certaine manière, j'ai le sentiment qu'on se situe plus dans un contexte de "mentalités"). Qu'en est-il des autres pays européens ? Est-ce que c'est symptomatique de la France où est-ce que chez nos voisins, c'est la même chose ?
Citation
Les innovations pédagogiques, c'est mignon mais dans les faits, ça te prend un temps de dingue et ça n'apporte pas grand chose.
Vu de l'extérieur, ces "innovations" ont l'air d'être des usines à gaz créées de toutes pièces par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds dans une salle de classe. Et de ce que tu dis, ça a l'air encore plus compliqué :sweatdrop: J'ai le sentiment que l'enseignement s'est considérablement complexifié que c'était plus clair, plus basique lorsque nous étions nous-mêmes des élèves. Je ne sais pas... Deuxième guerre mondiale : comment ça a commencé, qui, quoi, quand et pourquoi. Et après, des textes, des cartes et des photos, des questions et go les enfants, expliquez ce que vous comprenez là-dedans grâce aux données d'entrée qu'on vous a filées au cours précédent. Apprendre et comprendre ce qu'on apprend. Il y a toujours eu des gamins qui apprennent par coeur et comprennent que dalle, d'autres qui apprennent que dalle mais qui comprennent très bien et ceux qui font les deux (et qui sont les meilleurs de la classe). Les deux dernières catégories s'en sortiront toujours, et la première eh bien ma foi... A réorienter. On parle de séquences, de croisement des matières, tout ça... des voeux pieux, mais en pratique, je me demande si les gosses ne sont pas plus perdus qu'autre chose là-dedans.

tinou

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Sur le front du lycée français de Tokyo, les choses stagnent :

https://lepetitjournal.com/tokyo/parents-lycee-francais-tokyo-tribune
Citation
Appel à l’aide des parents de Tokyo
Par Groupe Parents du LFIT | Publié le 05/07/2020 à 14:24 | Mis à jour le 05/07/2020 à 14:46



Peu de gens le savent en France, mais l’éducation au Lycée Français International de Tokyo est d'environ 1000 euros par mois par enfant. Cela représente 150 000 euros pour une scolarité complète de la petite section à la terminale. Un investissement considérable que nous étions prêts à payer tant que nos enfants recevaient une éducation française de qualité.

Mais depuis le début de la crise du coronavirus, la qualité de cette éducation s’est considérablement dégradée. Si certaines classes ont eu droit à un vrai suivi et des cours par vidéoconférence plusieurs fois par semaine, d’autres classes n’ont eu aucun « zoom », et ce malgré les plaintes répétées des parents. Le Lycée Français vante son excellence, mais dans cette crise il n’a pas su mettre en place des outils pédagogiques modernes et adaptés à l’éducation à distance. Ce n’est pas le Lycée qui a assumé la « continuité pédagogique », ce sont les parents qui ont dû porter la casquette du professeur. Tout en continuant à travailler.

Conscients du caractère inédit de la crise, nous avons été patients. Trop patients. Le 1er juin, nous avons vu les écoles japonaises rouvrir, avec des plans progressifs tenant compte de l’évolution de la crise, mais toujours une véritable volonté de rattrapage scolaire : réduction des vacances d’été, cours supplémentaires en semaine ou prévus pour la rentrée… Le 14 juin, nous avons entendu Emmanuel Macron annoncer la reprise normale des cours sur tout le territoire français, un pays qui compte 30 fois plus de décès qu’au Japon. Pourtant au LFI de Tokyo les lycéens ont dû continuer à étudier à la maison jusqu’aux vacances, les collégiens n’ont eu que 4 jours de cours depuis la « reprise », en maternelle 1,5 jour par semaine, en primaire 2,25 jours par semaine.
 
Pendant ces quatre mois beaucoup d’enfants ont décroché, tous ont souffert de lacunes pédagogiques, il faut les rattraper - ou au moins tenter de le faire. Ce n’est pas le choix du Lycée Français et nous ne comprenons pas pourquoi. Aucune forme d'enseignement n'a été proposée pendant les vacances d'été. Le lycée refuse catégoriquement des cours supplémentaires à la rentrée, même pas « une heure le mercredi » comme nous le demandions. Argument avancé : cela fatiguerait les enfants.

Nous ne minimisons pas l’ampleur de cette crise. Nous savons bien que la rentrée pourrait être à nouveau compliquée. Mais c’est précisément pour cela qu’il nous faut un vrai plan pour septembre. Aucun scénario ne nous a été communiqué. Tout ce que nous avons reçu c’est une lettre nous souhaitant de bonnes vacances et rendez-vous après le 20 aout. Au royaume du programme, ce manque d’anticipation est très mal vécu.
 
Le mécontentement grandissant parmi les parents d’élèves a amené à la création d’un collectif visant à regrouper les efforts individuels : « Parents du LFIT ». 300 membres ont rejoint ce groupe Facebook. Tous partagent un sentiment d’injustice.

Après des mois de bataille avec la direction, tout ce que nous avons obtenu c’est un gel de l'augmentation de 1,8% des frais de scolarité pour la rentrée 2020. L’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger a aussi décidé une réduction de 30% des frais de scolarité en maternelle. Pourquoi seules les maternelles ? Si cette réduction prouve que le lycée reconnaît ses manquements, tous les parents sont concernés.  Et c’est toutes les familles qu’il faut aider.

Ce n’est pas un reproche aux professeurs qui pour la majorité d’entre eux ont été vaillants, souvent créatifs, c’est une constatation : c’est nous qui avons assumé cette éducation. Si l’école était gratuite, nous pourrions comprendre. Mais ici elle est très chère. Nous ne travaillons pas pour de grosses entreprises qui payent les frais d’écoles, nous ne sommes pas de riches expatriés. Nous n’avons aucun soutien financier.
 

 

On nous rétorque que c’est une crise mondiale et que tous les lycées français du monde ont été touchés, mais le notre dispose d’une réserve de plus 12 millions d’euros. Pourquoi cet argent n’est-il pas utilisé pour nous aider, mais aussi investir dans des dispositifs numériques, des formations pour les professeurs, des cours supplémentaires ? Non, le lycée s’entête à vouloir acheter un nouveau bâtiment, en contradiction avec les propos du directeur de l’AEFE qui annonce ce 30 juin que tous les projets de développement sont « revus à la baisse ».

On nous rétorque enfin que l’école n’est pas un service. Ce n’est pas un service, c’est un droit, un devoir, une obligation. Et nous l’avons défendu. Si l’école n’est pas un service, elle a un coût. Et ce n’est pas aux parents de porter, seuls, le coût de l’effondrement de la qualité de l’enseignement.

Nous devons payer 1000 euros par mois parce que c’est un lycée privé.
Nous ne pouvons pas employer le mot de « service » parce que le lycée fait partie d’un réseau public.
Nous n’aurons pas de cours de rattrapage parce que c’est ainsi en France.
Lorsque les écoles reprennent en France, on nous dit qu’on est au Japon.
Nous sommes perdus.

Nos appels sont restés sourds. Le Lycée, l’AEFE, l’Ambassade ont balayé toutes nos demandes. Nous avons besoin de l’aide des instances françaises. Nous demandons un vrai geste financier de solidarité : une réduction substantielle des frais de scolarité pour le troisième trimestre, pour tous les parents. Sans cela, certains d’entre nous n’auront d’autre choix que de retirer leur enfant du Lycée Français. Partageons le coût de la crise, afin d’assurer un avenir et une éducation française à tous nos enfants.
C'est vrai, le LFIT a été très léger dans sa gestion des professeurs, on nous  a dit maintes fois que la direction n'intervient pas dans ce que font les profs, qu'ils sont libres, etc. à l'image de ce qui est fait  en France.
Bon ok... Alors nous avons eu beaucoup de chances. Mais la classe juste à côté par exemple, n'a pas du tout eu cette chance : la prof n'a organisée aucun zoom, aucun suivi, rien entre fin février et début juin (date de reprise des cours le 3 juin à raison de, 1.5 jours par semaine - teeeeeeellement pratique, et évidemment vacances le 29 juin au soir hein, parce que bon...). Dans un autre cas, la prof en question s'est enfuie à Taiwan, et ne reviendra pas au Japon à la rentrée... D'ailleurs le lycée peine à recruter et a ouvert ses postes à tout type de profil, y compris donc ceux dont ce n'est pas le métier.

On a pu faire des benchmarks avec les autres écoles internationales, et il n'y a pas photo : deux séances de zoom (matin et après-midi) par jour même en petite section, etc.

Enfin bref, le notre rentre en CP, et nous l'avons mis dans une autre école internationale pendant les 2 mois de fermeture du lycée... 400 000 JPY pour 6 semaines. Pour assurer une mission qu'aurait du naturellement assurer le lycée (et que nous avons payé fort cher par ailleurs) : toutes les écoles ici ont raccourcies ou annulé leurs vacances estivales. Toutes. Sauf une.



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Flavien

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Pour moi, c'est symptomatique de la politique du "tout dans la vitrine, rien dans la boutique" de l'EN en général, mais aussi de l'enseignement français à l'étranger, que ce soit les établissements gérés par l'AEFE que par la mission laïque.
J'ai reregardé y'a une semaine les postes disponibles en "expatrié", il en existe de moins en moins chez les enseignants. Ils se concentrent aux postes de direction et quelques missions d'enseignement spécifiques. Le reste concerne des postes de "résidents" qui, dans un pays comme le Japon, est beaucoup moins attractif, motivant et surtout concernent de moins en moins de Français. Bien qu'au Japon, je me dis que cela peut attirer les enseignants de la génération goldorak. Enfin, j'ai quelques doutes sur la qualité de certains enseignants recrutés en "résidents" que ce soient des certifiés ou autres. Quand tu te rends compte que tu te fais pigeonner et que tu survis à peine, ta conscience professionnelle s'estompe vite.
Quand je lis le prix de la scolarité, je tombe des nues... Enfin, je ne devrais pas. Après tout le Ministère des affaires étrangères fait comme l'EN, à la demande de Bercy. En tous cas, il faut le décorréler de la qualité de l'enseignement, car il ne sert certainement pas à payer les enseignants ou financer les locaux. Financer quoi, je ne sais pas, par contre.


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Ce qui me frappe, c'est que pas mal de lycées français à l'étranger sont dans des situation relativement semblables par rapport au confinement, avec des protestations des parents. Si les parents veulent peser, ils ont intérêt à pas rester sur la situation du/des lycées du pays où ils se trouvent, mais tenter de monter un réseau de protestation. Le Canard écrivait sur le Maroc il y a quelques semaines.

Après, les coûts facturés sont aussi élevés car l'état ne veut finalement rien supporter au niveau des frais. Donc les inscriptions doivent tout payer: les salaires, les locaux et leur entretien. Et la réalité c'est que ce sont des sommes très importantes. Je suis quasiment certain qu'un lycée, hors salaires, rien que les frais immobiliers en incluant tous les gros travaux, on tutoie le million d'euros annuel assez facilement, si ce n'est plus en fonction de la surface.

Une école où les parents payent tout directement est hors de prix, c'est une réalité.
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