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Pussy Riot
« le 18 Août 2012 à 22:36 »
Citation
Les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot ont été condamnées chacune à deux ans de camp, vendredi 17 août, par un tribunal de Moscou, pour "vandalisme" et "incitation à la haine religieuse", à l'issue d'un procès qui a acquis une résonance internationale.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans – qui comparaissaient depuis la fin juillet et étaient en détention provisoire depuis six mois –, avaient chanté en février une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.
Pour la juge Marina Syrova, elles ont "violé l'ordre public" et "offensé les sentiments des croyants", motivées "par la haine religieuse" et sans exprimer de repentir. Les six mois qu'elles ont passés en détention provisoire seront déduits de leur peine, qu'elle serviront dans un camp de régime moyen, et non sévère.

"TROÏKAS DE L'ÉPOQUE DE STALINE"

"C'est une honte ! C'est une injustice !" ont crié plusieurs personnes dans la salle du tribunal à l'annonce du jugement. Nadejda Tolokonnikova a souri en entendant sa condamnation. La lecture du jugement a duré près de trois heures, la juge reprenant en grande partie les arguments avancés le 7 août par la procureure, qui avait alors requis trois ans de camp contre les accusées. Elle a mis l'accent sur le caractère "sacrilège" de la "prière", citant largement les déclarations d'employés et membres de la sécurité de la cathédrale qui ont porté plainte pour les "souffrances morales" occasionnées.

es avocats des Pussy Riot avaient demandé leur acquittement. L'un d'eux a comparé ce procès à celui des "troïkas de l'époque de Staline", en allusion aux groupes de trois personnes qui, du temps de la terreur stalinienne, condamnaient à des années de camp ou même à mort, de manière arbitraire et expéditive. Tout au long du procès, leurs avocats ont estimé qu'elles n'avaient pas eu droit à une justice équitable et que le verdict serait "dicté par le Kremlin".

"Je n'ai pas peur de l'imposture d'un verdict dans ce prétendu tribunal au prétexte qu'il peut me priver de ma liberté. Personne ne pourra me prendre ma liberté intérieure", avait lancé Maria Aliokhina pendant ses mois de détention. Dès sa condamnation, le journal britannique The Guardian mettait en ligne le dernier single du groupe, intitulé "Putin Lights Up The Fire".

affaire des Pussy Riot a profondément divisé la société en Russie, de nombreux prêtres et fidèles dénonçant la profanation de la cathédrale et une attaque en règle contre l'Eglise. Mais d'autres, y compris au sein de l'Eglise, ont jugé les poursuites à leur encontre et leur maintien en détention disproportionnés.

Des manifestants ultra-nationalistes et orthodoxes faisaient entendre leur voix vendredi devant le tribunal. "Je veux que les Pussy et ceux qui les soutiennent brûlent en enfer", a déclaré l'un d'entre eux. Une centaine de personnes scandaient de leur côté "Liberté aux Pussy Riot !", "Liberté aux prisonniers politiques !" Après l'annonce du verdict, le Haut conseil de l'Eglise orthodoxe a demandé "aux autorités de l'Etat de faire preuve de clémence envers les condamnées dans l'espoir qu'elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège".

Les trois femmes ont déjà reçu de nombreuses marques de soutien international, notamment de la part de députés allemands, de la chanteuse américaine Madonna, de l'artiste d'avant-garde Yoko Ono, veuve de John Lennon, ou encore de l'ex-Beatles Paul McCartney. Une journée mondiale de soutien aux Pussy Riot a d'ailleurs lieu vendredi, avec des actions dans de nombreuses capitales, dont Paris, Londres, Varsovie ou encore New York.

La "prière punk" qui a déclenché ce procès n'était pas le premier coup des Pussy Riot. Le 20 janvier, huit d'entre elles avaient entonné sur la place Rouge une chanson intitulée Poutine a fait dans son froc, en référence aux récentes manifestations de l'opposition – alors que selon un sondage, cité vendredi par le quotidien Vedomosti, la cote de popularité du chef de l'Etat est au plus bas depuis son arrivée à la tête de la Russie en 2000, avec seulement 48 % de personnes satisfaites contre 25 % d'insatisfaites.

Je ne savais pas trop ou ouvrir ce topic. Donc je l'ai mis en Musique.

Que dire devant tant de bêtises. La liberté d'expressions mise à mal... Nous connaissons la Russie, mais en arriver là c'est un retour en arrière de plus de 60 ans. Je ne connaissais pas le groupe mais cette situation me scandalise. Elle me fait écho à ce qu'il c'était passé il y a quelques mois en Indonésie ou des punks avaient été arrêté pour être ensuite envoyer dans des camps de rééducations.
Ici on se retrouve en pleine période de "stalinisme". Les russes n'ont pas le droit de parler contre le gouvernement. C'est grave. Surtout pour un pays qui siège à l'ONU et qui a un pouvoir extrêmement fort dans la politique mondiale.

Sur cette situation je suis heureux de voir qu'une solidarité c'est manifesté mais en même temps j'ai été choqué par des propos de certains qui disaient qu'elles avaient que ce qu'elles méritaient. C'est choquant et outragant c'est comme si nous en France nous avons envoyé en déportations les Wampas car ils avaient chanté contre chirac ou les chanteurs engagés de tous milieux.


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Re: Pussy Riot
« Réponse #1, le 18 Août 2012 à 22:57 »
J'ai suivi cette histoire moi aussi. Je suis surpris qu'on ait laisse entrer les Pussy Riot pour commencer, avec materiel et tout le tralala, surtout qu'elles ont un certain passif (parce qu'en France, les sujets "delicats", on les laisse pas s'approcher de ce genre de batiments, et j'en sais quelque chose pratiquement de premiere main).

Ensuite, le cote sacrilege de leur action est evident, mais que malgre les protestations de l'Eglise, on leur inflige une peine aussi lourde, c'est completement aberrant.
Evidemment, la liberte totale d'expression serait bien meilleure, mais etant donne la profanation auxquelles elles se sont livrees, je suppute qu'elles auraient subi au moins une amende si ce n'est pas plus en France (Rhadasse, ou un specialiste, un avis a ce sujet ?).

Enfin, je ne suis helas guere surpris. Et je ne partage qu'a moitie ton effroi pour l'ONU : la Chine est encore tres loin dans le regime dictatorial bon teint, et ca n'a pas l'air de faire les choux gras de la presse plus que ca.
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Re: Pussy Riot
« Réponse #2, le 19 Août 2012 à 01:16 »
Le fait qu'elles soient provocatrices fait partie de leurs charmes.

Combien d'artistes ont subit les échos de la justice pour ces provocations. On se rappelle tous du Nique la Police de NTM. Donc là elles l'ont cherché.

Mais de là à les envoyer dans un camps de travail pendant deux ans coupé de tout car elles ont joué dans une église orthodoxe pour dire à Poutine de partir c'est trop. C'est même aberrant et c'est une atteinte au droit d'expression.

Je garde en mémoire le concert de sauvage de RATM devant la bourse de New York contre le capitalisme il n'y a rien eut. Nous avons tous le droit de paroles en respectant autrui. Mais là pour un pays comme la Russie qui veut jouer de son poids dans les relations internationale c'est une honte et une vision d'un visage trop connu au yeux du monde et de l'histoire.


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Re: Pussy Riot
« Réponse #3, le 19 Août 2012 à 01:37 »
La provoc', aucun souci, tant est qu'elles sont pretes a en assumer les consequences codifiees (pourvu qu'elles soient "raisonnables" en cas de diffamation ou autre). Et c'est la que je me pose une question : est-ce que le sacrilege, ou les messages politiques, sont vraiment passibles de 3 ans de prison dans la loi russe, ou bien a-t-on decide de faire un exemple ?

Bref, je suis d'accord pour dire que c'est aberrant. Maintenant, je n'ai jamais eu l'idee que la Russie etait une democratie-modele non plus, donc la surprise est moderee.
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Alaiya

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Re: Pussy Riot
« Réponse #4, le 19 Août 2012 à 10:06 »
Je pense que le principal problème ici est la disproportion flagrante entre l'acte et la punition. Deux ans de goulag, c'est trop cher payé pour avoir fait mumuse dans une église pendant 3 mn.

Ok, il y  avait sacrilège, voire plus prosaïquement violation d'une propriété privée (celle de l'église orthodoxe) et bien entendu, punies, elles devaient l'être, mais une amende, ou des travaux d'intérêt général (comme on l'entend en France, hein!  :sweatdrop:) auraient largement suffi. Essentiellement pour le principe et le rappel des règles, parce qu'au final, le résultat est au rendez-vous: preuve est faite de l'absence de liberté d'expression. Du coup, en les condamnant au goulag, la Russie n'a fait qu'entériner une situation dont elle ne sort pas grandie. Poutine and Co auraient été plus coulants, ils auraient tué la polémique dans l'oeuf, et tout le monde aurait oublié cette histoire, et du coup, on n'aurait pas autant parlé de liberté d'expression en Russie.

Sans déc', sont vraiment cons ces dictateurs  :mdr:

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Re: Pussy Riot
« Réponse #5, le 19 Août 2012 à 10:34 »
Une dictature avec la liberté d'expression n'est plus une dictature.

En fait, ce qui fait réagir le pouvoir dans ce cas, c'est la mise en cause de l'ordre établi: L'église et l'état. Or l'état russe s'appuie sur l'obscurantisme de l'église (en partie aux mains des anciens du KGB) pour affermir son pouvoir. S'attaquer au pouvoir dans la plus grande église de Russie (construite grâce à l'aide de l'état dans les année 1990) ne peut donc qu'entraîner une réaction violente de la dictature surtout dans le contexte actuel.

Il faut donc faire un exemple d'autant que les révolutions au Maghreb ont donné des idées à certains Russes, surtout après les dernières élections qui ont été passablement agitées. Le pouvoir est donc aux aguets de tous les comportements "déviants", et veille à ce qu'ils ne se développent pas. Car le meilleur moyen pour lui de se maintenir est de tuer la révolte dans l'œuf.

Le problème, c'est qu'en tapant trop fort, le pouvoir peut atteindre un but opposé à celui visé.
Attention à la marche en descendant du tram^^
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Hiei-

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Re: Pussy Riot
« Réponse #7, le 22 Août 2012 à 21:09 »Modifié le 27 Septembre 2012 à 11:30 par Hiei-
Je suis partagé sur ce cas, et même si je trouve la sentence démesurée, je ne suis pas trop d'accord avec l'argument que j'ai pu lire à plusieurs endroits "elles ont déjà été en détention plusieurs mois, ça suffit pour leur faire comprendre").

J'ai cherché un peu sur le net, et certaines d'entre elles, pour dénoncer un truc sur "Medvedev" ont été jusqu'à avoir des relations sexuelles en groupe et en public, dans un musée.

Ce n'est donc pas la première fois qu'elles font des trucs un peu too much (faites ça en France et je pense que vous vous faites arrêter sur le champ).

On ne peut pas tout dire sous couvert de liberté d'expression et de manifestations considérées comme artistique (surtout des insultes, sinon ça veut dire que tout le monde a le droit de descendre dans la rue et d'insulter n'importe qui de n'importe quoi).

Ca ne retire pas que la sanction est très démesurée, c'est certain, mais bon, ce n'est pas la première fois non plus, donc si elles ne peuvent pas comprendre qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi, quelle est la bonne solution ? (je ne l'ai pas, personnellement, mais même si la solution actuelle est mauvaise, je doute que ne pas condamner soit une bonne chose, ça leur donnera le signal qu'elles peuvent faire ce qu'elles veulent dans l'impunité la plus totale).

Edit : "Certains membres du groupe sont liés aux activistes du groupe Voina dont Nadejda Tolokonnikova qui, alors qu'elle était enceinte de 8 mois, s'est déshabillée et a participé à une séance filmée de relations sexuelles réelles (non simulées) en groupe et en public à l'intérieur d'un musée, dans le cadre d'une action anti-Medvedev" : http://plucer.livejournal.com/55710.html (attention, lien "NSFW").

Kian

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