Potes 'n' Roll !

La Fontaine => Voyages & découvertes => Discussion démarrée par: iDam le 18 Janvier 2006 à 03:42

Titre: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: iDam le 18 Janvier 2006 à 03:42
Une envie soudaine vient de me prendre les tripes, en pleine nuit, sans crier gare (sauf peut-être avec des discussions généalogiques :P). Vous raconter une histoire. Pas d'une sur un chevalier errant de province en province avant d'atteindre la Jérusalem céleste ou bien d'un marquis qui perd sa fortune dans les jeux de hasard de Marie-Antoinette.

L'histoire du Musée du Louvre.
(http://img58.imageshack.us/img58/8215/louvre10yj.jpg)

Nous allons la découper par grandes périodes pour que la clarté prédomine dans ce récit qui couvre près d'un millénaire.

MOYEN-AGE

PHILIPPE-AUGUSTE

(http://img58.imageshack.us/img58/4751/louvre71oi.jpg)

Tout commence au XIIème siècle. Phillipe-Auguste décide de partir guerroyer en terre sainte. Avant de quitter la capitale royale, il érige entre 1190 et 1202 une enceinte défensive pour se prémunir d'une éventuelle attaque de ses ennemis, les Plantagenêts. D'une hauteur de neuf mètres, l'enceinte formait un trapèze de 2,8 kms avec des tourelles et quatre portes fortifiées. A l'intérieur de cette limite se trouve une tour massive pour se protéger et formant une possibilité de fuite vers le sud par la Seine. Des fouilles établies lors des Grands Travaux entre 1984 et 1985 ont permis de mettre à jour au niveau de la Cour Carré les fondations de cette architecture. Elle mesurait sans doute 31 mètres de haut et servait d'entrepôt d'armes, de vivres, d'archives, de trésor monétaire et de prison. Sa destruction remonte à 1528 lorsque François 1er décide re réaménager le lieu.
(http://img58.imageshack.us/img58/7602/planlouvre4px.th.gif)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=planlouvre4px.gif)
(http://img58.imageshack.us/img58/3682/planparis1rb.th.gif)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=planparis1rb.gif)

On compte une dizaine de tours réparties aux alentours de l'île de la Cité. Elles servaient d'arsenal, de forteresses ou de prisons. Une première mention historique est faite par Henri Sauval en 1670 dans son "Histoire des Antiquités". Des cartes sur les vestiges restant de l'enceinte sont disponibles à cette adresse (rive droite) : http://www.philippe-auguste.com/mur/plans_photos/plan_actuel-rive-droite.html

La photo suivante présente la Rue du Louvre, face à la bourse de commerce, où ont été mis à jour au pied d'un pan de mur circulaire les fondements d'une tour de la muraille.En l'absence d'informations officielles, il nous est difficile d'identifier l'usage du tronçon circulaire intérieurement tangeant à la tour que l'on voit sur la photo ci-contre. Les travaux de déblaiement datent d'octobre 2003.
(http://img58.imageshack.us/img58/7660/louvretrou4cj.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=louvretrou4cj.jpg)

Au Second Empire, des fouilles on dégagé en partie le circuit médiéval (cf. carte rive droite et gauche).

SAINT LOUIS

La seule chose qui nous reste de son règne est la salle éponyme, construite entre 1230 et 1240. Elle se situe dans l'aile Ouest sous la salle des Cariatides. Formée de deux nefs à trois travées, elle servait de salle de garde sans réelle certitude. Unique témoignage médiéval encore intact, son plafond présente des voûtes d'arpetes tandis que les chapiteaux sont à décor de fruits et de fleurs. Tout ceci est remis à jour sous le Second Empire.
(http://img58.imageshack.us/img58/1893/image14049v2m56577569830537450.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=image14049v2m56577569830537450.jpg)

CHARLES V, l'"architecteur" - 1364-1380

Il demeure celui qui donna véritablement forme au primo-louvre. Second monarque de la dynastie des Valois (jean le Bon était son père), il projete une vision moins défensive pour faire du Louvre sa résidence et l'expression des qualités artistiques de son règne. Le pouvoir est alors centralisé sur Paris.

En 1360, Raymond du Temple, "sergent d'armes et maçon du Roy", devient le premier maître d'oeuvre connu concernant le Louvre ! Les travaux de réaménagement durent dix ans. En 1364, un prolongement au rempart de Philippe-Auguste est effectué.
La connaissance d'une seconde enceinte ne remonte qu'en 1991 lorsqu'elle est mise à jour lors des travaux de la Grande Pyramide et montre qu'elle englobait le donjon sans visée défensive : elle était consituée de résidences décorées de tourelles et de terrasses.
Un album photo est disponible ici : http://www.galerie.roi-president.com/album-35-louvre+medieval+photos+des+soubassements+de+l+ancienne+forteresse+du+louvre.html

En 1365, Raymond du Temple construit au Nord du donjon un château contenant les appartements royaux au premier et second étages de l'aile Nord (côté rue de Rivoli) et désservis par un grand escalier à vis hélicoïdal, nommé la "Grande Vis".

Voici Le Louvre au XVe siècle dans les miniatures des Très Riches heures du duc de Berry : (http://img58.imageshack.us/img58/1873/hennequinundhermanvonbrderpoll.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=hennequinundhermanvonbrderpoll.jpg)

Le Louvre efface peu à peu son caractère défensif et une ouverture du château se fait au sud et à l'est de la ville. Les toits étaient en ardoise à double pente et percés de lucarnes. Au revers des créneaux se trouvait un promenoir dominé par de hautes et multiples cheminées. Un Historien, Louis Hautecoeur, parlait de "joyeux et pittoresques hérissements". La Tour de la Fauconnerie servait de chambre à la reine.

La résidence était somptueuse avec des cheminées de cinq mètres de large, des murs lambrissés peints en rouge et piqués de rosettes en étain ou tendus de draps d'or, de cuir, de velours ou de tapisseries.
L'entrée Est présentait les effigies sculptées de Charles V et Jeanne de Bourbon accueillant les visiteurs. Elles sont aujourd'hui conservées dans une salle du musée :
(http://img67.imageshack.us/img67/1775/me000003347234ck.th.jpg)(http://img67.imageshack.us/my.php?image=me000003347234ck.jpg)

D'autres oeuvres de l'époque montre le Louvre de Charles V :

- Pieta de Saint-Germain des Prés (1410-Louvre) : la palais est vu du côté de la rive gauche avec la Tour du Coin
(http://img67.imageshack.us/img67/3117/me000005884832by.th.jpg)(http://img67.imageshack.us/my.php?image=me000005884832by.jpg)

- Grand retable du Parlement de Paris (1475) où l'on voit les façades Sud et est accolées à des hôtels particuliers.
(http://img67.imageshack.us/img67/8615/parlement17xr.th.jpg)(http://img67.imageshack.us/my.php?image=parlement17xr.jpg)

Cette période est marquée par un essor artistique exceptionnel. Légitimer son pouvoir et pérenisser son règne sont devenus des mots d'ordre pour les commandes royales aux artisants parisiens. c'est le cas des statues vues plus haut mais aussi d'un sceptre dit de Charles V qui fut comme offert comme regalia à Saint Denis en 1380 :
(http://img67.imageshack.us/img67/6917/me000002171337is.th.jpg)(http://img67.imageshack.us/my.php?image=me000002171337is.jpg) (superbe, non ?)

Il y a aussi le Parement dit de Narbonne conçu par Jean Pucelle, enlumineur de Charles V. On voit justement sur les côtés le roi et la reine dans une position de prière :
(http://img67.imageshack.us/img67/7752/me000002843638dh.th.jpg)(http://img67.imageshack.us/my.php?image=me000002843638dh.jpg)

Charles V se constitue donc une collection de curiosités, en amateur d'ouvrages et d'enluminures qu'il était. En 1367, il transfère ses livres au Palais de la Cité au Louvre et importe une bibliothèque sur trois étages de 917 volumes à la Tour de la fauconnerie (actule Pavillon de l'Horloge au niveau de la Cour Carré). Son cabinet comptait en outre près de 3106 objets d'art ! Un inventaire de ses biens est effectué entre 1380 et 1411 et porte les signes avant-coureur de la vocation muséale du Louvre...

XVème SIECLE

Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans (1337-1453) marqué par la mort de Charles V, remplacé au pied levé par Charles VI qui reste au Louvre. On ne sait pas grand-chose de cette période hormi le fait que Manuel Paléologue, empereur byzantin d'Orient, est reçu au palais en 1400. En 1420 est signé le traité de Troyes qui livre le royaume à l'anglais et marque la déchéance de la merveilleuse demeure gothique. En 1435, elle devient une prison.
Un an plus tard, Charles VII délivre Paris mais la cour décide peu après de fuir la capitale et une méfiance croissante de la royauté à l'égard de cette cité s'installe...

***

FRANCOIS 1ER : 1515-1547

François Ier en déité [vers 1545]. Département des Estampes et de la Photographie. Parchemin collé sur un panneau de chêne :
(http://img59.imageshack.us/img59/1076/bnf0623jp.th.jpg)(http://img59.imageshack.us/my.php?image=bnf0623jp.jpg)

En 1526, le roi sort de six mois de détention au Château de Madrid (jadis à Neuilly-sur-Seine) par Charles Quint. Il décide alors de concilier la fidélité des parisiens et leur concours financier pour traverser d'importantes crises.

(http://img70.imageshack.us/img70/3578/madrid5vy.th.jpg)(http://img70.imageshack.us/my.php?image=madrid5vy.jpg)

Puis une lettre est adressé aux Echevins de Paris le 15 mars 1528 dans laquelle est marqué le choix de réinvestir le Louvre comme résidence royale. Des réparations et une remise au goût du jour est donc à prévoir. En outre, le roi ambulant du val de Loire souhaite faire du palais "un lieu commode".
La même année, il fallu quatre mois pour détruire le donjon féodal pour l'équipe de Jean-aux-Boeufs, couvreur ordinaire du Roy. Cette grosse tour, encombrante et inesthétique, évoquait de mauvais souvenirs pour l'ancien prisonnier de Madrid. Une telle masse oppressive d'une époque révolue devait disparaître du paysage...

Afin de donner une unité et une cohésion à l'administration du royaume, une décision politique fait de la capitale le centre du pouvoir. Mais le roi, éternel lunatique, se détourne du Louvre et ne perd pas de temps à jeter son dévolû sur un long projet : celui d'installer sa résidence à Chambord. Quel blagueur ce François ! Les ouvriers devaient être contents d'apprendre une telle nouvelle... Mais le chantier du Louvre n'avorte pas pour autant.

En 1530 est construit un quai de 40 mètres de long et partant de la Tour du Coin jusqu'à l'actuel pont du Carroussel et les Tuileries. Parlons un peu des Tuileries. En 1519, fut édifiée une maison sur le lieu-dit les Tuileries (une fabrique de tuiles établie au XIIIème siècle) pour la mère de françois, Louise de Savoie.

En 1531, a lieu le second mariage de François avec Eléonore d'Autriche, fille de ... Charles-Quint ! Quel taquin ce François !

Le 20 janvier 1540, Charles Quint effectue une viisite à Paris. Mais où loger ce monarque puissant ? On décide alors de la placer dans le Louvre de Charles V, qui est en piteux état. Pour masquer la misère des lieux, ce farceur de François décide d'embellir les murs avec des décors éphémères en trompe l'oeil pour l'occasion : vitres peintes, moulures, frises, faux piliers, bref tout ce qui pourrait camoufler les structures gothiques. Un parcours est même préparé pour décorer le parcours de Charles-Quint avec des tentures également en trompe-l'oeil...

Le 2 août 1546, on décide pour de bon d'édifier le château au Louvre. L'architecte Lescot en est le mâitre-d'oeuvre. Mais un an plus tard, le roi meurt, laissant un projet en suspend concernant un corps d'hostel sur l'aile ouest de l'actuelle Cour Carré.

FONTAINEBLEAU : 1530's-1540's

Vous allez me dire : "mais quel rapport avec le Louvre ?" ... Eh bien tout simplement parce que ce lieu abrita le noyau des collections du Louvre, plus particulièrement concernant les peintures.
François 1er fit du château de cette région boisée sa "Nouvelle Rome" et installa des galeries de collections d'oeuvres d'art. Il s'inscrit ainsi dans la tradition du souverain mécène à l'italienne (Médicis) ou à l'autrichienne (Habsbourg).

Le lieu le plus notoire de ce lieu est la Galerie François 1er située au premier étage : (http://img65.imageshack.us/img65/6440/6stucco22uu.th.jpg)(http://img65.imageshack.us/my.php?image=6stucco22uu.jpg)

Celle-ci fut décorée par des artistes italiens spécialement venus pour ce travail en France. Rosso, Le Primatice et Fiorentino ont réalisé un ensemble de dédicaces à la gloire du roià travers un cycle mythologique.

Au-dessus se trouve la bibliothèque et le cabinet de curiosités. Le pape Léon X offra ainsi des toiles de Raphaël (qu'il lui avait commandé en 1518) à François. Sacré veinard que ce François ! Voici les tableaux en question :
- Saint Michel terrassant le dragon : (http://img65.imageshack.us/img65/7997/stmichelraphael5tc.th.jpg)(http://img65.imageshack.us/my.php?image=stmichelraphael5tc.jpg)
- Sainte Marguerite : (http://img65.imageshack.us/img65/189/me000005765130wd.th.jpg)(http://img65.imageshack.us/my.php?image=me000005765130wd.jpg)
- La sainte Famille avec Elisabeth, le petit jean-Baptiste et deux anges : (http://img65.imageshack.us/img65/748/me000005765232xt.th.jpg)(http://img65.imageshack.us/my.php?image=me000005765232xt.jpg)
- Portrait de Dona Isabel de Requesens, vice-reine de Naples (1500-1577) : (http://img65.imageshack.us/img65/444/naples2fs.th.jpg)(http://img65.imageshack.us/my.php?image=naples2fs.jpg)
- La Vierge à l'Enfant avec Jean-Baptiste, dite "La Belle Jardinière" : (http://img70.imageshack.us/img70/3307/bellejardinire5yt.th.jpg)(http://img70.imageshack.us/my.php?image=bellejardinire5yt.jpg)

D'autres toiles s'ajouteront à ce festin chromatique :

- La Charité d'Andrea del Sarto (1518) : (http://img70.imageshack.us/img70/8338/charit7km.th.jpg)(http://img70.imageshack.us/my.php?image=charit7km.jpg)
- La Vierge aux anges du même artiste (1516) : (http://img70.imageshack.us/img70/2558/anges4kn.th.jpg)(http://img70.imageshack.us/my.php?image=anges4kn.jpg)

Puis arrivent les "trésors" : Léonard de Vinci fait un séjour à Fontainebleau de 1516 à 1519. Louis XII, monarque ayant précédé François, possédait des toiles de cet artiste.
- La Vierges aux rochers : (http://img61.imageshack.us/img61/6220/rocher3wn.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=rocher3wn.jpg)
- La Dame de Milan ou la "Belle Ferronière" (je plussoie :P) : (http://img61.imageshack.us/img61/4520/ferronire0qm.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=ferronire0qm.jpg)
- La Joconde : bon là, pas besoin d'image je pense :P
François acquiert à son retour d'un voyage en Italie le "Bacchus" : (http://img61.imageshack.us/img61/2509/bacchus6is.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=bacchus6is.jpg)

Puis, gourmand qu'il est, François réclame des oeuvres de Michel-Ange. En 1546, il reçoit un don des Strozzi de deux sculptures qui arriveront en France en 1550. Les deux esclaves (copies au Château d'Ecouen) ont servi de modèles préparatoires pour le tombeau de Jules II à Rome.
- Esclave rebelle : (http://img61.imageshack.us/img61/1425/esclaverebelle2vq.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=esclaverebelle2vq.jpg)
- Esclave mourrant : (http://img61.imageshack.us/img61/2654/esclavemourrant4iw.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=esclavemourrant4iw.jpg)

(ne salivez pas trop sur votre clavier mesdames :P)

Il reçoit également des copies et des moulages d'oeuvres originales :

- Nymphe de Fontainebleau de Benvenuto Cellini : (http://img3.imageshack.us/img3/8726/nymphe2og.th.jpg)(http://img3.imageshack.us/my.php?image=nymphe2og.jpg)

Ou bien des reprises du thème du nu à l'antique :

- Vénus Génitrix, Ier siècle, copie d'original du IIème siècle avant notre ère : (http://img3.imageshack.us/img3/7702/gnitrix1yr.th.jpg)(http://img3.imageshack.us/my.php?image=gnitrix1yr.jpg)

- Le tireur d'épine du Primatice, copie du Vème siècle de Callimaque (?) : (pas d'image :oo:)

***


HENRI II (1547-1559) ET PIERRE LESCOT

Nous restons dans la branche des Valois avec ce monarque qui épouse Marie de Médicis. Il reprend le projet de reconstruction du Louvre conçu sous François 1er, un sacré glandeur au passage :P ... Le roi choisit pour l'aider dans cette tâche Pierre Lescot, fils d'un procureur du roi et ami de Ronsard. C'est aussi un homme de sciences et d'art. Les travaux se déroulent entre 1546 et 1556. Un autre personnage important intègre l'équipe : Jean Goujon, sculpteur, qui prend en charge la décoration de la façade dite de Lescot entre 1553 et 1555.
Voici le projet dessiné par Lescot suivi du plan de l'aile :
(http://img480.imageshack.us/img480/4638/lescotprojet9ou.th.jpg)(http://img480.imageshack.us/my.php?image=lescotprojet9ou.jpg)
(http://img480.imageshack.us/img480/5866/planlescot8jq.th.jpg)(http://img480.imageshack.us/my.php?image=planlescot8jq.jpg)

De décembre 1546 à mars 1549 a lieu la démolition de l'aile ouest de Philippe-Auguste pour y mettre une aile avec une élévation du rez-de-chaussée séparée en deux par un escalier et qui correspond à la Salle Basse au Nord et la Chambre au Sud. Son plan en U permet d'obtenir un grand corps ouvert à l'est avec deux ailes en retour.
Le 10 juillet 1549, le projet initial est modifié sur ordre du roi qui souhaite que la Salle Basse occupe tout le rez-de-chaussée et que l'escalier soit rejeté au Nord de l'aile tandis que la chambre doit se trouver à l'extrêmité sud. Enfin, la Salle de Bal dite Basse était trop longue pour sa largeur et il a fallu la réduire d'un cinquième, devenant ains la fameuse salle des Cariatides :
(http://img71.imageshack.us/img71/937/cariatid8dz.th.jpg)(http://img71.imageshack.us/my.php?image=cariatid8dz.jpg)

***


Voici une plan de Paris datant de 1538 afin de vous mettre dans l?ambiance de l?époque ;)

(http://img300.imageshack.us/img300/3974/sixteen021pz.th.jpg)(http://img300.imageshack.us/my.php?image=sixteen021pz.jpg)
Alors, où en étions-nous ? Ah oui, Henri II?

En 1553 est ordonné la démolition de l'aile méridionale et la tour d?angle sud-ouest pour y mettre le pavillon du roi

De son côté, l?aile ouest est surélevée d?un second étage ou attique avec des toits à combles. Trois ordres (dorique, ionique, corinthien) et trois avant-corps évitent toute monotonie. Par ailleurs, sont adjoints des pilastres à chapiteaux corinthien tandis que le premier étage reçoit une alternance de frontons triangulaires et demi-circulaires. Le plan général était vu à l?époque comme étant «  le parangon de l?architecture française ». Cette aile influencera en effet les transformations et les extensions du palais pendant trois siècles notamment avec les ouvrages de Mercier et le vau. Mais ne brûlons pas les étapes, nous reparlerons d?eux très prochainement.

Revenons maintenant à un autre acteur majeur de l?époque : Jean Goujon, dont voici un portrait présumé du sculpteur sur la façade de l?Hôtel de Ville à Paris.

(http://img300.imageshack.us/img300/460/jeangoujon2up.th.jpg)(http://img300.imageshack.us/my.php?image=jeangoujon2up.jpg)

La façade Lescot

Qu?a t-il donc conçu ? Tout d?abord la décoration de la façade Lescot côté Cour Carré :

(http://img300.imageshack.us/img300/8497/lescotgoujon6er.th.jpg)(http://img300.imageshack.us/my.php?image=lescotgoujon6er.jpg)

C?est une abondance mesurée à laquelle nous avons affaire avec des bas-reliefs à l?antique taillées à fleur de pierre. Des figures féminines sont voilées de tuniques arachnéennes et adoptant des attitudes maniérées (concept normal pour une époque dite maniériste). Les fenêtres dites en ?il-de-b?uf occupent le dessus des portes des avants-corps tandis qu?un entablement présente une frise de putti et de guirlandes. Les femmes situées au rez-de-chaussées représentent des symboles : Histoire, Science, Renommée royale, Gloire. Enfin, une note de prestige militaire est ajoutée avec le fronton central de l?attique des avants-corps qui est marqué du chiffre d?Henri II soutenu par deux génies ailés. Inutile de vous dire que tout ce décor est une volonté manifeste d?exalter la majesté du souverain.

L?Escalier Henri II

Entrons à présent dans cette aile. La première pièce-d??uvre majeure est le Grand Escalier Henri II. A défaut d?une photo, voici une peinture d?Ingres exécutée en 1814 et présentant Don Pedro de Tolède, ambassadeur d?Espagne auprès de Philippe II, en train de baiser l?épée d?Henri IV :

(http://img44.imageshack.us/img44/896/toldeescalier7vu.th.jpg)(http://img44.imageshack.us/my.php?image=toldeescalier7vu.jpg)

Sachez qu?il s?agit du plus vieil escalier du Louvre encore debout. Réalisé en 1551, il sera prolongé quatre ans plus tard au second étage. Les voûtes rampantes des volées droites sont ornées de caissons avec des thèmes liées à la chasse en hommage à la maîtresse du roi (on devine donc que Catherine ne devait pas être un coup au lit :P), la sulfureuse Diane de Poitiers.

(http://img300.imageshack.us/img300/849/diane9tn.th.jpg)(http://img300.imageshack.us/my.php?image=diane9tn.jpg)

Elle est accompagnée de chiens, cerfs, biches, faunes et faunesses. Le plafond des paliers présente quant à lui des médaillons cantonnés de rosaces, des bambins, des tritons et Eros.

La Salle Basse

Dirigeons nous maintenant vers la Salle Basse dite du Bal (actuelle salle des cariatides) qui présente au-dessus de son entrée un écusson royal entouré de guirlandes de fleurs et de groupes d?enfants.

(http://img299.imageshack.us/img299/632/cariatides7bi.jpg)(http://imageshack.us)

Aménagée en 1546, son atout est les quatre femmes qui font office de colonnes, les cariatides. Elles soutiennent la tribune des musiciens et servait de salle de réception lors des bals. Le modèle des figures a été fait d?après un moulage à l?antique choisi par Lescot. Endommagée au XVIIème siècle, les cariatides seront dissimulées par un théâtre sous Louis XIV avant qu?une hâtive restauration se penche sur leur cas en 1796. La renommée ce ces femmes est si grande qu?elle servit de modèles à des ?uvres diverses dont le tribune de Percier et Fontaine sous Napoléon (le premier qui me sort bataille se mange une torgniole), mais aussi  la toile « Paris et Hélène » de David en 1788 :
(http://img44.imageshack.us/img44/839/david33fc.th.jpg)(http://img44.imageshack.us/my.php?image=david33fc.jpg)

Appelée également « Salle de Diane Chasseresse » (on voit qu?Henri était aux petits soins pour elle :P), elle sera inaugurée le 19 avril 1558 lors des noces du dauphin François avec Marie Stuart d?Ecosse.

Enfin, elle servira de réserves pour les collections royales antiques entre 1692 et 1793.

Face aux Cariatides se dresse le tribunal qui est un véritable petit monument d?architecture, moitié baldaquin, moitié arc de triomphe.

Une grande partie de la décoration de cette salle a disparue. Les comptes des Bâtiments du roi nous mentionne néanmoins qu?il y avait des poutres apparentes soutenues par des corbeaux ornés de masques de faunes et le tout doré. Deux bandes peintes sous le plafond ceinturaient la salle, l?une simulant la poutre, l?autre blanche et or. Des bandes festonnées de guirlandes de lierres étaient nouées de liens d?or avec le chiffre d?Henri II uni aux « croissants couronnez » de Catherine.

Au-dessus du tribunal se trouvait l?Antichambre du Roi et servant actuellement à exposer le trésor de Boscoréale. On y faisait patienter les solliciteurs et servait aussi de lieu pour les fêtes.

Il y a aussi la Salle des Gardes, la salle de parade mais comme je n?ai pas d?images, je ne vais pas m?y attarder.

Au final, cette période marque le début de la destruction progressive du Louvre médiéval?


 HENRI III 1559-1589

Dernier roi de la branche des Valois, il aura fait peu de choses pour le palais.

A la fin de son règne, le Louvre est intégré au coeur de la capitale, permettant ainsi d?intensifier une activité commerciale des quartiers avoisinants.

De 1569 à 1574 est construit la Petite Galerie qui abrite la plafond d?Apollon dont nous reparlerons plus loin. C?est une aile ayant émergée perpendiculairement à la Seine (pas loin du pont des arts) depuis l?aile Lescot et buttant sur l?enceinte de Charles V. Un mariage y sera célébré en 1570, à savoir celui d?Elisabeth d?Autriche avec Charles IX, frère d?Henri III et fils de Catherine de Médicis. Deux ans plus tard, l?attique de cette galerie accueillera Henri de Navarre et le reine Margot.

(http://img3.imageshack.us/img3/6929/gallerieapollon4qb.th.jpg)(http://img3.imageshack.us/my.php?image=gallerieapollon4qb.jpg)

Les Tuileries

S?il y a bien une chose qui a pu évoluer, ce sont bien les jardins du palais. Situé en dehors de l?enceinte médiévale, les Tuileries plaisent à Catherine de Médicis qui demande l?agrandissement du terrain en 1543 afin de construire une demeure de plaisance plus importante que le Louvre. Elle souhaite en outre s?inspirée de palais florentins comme le Palais Pitti ou Vecchio. En 1559, elle nomme Philibert de l?Orme Surintendant des Bâtiments Royaux et lui soumet en 1564 son projet.

Voici une vue dudit projet sur gravure et réalisé par Jacques 1er Androuet du Cerceau en 1576. D?abord un portrait présumé situé au même endroit que celle de jean Goujon :
(http://img3.imageshack.us/img3/2007/jducerceau5az.th.jpg)(http://img3.imageshack.us/my.php?image=jducerceau5az.jpg)

(Ensuite, un excellent site qui répertorie tous les écrits de ce théoricien : http://www.cesr.univ-tours.fr/architectura/Traite/Notice/ENSBA_LES1592.asp)

(http://img3.imageshack.us/img3/1336/vuetuileries3aw.th.jpg)(http://img3.imageshack.us/my.php?image=vuetuileries3aw.jpg)

On voit un vaste quadrilatère couvrant presque tout l?actuel jardin du Carroussel. Les façades sont peu élévées et scandées de 12 pavillons. Une grande cour centrale possède un portique au nord et au sud. Il y a aussi deux cours latérales et une salle elliptique au milieu. Mais la description ne correspond pas avec une réalité sans doute plus modeste?

Mais voilà que de L?Orme crache sa valda en 1570 et n?a pu réaliser qu?une partie de l?aile occidentale, à savoir le rez-de-chaussée du pavillon central décoré de colonnes ioniques à bracelets qui encadrent une porte en plein cintre. Il a presque entièrement terminé les ailes adjacentes munies sur le jardin d?une galerie surmontée d?une terrasse en arrière de laquelle se développait un attique.

C?est donc Jean Bullant, architecte du château d?Ecouen en 1555, qui prend la relève en achevant le pavillon central et les ailes. Il flanque l?aile sud d?un pavillon rectangulaire (sur l?actuelle aile Flore) à étage et attique avec un double tit aigus et fonde le pavillon Nord (Marsan).

Pavillon de Marsan : (http://img293.imageshack.us/img293/3362/marsan8ej.th.jpg)(http://img293.imageshack.us/my.php?image=marsan8ej.jpg)
Pavillon Flore : (http://img293.imageshack.us/img293/9382/louvreflore8bm.th.jpg)(http://img293.imageshack.us/my.php?image=louvreflore8bm.jpg)

Et le jardin dans tout ça ? Il était innovant et proposait une grande abondance de différentes plantations. Voici un plan du jardin conçu aussi par Jacques 1er Androuet du Cerceau :

(http://img293.imageshack.us/img293/9603/plantuileries7ib.th.jpg)(http://img293.imageshack.us/my.php?image=plantuileries7ib.jpg)

Il formait un quadrilatère irrégulier de 500 mètres de long pour 300 mètres de large. Sa composition en damiers était coupée par des allées d?ormes, de sapins et de sycomores. De grands tapis de verdures s?alliaient à une quinconce de tilleuls, de pins et de cyprès. Un labyrinthe ornait le centre tandis que bassins et fontaines agrémentaient l?ensemble.

Mais la plus grande réussite était sans nul doute la merveille grotte qu?avait conçu le céramiste Bernard Palissy. Elle formait un cabinet de curiosité en forme de roches avec des lézards, des grenouilles, des fruits, des fleurs, des tortues et des coquillages, le tout émaillé avec une fosse remplie d?eau. Ce lieu original pour les spectacles n?existe plus. Cependant, des fragments nous sont parvenus :
(http://img293.imageshack.us/img293/1410/lizard7jd.jpg)(http://imageshack.us)
(http://img293.imageshack.us/img293/8674/fragments12mt.jpg)(http://imageshack.us)
(http://img293.imageshack.us/img293/405/fragments2jpg0zx.jpg)(http://imageshack.us)

Là s'arrête l'oeuvre des Valois aux Tuileries. En 1572 démarre une période sombre avec la Saint-Barthélémy...

*********
Avant de poursuivre, je voudrais corriger un passage dans la partie liée à Henri II : en effet, le nom de la salle de « la Diane chasseresse » n’est pas lié à Diane de Poitiers mais à une célèbre sculpture que vous verrez dans cette partie.

En outre, l‘ouvrage suivant, Vitruve, Architecture ou Art de bien bastir, de Marc Vitruve Pollion Autheur romain antique : mis de Latin en Francoys, par Jan Martin Secretaire de Monseigneur le Cardinal de Lenoncourt, Paris, Jacques Gazeau, 1547, « Jean Goujon au lecteur », présente des gravures d’époque des cariatides :

(http://img43.imageshack.us/img43/2557/cariatidesgoujon5ih.th.jpg)(http://img43.imageshack.us/my.php?image=cariatidesgoujon5ih.jpg)

Revenons-en à nos moutons.

HENRI IV (1594-1610) ET LE GRAND DESSEIN

(http://img14.imageshack.us/img14/8605/henriiv8xy.th.jpg)(http://img14.imageshack.us/my.php?image=henriiv8xy.jpg)
(http://img14.imageshack.us/img14/5251/mariedemedicis6pa.th.jpg)(http://img14.imageshack.us/my.php?image=mariedemedicis6pa.jpg)

En tant que premier monarque de la dynastie des Bourbons, Henri a plus que besoin de légitimer son pouvoir et décide d’inscrire le Louvre dans un grand projet architectural et urbain, incluant les places (Dauphine, des Vosges) et le Pont-Neuf. Maintenant que la paix religieuse est établie, il s’agit de relancer l’économie, de redresser les finances publiques et donc de rénover le Paris médiéval.

Voici une vue générale des projets d’Henri avec des numéros :

(http://img33.imageshack.us/img33/3479/henriivprojetsjpg0qp.th.jpg)(http://img33.imageshack.us/my.php?image=henriivprojetsjpg0qp.jpg)

Numéros 1 et 2: Le Pont-Neuf

Numéro 5 : Place Dauphine : (http://img33.imageshack.us/img33/9384/henriivplacedauphineplanjpg4jm.th.jpg)(http://img33.imageshack.us/my.php?image=henriivplacedauphineplanjpg4jm.jpg)

Numéros 6 à 8 : Louvre

Numéro 3 : Statue équestre du roi

Numéro 4: Collège des Quatre Nations

Une autre place réalisée sous Henri IV : La place des Vosges : (http://img33.imageshack.us/img33/867/henriivplacedesvosges3jpg2os.th.jpg)(http://img33.imageshack.us/my.php?image=henriivplacedesvosges3jpg2os.jpg)
La dernière est un projet qui n’a pas abouti : Place de France : (http://img33.imageshack.us/img33/6310/henriivplacedefrance2jpg6bo.th.jpg)(http://img33.imageshack.us/my.php?image=henriivplacedefrance2jpg6bo.jpg)
 
Trois objectifs :

-   Agrandir le palais de Lescot en quadruplant le nombre d’ailes après la démolitions des deux ailes médiévales subsistantes.
-   Réunir le Louvre et les Tuileries pour former un grand ensemble palatial. Une question se pose dès lors : doit-on conserver l’enceinte de Charles V ?
-   Les quartiers autour du Louvre sont très denses et empêchent tout agrandissement. Il faut donc lancer des projets d’expropriations et démolitions, qui ne sera pas exécuté avant le règne de Napoléon III.

Pour cela, que nous montrent les plans  de l’époque ?

(http://img33.imageshack.us/img33/534/henriivlouvregranddesseinjpg1r.th.jpg)(http://img33.imageshack.us/my.php?image=henriivlouvregranddesseinjpg1r.jpg)

-   Le premier, en image et réalisé en 1594-1595, montre une aile Lescot reportée et doublée au nord. La petite Galerie donne naissance à un grand corps de bâtiments qui prendra le nom de Grande Galerie. On y voit aussi la Cour Carré. C’est le projet du roi.
-   Un autre plan (1603) montre la Grande Galerie longeant la Seine.
-   Un troisième plan, une fresque de la Galerie des Cerfs à Fontainebleau (1603) représente la Cour Carré avec une reprise du modèle Lescot. La petite Galerie devient un véritable bâtiment à un étage et il n’y a plus aucune traces des quartiers aux alentours.
-   Un dernier plan de 1610 met en avant la Petite et Grande Galerie ainsi qu’une jonction aux Tuileries, le tout formant un grand L. Le Petite Galerie est une sorte de « rotule » entre la Cour Carré et le Grande Galerie.

Voilà pour la théorie des projets royaux. L’architecte nommé pour mener ces travaux est Louis Métezeau. Malheureusement, suite à des problèmes budgétaires mis en avant par Sully, le vieux château ne sera pas quadruplé.

Le Petite Galerie : une galerie des rois et reines de France

Henri IV développe un programme d’aménagement d’un type de galerie à la française. Son projet consiste en l’accueil des portraits des rois et reines de France dont lui et son épouse, Marie de Médicis, constitueront l’aboutissement. Ces effigies seraient placées entre les fenêtres.

Les travaux, placés sous l’égide de l’architecte Pierre II de Chambiche, débutent entre 1566 et 1567 qui closent à l’ouest le jardin entre l’aile sud et le rempart longeant le quai. Les dessins servant au chantier sont ceux de Lescot et de l’Orme. Le portique proposé est une sorte de promontoire ouvert sur le jardin par douze arcades. Au final, cette galerie est reliée au Pavillon du Roy.

Durant l’hiver 1594-1595, elle est surélevée d’un étage avec une comble. Le rez-de-chaussée reste vierge de tout décor, contrairement au premier étage. Celui-ci s’avère être un lieu de passage et doit donc proposer des sujets empruntés à l’histoire de France entourés d’allégories, de devises et d’emblèmes. Des tapisseries sont en outre placées à l’entrée de cet étage.

Cette galerie de peintures de 60 mètres de long pour 9 mètres de large présente des peintures des rois depuis Pharamond (Saint Louis ?) à Henri IV. Les monarques sont placés à droite et les reines à gauche. Les voûtes compartimentées du plafond sont réalisées par Toussaint Dubreuil et sont illustrées de thèmes liés à Ovide, la Gigantomachie et l’Ancien Testament.

En 1661, un incendie ravage le galerie. Il ne nous reste que deux témoignages de cette espace.

Portrait de Marie de Médicis par Pourbus : (http://img43.imageshack.us/img43/1600/pourbus32fm.th.jpg)(http://img43.imageshack.us/my.php?image=pourbus32fm.jpg)
Portrait d’Henri IV par Jacob Bunel (1608) : (http://img43.imageshack.us/img43/9109/attribueajacobbunelportraitdeh.th.jpg)(http://img43.imageshack.us/my.php?image=attribueajacobbunelportraitdeh.jpg)

L’objectif de cette galerie a été de s’inscrire dans une continuité dynastique et instaurer un noyau de collection au rez-de-chaussée avec des statues antiques rapatriées de Fontainebleau. On veut y mettre les pièces dans un décor somptueux de marbres polychromes dans des niches. Un inventaire de cette collection a été conçue en 1602 dans lequel figure la « Diane chasseresse » :

(http://img43.imageshack.us/img43/3853/artemis8yi.th.jpg)(http://img43.imageshack.us/my.php?image=artemis8yi.jpg)


La Grande Galerie : Janvier 1595- 1609

A l’origine, c’est à Catherine de Médicis que l’on doit cette conception. Une première mention de la galerie est faite dans une lettre datée du 9 mars 1565 où elle parle d’une réminiscence au long corridor qui unit les Offices de Florence au Palais Pitti. Le projet eu l’approbation de Charles IX. Mais rien ne fut réalisé.

Le souvenirs de la Journée des Barricades terminées par la fuite d’Henri III chassé par l’émeute qui déferlait aux portes du Louvre le 13 mai 1588 incita sans doute Henri IV à faire exécuter cette galerie de sécurité…

Ses dimensions sont imposantes : 442 mètres de long pour 9 mètres de large, 21 fenêtres. On utilise les fondations de l’ancien mur d’enceintre de Charles V. Le rez-de-chaussée acceuille des portraits tandis que le premier étage est réservé aux collections d’antiques. Les logements sont situés à l’entresol.

Voici une peinture d’Hubert Robert (1801) pour vous donner une idée de l’espace. Ne prêtez pas attention au reste, nous retrouverons cette peinture plus tard pour d’autres raisons ;)

(http://img43.imageshack.us/img43/9495/hrobert21pm.th.jpg)(http://img43.imageshack.us/my.php?image=hrobert21pm.jpg)

Sa construction se fait en deux temps :

D’abord avec Louis Métezeau : Il conçoit la partie orientale depuis le vieux Louvre jusqu’au guichets, donc la motié de la Grande Galerie. Il s’agit d’un groupe de 5 travées en deux niveaux depuis la Petite Galerie jusqu’à un autre groupe à l’actuelle porte Lesdiguières. Au milieu est placé le guichet Saint-Thomas, actuelle porte Barbet de Jouy, qui ouvre au public en 1663.
Les groupes de 5 sont constitués de 5 fenêtres au rez-de-chaussée, d’une premier étage avec une alternance de trois niches et deux fenêtres encadrées de couples de pilastres cannelés coiffés de frontons droits. La façade du rez-de-chaussée est décorée de couples de piplatres cannelés à bossage verniculés (c’est-à-dire au sud de la partie centrale donnant sur le quai). L’entresol présente quant à lui des fenêtres rectangulaires.

A défaut d’une gravure d’époque, voici la partie de la Galerie en question (attention, toutefois, car elle a subit des modifications ultérieures donc ne prenez pas tout en compte sur l’image) :

(http://img42.imageshack.us/img42/2084/louvregrandegalerie7pc.th.jpg)(http://img42.imageshack.us/my.php?image=louvregrandegalerie7pc.jpg)

Par contre, il existe des peintures du XVIIIème siècle qui montre à quoi ressemblait tout cela :

(http://img42.imageshack.us/img42/8825/ragenet17567tt.th.jpg)(http://img42.imageshack.us/my.php?image=ragenet17567tt.jpg)
(en face du Louvre, l’Académie Française et au fond le Pont Neuf)

La seconde partie est réalisée par Jacques II Androuet du Cerceau, fils du précédent que nous avons vu pour les Tuileries. Il prit en charge la partie occidentale depuis le pavillon Lesdiguières jusqu’au gros pavillon de la rivière (Pavillon Flore) entre 1607 et 1610. Il place un ordre colossal, 28 travées, 14 avants-corps encadrés de pilatres jumelés, des frontons triangulaires et demi-circulaires reliés par une blasutrade et un second étage de fenêtres rectangulaires. L’aile Flore sera reconstruite sous Napoléon avec l’architecte Lefuel qui posera des combles très élevés hérissés de hautes cheminées.

En bref, deux architectes pour deux parties différentes qui évitent la monotonie et rend harmonieux la jonction avec les Tuileries.

Une fois achevé, Henri IV décide le 22 décembre 1608 de loger dans les entresols de sa galerie les meilleurs maîtres et ouvriers du projet comme Louis Métezeau. En outre, il leur confère des privilèges qui seront maintenus jusqu’à la Révolution.
Le 2 mars 1609, la Galerie est dallée.

Pour finir sur cette Galerie, quelques anecdotes amusantes : En 1606, l’étage supérieur sert de préau au jeune Louis XIII. Il s’y promène, les jours de pluie, dans un petit carosse tirés par des dogues. Le « Journal et registre particuliers » de jean Héroard, médecin du Dauphin, nous tiens quotidiennement au courant de l’emploi du temps de l’enfant. Ainsi, le vendredi 17 avril 1606, il nous dit que le dauphin « va en galerie où il court un renart avec les chiens du roi ». Il y voit même « courir un chameau que lui a donné Monsieur de Nevers ». En gros, il faut imaginer tout ça dans la partie qui reçoit les peintures italiennes et espagnoles, c’est drôle :P

Puis vient le drame du 14 mai 1610. Henri IV sera d’ailleurs le seul roi à rendre l’âme au Louvre. A partir de là, plusieurs opérations pré-inhumatoires s’enchaînent :

Ses entrailles sont placées à Saint-Denis et son c½ur au Collège des jésuites de la Flèche. 18 jours de messes basses et 6 grandes messes eurent lieu en mémoire du monarque. Le 10 juin de la même année, il est mis en bière dans la salle des Cariatides. Un lit d’honneur est placé sur le tribunal avec l’effigie du roi, un mannequin en osier avec des mains moulées à la cire. La bière est retirée le 21 juin avant que ne débute les funérailles officiels à Notre-Dame le 29 juin. Enfin (il serait temps !), le corps est inhumé à Saint-Denis le 1er juillet.

On retiendra donc de ce roi qu’il est le premier véritable inventeur du Grand Louvre.

**********************

LE XVIIème siècle

LOUIS XIII (1610- 1643), LEMERCIER ET RICHELIEU

Le Roy : (http://img393.imageshack.us/img393/233/louisxiiiparrubens2rr.th.jpg)(http://img393.imageshack.us/my.php?image=louisxiiiparrubens2rr.jpg)
Richelieu : (http://img393.imageshack.us/img393/1095/richelieuparchampaigne3kq.th.jpg)(http://img393.imageshack.us/my.php?image=richelieuparchampaigne3kq.jpg)

L’époque de ce monarque marque les débuts des premiers ralentissements du chantier avant qu’il ne soit abandonné sous le règne de son fils Louis XIV. La Cour carré est la seule partie conçue à cette période.

Le 27 avril 1624, Richelieu est promu « Chef du Conseil » et suggère le roi de poursuivre la réalisation du Grand Dessein d’Henri IV en commençant par quadrupler la cour du Louvre.

Le 5 janvier 1624 est déclarer officiellement les travaux à effectuer, rejoignant sensiblement l’acte du 15 mars 1528 de François 1er :

Tout d’abord, démolir la tour d’angle nord-ouest (Tour de la Librairie) et une partie de l’aile nord médiévale, puis prolonger vers le Nord l’aile Lescot en élevant un pavillon contre l’extrémité de celle-ci et en répétant au delà, dans le même alignement, l’aile Lescot.

Un concours est mis en place qui sera remporté par l’architecte Jacques Lemercier (v. 1585-1654), descendant d’une lignée de maître-maçon de Pontoise. Cet homme a déjà à son actif le Val-de-Grâce et la Sorbonne.

(http://img393.imageshack.us/img393/8337/lemercierparchampaigne2xl.th.jpg)(http://img393.imageshack.us/my.php?image=lemercierparchampaigne2xl.jpg)

En 1630 débute la restauration de la Salle des Cariatides où l’on remplace le plafond en bois par une voûte surbaissée en pierre.

Le plus gros ½uvre de Lemercier est sans conteste l’aile et le pavillon Occidental : On y trouve un soucis d’intégrer le pavillon de l’Horloge à l’½uvre de Lescot avec des pleins cintres, des colonnes encadrant les ouvertures, des ½il-de-b½uf au niveau des impostes, des sculptures à l’attique, des arcades du Rez-de-Chaussée et des baies rectangulaires.

Voici une image d’ensemble dudit pavillon, pris en photo au XIXème siècle : (http://img475.imageshack.us/img475/5484/horlogephotoxixime9qg.th.jpg)(http://img475.imageshack.us/my.php?image=horlogephotoxixime9qg.jpg)

Ce pavillon est une ½uvre très originale avec ses grandes baies cintrées au dernier étage. Le vestibule du rez-de-chaussée est divisé par des colonnes accouplées en nefs inégales imposant une arcade médiane un peu plus large tandis qu’à l’étage se trouve une baie disproportionnée à cette arcade et cintrée. La partie supérieure est d’ordre baroque avec trois baies flanquées de couples de cariatides par Jacques Sarrazin. Au-dessus est placé un immense fronton où se superposent trois tracés dont un demi-circulaire et ornées de deux renommées couchées sur les rampants du petit fronton droit.

Ce « dôme français » à plan carré qui, surchargées d’ornements en plomb au Second Empire, accentue avec ses hautes cheminées une impression grandiose. On le nomme à l’époque Pavillon du Milieu ou Gros Pavillon avant de devenir Pavillon de l’Horloge en 1806. Ce morceau d’architecture aura un impact dans les travaux de Le Vau pour les Tuileries ainsi que chez Lefuel et Visconti pour le pavillon de la cour de Napoléon ainsi que la restauration des Pavillon Marsan et Flore…


La décoration de la Grande Galerie :

En 1638, Lemercier s’engage dans ce travail en effectuant une voûte avec des compartiments en stuc rectangulaires ou circulaires.

La même année, Richelieu demande à Sublet des Noyers, surintendant des bâtiments royaux, d’effectuer une commande de fresque à un grand artiste pour décorer ce gigantesque intérieur.

(http://img513.imageshack.us/img513/2741/subletdesnoyers0ng.gif)(http://imageshack.us)

Selon Sublet, il faudrait plutôt une équipe. Richelieu accepte et incite vivement Poussin à venir.

(http://img97.imageshack.us/img97/2451/nicolaspoussin2sa.th.jpg)(http://img97.imageshack.us/my.php?image=nicolaspoussin2sa.jpg)

En mars 1641, Poussin est chargé par Sublet de la direction des programmes mais refuse de faire des effigies de rois et de reines et souhaite s’inspirer pour le décor et la retombée des voûtes de reliefs antiques et de la colonne Trajan, le tout sur un fond thématique lié à Hercule. Il ne nous reste strictement rien de ces décors… Entretemps, Louis XIII le surchargea de travaux divers empêchant l’artiste de mener à bien sa grande entreprise.
Dégoûté, Poussin jette l’éponge dans une lettre du 20 septembre 1641 : « J’ai fait commencer sur mes dessins les stucs et les peintures de la Grande Galerie, mais avec peu de satisfaction pour moi, parce que je ne trouve personne qui seconde un peu ma pensée, bien que je fasse les dessins en grand et en petit ». Il en profite pour critiquer violemment Lermercier : « l’abaissement de la voûte qui semblait tomber, l’extrême froideur de la composition, l’aspect mélancolique, pauvre et sec de l’ensemble »… Visiblement, le cadre ne l’inspirait guère.
Et comme ça ne suffisait pas, voilà que l’artiste eut maille à partie avec le peintre paysagiste Boron Fouquières, jaloux de sa notoriété et vexé de n’avoir obtenu que la commande des trumeaux de la Galerie. Lassé par ces cabales de ses rivaux, Poussin cherche le premier prétexte pour regagner Rome en novembre 1642. Il laissait quelques ébauches de l’histoire d’hercule peintes en grisailles.

Les malheurs n’arrivant jamais seuls, voilà que Richelieu décède l’année du départ de Poussin. Cette fois, le projet de la Grande Galerie est bel et bien abandonnée.
Un an plus tard, c’est au tour du Roi de rendre l’âme, laissant derrière lui une grosse impression d’inachèvement.

********
REGENCE D’ANNE D’AUTRICHE (1643-1661) ET MAZARIN

(http://img479.imageshack.us/img479/3074/anneautriche7zq.th.jpg)(http://img479.imageshack.us/my.php?image=anneautriche7zq.jpg)
(http://img479.imageshack.us/img479/3909/mazarin7fq.th.jpg)(http://img479.imageshack.us/my.php?image=mazarin7fq.jpg)

C’est une période de troubles où les finances suivent difficilement pour poursuivre le Grand Dessein.
De 1648 à 1652, la cour quitte paris pour se mettre à l’abri de la Fronde. De retour sur la capitale, le Louvre présente l’image d’un ensemble ayant mal vieilli et inachevé, encore en partie médiévale et flanqué d’un chantier à l’abandon. La régente décide donc de s’installer au Palais Cardinal, futur Palais Royal légué à la Couronne par Richelieu et qui, avec ses appartements, se galerie et son théâtre était d’un séjour plus agréable que le Louvre qu’il faut reconsidérer…

Mazarin succède à Richelieu. Grand collectionneur et amateur d’art, il souhaite réaffirmer la puissance royale au sein de Paris.

Entre 1653 et 1655, la régente fait aménager les appartements de Marie de Médicis dans l’aile méridionale dite de la Rivière en suivant les dessins de Lemercier. Il n’en subsiste aujourd’hui plus rien. Elle leur trouva l’inconvénient d’être mal protéger des ardeurs caniculaires et souhaite donc un autre pour l’été au Louvre. Entre-temps, Lemercier décède en 1654.

De 1655 à 1658 est mise en place la politique de réaménagement du rez-de-chaussée de la petite Galerie pour y installer les appartements d’été de la Régente. Louis le Vau s’occupe de la tâche et tranche avec les bâtiments de la Renaissance. L’ensemble se compose d’une enfilade de six pièces avec une rotonde au nord qui les articule avec la cour carré (salle des antiquités romaines). De vastes programmes décoratifs sont mis en ½uvre sur les plafonds peints par Francesco Romanelli. Les stucs blancs et or sont de Michel Anguier. Quant aux hauts-reliefs monumentaux, ils figurent des atlantes encadrant les ½uvres de Romanelli. Chaque pièce reçoit un décor différent. Ainsi, nous avons, du nord au sud :

Louis Le Vau : (http://img56.imageshack.us/img56/5481/levau1ri.th.jpg)(http://img56.imageshack.us/my.php?image=levau1ri.jpg)

Salle 27 des antiquités romaines, ancienne pièce d’été des appartements de la régente : (http://img22.imageshack.us/img22/6953/tanneautriche3en.th.jpg)(http://img22.imageshack.us/my.php?image=tanneautriche3en.jpg)

La rotonde de Mars qui forme un lien avec les appartements d’hiver. Elle sera re-décorée au XIXème siècle : (http://img56.imageshack.us/img56/627/rotondedemars5td.th.jpg)(http://img56.imageshack.us/my.php?image=rotondedemars5td.jpg)

Salon ou Salle du Mécène re-décorée au XIXème siècle.

Antichambre de la Reine (Salle des Saisons) avec sa voûte décorées de l’histoire d’Apollon et Diane.

Vestibule ou Salon de la Paix : Cette pièce est située entre le côté jardin et le côté cour de la reine. On y signa entre autres le Traité des Pyrénées en 1659 dans lequel l’Espagne cède à la France le Roussillon, l’Artois, les Gravelines et Thionville. Le salon servit également de lieu où fut décidé le mariage entre Louis XIV et l’infante Marie-Thérèse.

Cabinet de la reine dites Salle des Sévères : Les décores tournent autour de thèmes vertueux comme l’enlèvement des Sabines et la continence de Scipion.

Chambre à Coucher dites Salle des Antonins.

Petit cabinet sur l’eau : Cette salle s’ouvre sur la seine et se réunie à la précédente pour former un tout. Elle disparue sous le Consulat mais le Louvre et Compiègne conserve quelques scènes du décor narrant l’histoire de Moïse qui était encastrées dans les lambris.

Au final, on découvre en germe dans ces décors les futurs grands thèmes de l’art sous Louis XIV (armes, état, guerre) glorifiant le roi et exprimant son pouvoir autoritaire. Celui-ci prend le pouvoir, un an avant la mort de Mazarin.

Une partie du Louvre en 1660 : (http://img22.imageshack.us/img22/3923/louvreen16604mw.th.jpg)(http://img22.imageshack.us/my.php?image=louvreen16604mw.jpg)

**********

LOUIS XIV (1643-1715), COLBERT, LE VAU ET LE BRUN

(http://img97.imageshack.us/img97/3494/louisxiv9un.th.jpg)(http://img97.imageshack.us/my.php?image=louisxiv9un.jpg)

Cette fois, on commence à rétablir les finances royales, et il était temps car on la cour se sent à l’étroit dans le palais… et Mazarin qui n’hésite pas à conseiller Louis XIV de reprendre le Grand Dessein d’Henri IV.

Le Vau entre dans le ballet et lance un projet d’envergure : (http://img97.imageshack.us/img97/6438/louvrelevaujpg4tm.th.jpg)(http://img97.imageshack.us/my.php?image=louvrelevaujpg4tm.jpg)
(http://img97.imageshack.us/img97/1894/projet16631il.th.jpg)(http://img97.imageshack.us/my.php?image=projet16631il.jpg)

L’architecte prévoit l’achèvement de la cour carré avec une ouverture de l’aile sud reliant les deux rives de la Seine par le pont de la Paix au Collège des 4 Nations (voire premier plan) et futur Institut de France. Un projet urbain de grande ampleur mais hélas réalisé qu’au… XIXème siècle 

En 1664, Colbert est nommé Surintendant des Bâtiments du Roi et reprend le projet de Mazarin : il stoppe les travaux de Le Vau et souhaite achever l’aile des Tuileries avec le grand pavillon central et les jardins de Le Nôtre. L’objectif est simple : il faut aménager le palais afin que la cour ne quitte pas le Louvre !

Colbert peint par Champaigne : (http://img97.imageshack.us/img97/1473/colbertparchampaigne9rt.th.jpg)(http://img97.imageshack.us/my.php?image=colbertparchampaigne9rt.jpg)

On reprend aussi une idée des Bourbons à savoir l’entrée à l’est avec une grande place royale (projet jamais réalisé). Une consultation d’architectes français est entreprise mais personne n’est retenu.

Puis, on pense à l’italien Le Bernin : (http://img101.imageshack.us/img101/4418/bernin2uo.th.jpg)(http://img101.imageshack.us/my.php?image=bernin2uo.jpg)

Colbert entre en contact avec lui après avoir vu ses impressionnants travaux comme la Colonnade de Saint-Pierre du Vatican dont voici une image : (http://img101.imageshack.us/img101/9158/colonnadebernin1gi.th.jpg)(http://img101.imageshack.us/my.php?image=colonnadebernin1gi.jpg)

Trois projets sont présentés mais inégaux par rapport aux parties construites car s’intégrant mal au Louvre qui se fait de plus en plus hétérogène.

En voici un : (http://img101.imageshack.us/img101/2310/louvreleberninprojet1jpg5yj.th.jpg)(http://img101.imageshack.us/my.php?image=louvreleberninprojet1jpg5yj.jpg)

En 1665, le roi fait venir Le Bernin. Ce dernier voulait séparer le Louvre au plan en croix grecque des Tuileries mais sera sévèrement jugé par Colbert : (http://img101.imageshack.us/img101/649/louvreplanleberninjpg5go.th.jpg)(http://img101.imageshack.us/my.php?image=louvreplanleberninjpg5go.jpg)

La Colonnade (1667/1670 – 1821)

Projet du Bernin (refusé) : (http://img93.imageshack.us/img93/1220/projetcolonnadebernin6wb.th.jpg)(http://img93.imageshack.us/my.php?image=projetcolonnadebernin6wb.jpg)

Projet d’Orbay en 1667 : (http://img93.imageshack.us/img93/5050/orbaylvation1667aveccolonnade4.th.jpg)(http://img93.imageshack.us/my.php?image=orbaylvation1667aveccolonnade4.jpg)

Vue d’ensemble la même année : (http://img93.imageshack.us/img93/3743/projetcolonnade16676ob.th.jpg)(http://img93.imageshack.us/my.php?image=projetcolonnade16676ob.jpg)

En 1666, Colbert réunit Le Vau, Perrault et Le Brun autour d’un projet dessiné par François d’Orbay pour installer les appartements du roi au premier étage et ouvrant sur le péristyle de la Colonnade. Mais cette opération s’avère extrêmement onéreuse pour l’usage qui en sera fait. Il est alors décidé de doubler l’aile sud de la Rivière. En outre est achevé la jonction de l’aile des Tuileries avec le Pavillon Flore.

La colonnade aujourd’hui sur des plans de 1668 : (http://img93.imageshack.us/img93/66/colonnadelouvre3xv.th.jpg)(http://img93.imageshack.us/my.php?image=colonnadelouvre3xv.jpg)

ARF, J'AI ATTEINT L'ULTIME FRONTIERE DU POST :mdr: ... la suite de Louis XIV en page  2 ;)
Titre: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: iDam le 18 Janvier 2006 à 21:36
La fatigue ne venant pas, on va poursuivre avec un petit passage consacré au Jack Lang de la Renaissance : François 1er :D

(... edit de Kian : voir le premier message du sujet pour la suite de l'article ...)

Voilà, on passera ensuite à la partie sous le règne Henri III, qui est finalement encore plus important que François (mais moins qu'Henri IV :P)

D's© (toujours pas sommeil, plutôt surexcité, on se demande bien par qui et pourquoi :mrgreen:)

Posté: Mercredi 18 Janvier, 07:02:53

Personne ne me lit ?

...

M'en fous, je continue quand même ! :D

(... edit de Kian : voir le premier message du sujet pour la suite de l'article ...)

Bon je suis fatigué, je vais me coucher... on verra la suite demain ^^

D's©
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: Kamen le 18 Janvier 2006 à 23:23
Citation
Personne ne me lit ?
Si, tu as au moins un lecteur. C'est vrai que ton projet est un petit peu いきなり/out of the blue, mais bon, c'est plaisant a lire et a regarder (je connaissais la Belle Ferroniere, et elle est effectivement tres miam miam :wub:).
J'apprecie beaucoup les anecdotes, comme Francois Ier qui fait abattre tout ce qui lui rappelle sa geole ou les trompe-l'oeil pour masquer la misere.
Deux questions : pourquoi le Louvre ne s'est-il pas arrete pour faire avancer Chambord plus vite? Reste-t'il des vestiges de ces trompe-l'oeil a l'intention de Charles Quint?
Dans l'attente de la suite,

Kamen, amateur d'art et de belles histoires
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jour
Posté par: tinou le 19 Janvier 2006 à 09:03
Moi en tant que fan de flammekueche 4 fromages et de onigiri thon mayonnaise, je plussoie avec Kamen! Ce topic est intéressant! J'étais son premier lecteur...
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: Milady le 19 Janvier 2006 à 10:09
+1 moi j'ai commencé à lire et l'utiliserais comme guide pour ma prochaine visite. Ca tient sur 2 pages c'est nickel.
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: FinalBahamut le 19 Janvier 2006 à 10:41
Ce n'est parce qu'on ne "post" pas qu'on ne te lit pas ^^

En tout cas, c'est très intéressant ;)

Avec le topic sur la généalogie, ça va faire beaucoup de poussière secouée ^^

La suite ?  :p:
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jour
Posté par: iDam le 20 Janvier 2006 à 15:08
Nan mais le coup de personne ne lit c'est plus pour relancer un je m'en fous :P

Milady : Pour le moment ça ne fait que deux pages, mais vu l'ampleur du sujet, on va plonger pour 10-15 pages :P

La suite d'Henri II avec en bonus-perfect Henri III ce soir :)
Citation de Kamen le 18 Janvier 2006 à 23:23
Deux questions : pourquoi le Louvre ne s'est-il pas arrete pour faire avancer Chambord plus vite? Reste-t'il des vestiges de ces trompe-l'oeil a l'intention de Charles Quint?
Il y avait des membres de la cour qui devait y résider occasionnellement, et ça servait de mini pied-à-terre pour François qui voulait se changer les idées de ses trips Val-de-Loire mais c'est hypothétique.
Non, il ne nous reste plus que quelques gravures de ses trompes-l'oeil, c'était des choses éphèmères hein ;)

D's©

Posté: Jeudi 19 Janvier, 12:41:51

On reprend ?

(... edit de Kian : voir le premier message du sujet pour la suite de l'article ...)

D's©
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: RoiLion.Thom le 20 Janvier 2006 à 17:04
Kian, c'est très gentil de vouloir tout mettre en un seul post, mais n'oublie pas que les apostrophes sautent quand tu fais un Ctrl+C Ctrl+V sur ce genre de fora... :mdr:
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jou
Posté par: Kian le 20 Janvier 2006 à 17:06
Les bugs d'affichage sur la fin sont d'origine.
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jour
Posté par: RoiLion.Thom le 20 Janvier 2006 à 17:17
Au temps pour moi  :yaisse:
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: iDam le 20 Janvier 2006 à 17:23
Par contre si on continue à alimenter le premier post jusqu'à la fin, on va obtenir le post le plus long de toute l'histoire des fora, je vous le garantie... ça ne risque pas de générer un bug ? :sweatdrop:

D's©
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: RoiLion.Thom le 20 Janvier 2006 à 17:27
juste une perte de données :mrgreen:

fais-toi un fichier word de sauvegarde :p:
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: iDam le 21 Janvier 2006 à 14:57
Mise à jour du dossier avec l'ajout des travaux sous le règne d'Henri IV :)

Juste pour mieux vous orienter, je vous décris les parties importantes du plan d'Henri IV et que vous retrouverez pour tout ce qui suivra (http://img33.imageshack.us/my.php?image=henriivlouvregranddesseinjpg1r.jpg)

De gauche à droite :

- Les ailes conçus sous François et les Henri et qui préfigurent la cour carré et son fameux quadrilatère au XVIIème siècle.
- Le petite Galerie qui forme une perpendiculaire avec la Seine
- La Grande Galerie
- Les Tuileries qui forment un angle avec la Grande Galerie

Voilà !

D's©
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jour
Posté par: tinou le 25 Janvier 2006 à 09:49
J'ai tout relu, c'est très bien! J'avais pas fait gaffe a tes Charles Quint le taquin... Mais une chose me turlupine: Philippe Auguste decide de partir en Croisade et construit une enceinte sur plus de 10 ans...et part ensuite? Il mourrait pas a 40 ans les gens a cette epoque?
Titre: Re: Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: iDam le 25 Janvier 2006 à 15:14
Non, il commandite la mise en oeuvre de l'enceinte et part ensuite. Quant à l'espérance de vie de l'époque, certains parviennent à vivre longtemps, surtout lorsqu'on est un monarque entouré d'une salve de médecins... Je n'ai plus les dates de Phil mais en tapant Google, tu devrais trouver facilement ;)

La suite pour ce soir avec le Quadrilatère de Louis XIII et la Régence :)

D's©
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: RoiLion.Thom le 25 Janvier 2006 à 15:28
Citation de Damien le 25 Janvier 2006 à 15:14
entouré d'une salve de médecins...
salve de médecins qui pratiquent avant toute autre chose une saignée, puis ne connaissent de toutes manières que des traitements à bas d'opérations... ?

On a vu mieux quand même. Je pensai pareil que tinou, pour ma part.
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: iDam le 29 Janvier 2006 à 12:45
Je ne dis pas que tous les rois ont mieux vécu, pas mal ont subi les aléas des épidémies du moment ou les accidents de chasse (Louis IX et Louis XV) mais certains ont bien vécu... dans le cas de la saignée, ce n'est qu'un sursis, et des papes au XVème siècle s'en sont donnés à coeur joie...

D's©

Posté: Mercredi 25 Janvier, 15:33:32

Mise à jour du premier post avec la partie consacrée à Louis XIII et Richelieu. La Régence d'Anne d'Autriche ne va pas tarder :)

D's©

Posté: Vendredi 27 Janvier, 14:19:54

Ajout de la partie concernant la Régence d'Anne d'Autriche, avant de passer à la période Louis XIV, enfant pourri gâté qui décidera de quitter le Louvre pour Versailles parce que c'est plus fun et confortable...

D's©
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: MCL80 le 29 Janvier 2006 à 15:50
Salut!

Je viens de ratrapper mon retard de lecture. C'est que du bon! :bravo:

Juste un petit détail: Pour les fouilles archéologiques, on dit "mis au jour". La "mise à jour" c'est pour les logiciels. :mrgreen:

Sinon, j'attend avec impatience la période Napoléon 1er... Pour voir l'intervention de... Bataille et Fontaine. :troll: :mdr2:

Désolé, Damien, j'ai pas pu me retenir, tu tendais tellement bien la perche. :mdr:

OK, je sort [glow=white,2,300]=>[][/glow] :P

À bientôt!
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jou
Posté par: iDam le 31 Janvier 2006 à 09:46
Ah oui, quelle négligence...

Bon, la sauvegarde de l'édit du premier post devient assez longue si bien que je ferais la suite sur un nouveau post... et puis ça devient trop chargé, faut aérer un peu l'espace du topic ^^;

Pour Napoléon, tu attendras que je pose d'abord la partie XVIIIème siècle, la révolution, le Directoire, le Consulat qui sont des parties toutes aussi importantes (dans tous les sens du termes).

Bon et sinon, je viens de mettre à jour pour la dernière fois le premier post avec la partie liée à Louis XIV : attention, il y a une avalanche d'images :P ...

Quand j'aurais tout fini (c'est-à-dire vers mi-février), je vous donnerai une bibliographie de sites qui m'ont beaucoup aidé dans mes recherches comme la base de données de la RMN (images) ou celle d'Insecula (images aussi) :) ... je vous mettrai aussi des noms d'ouvrages pour mieux cerner les différentes périodes qui sont traitées dans cette histoire du Louvre.

D's©

Posté: Dimanche 29 Janvier, 16:52:56

Double-post car une partie du chapitre de Louis XIV ne peut plus se loger dans le premier post, bourré comme un oeuf :P

*****
L’incendie de la Petite Galerie en 1661

Suite à ce drame, Le Vau double la galerie en largeur vers l’ouest avec retour d’équerre au Nord et au Sud. Le Petite Galerie forme une grande salle avec des baies vitrées qui ouvrent sur des jardins et en relation directe avec les appartements d’Anne d’Autriche. On y place les antiques rapatriés de Fontainebleau.

Le rez-de-chaussée propose la galerie d’antiques et sert actuellement à l’exposition des œuvres étrusques : (http://img58.imageshack.us/img58/6929/salletrusques0yi.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=salletrusques0yi.jpg) (à l’arrière une partie des appartements d’Anne d’Autriche)

Le retour d’équerre sud reçoit l’oratoire et une salle de bains.

Le retour d’équerre nord, actuel emplacement de l’escalier Denon, servit de salle de comédies domestiques.

Au-dessus de la galerie d’antiques était prévue une bibliothèque mais la place fut prise par les tableaux du Roi ainsi qu’à l’étage du retour d’équerre nord avec un cabinet ouvrant sur le salon du Dôme (dite Rotonde d’Apollon, voir plus haut)

Au-dessus du retour d’équerre sud est placé le salon Carré : (http://img58.imageshack.us/img58/295/saloncarr8pl.jpg)(http://imageshack.us)

Quant à l’ancienne galerie des rois et des reines de France, elle devient la Galerie d’Apollon.

La Galerie d’Apollon (1663) de Le Brun et Le Vau :

(http://img58.imageshack.us/img58/9088/gallerieapollon6rq.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=gallerieapollon6rq.jpg)
Restaurée en 2004 : (http://img56.imageshack.us/img56/4451/galerieapollonrestaure20048ej.th.jpg)(http://img56.imageshack.us/my.php?image=galerieapollonrestaure20048ej.jpg)

D’une superficie de 600 mètres carré, elle sert de réceptacle aux collections royales, à savoir un cabinet de beaux-livres, une bibliothèque, un cabinet de petits tableaux, un cabinet des armes et un cabinet de curiosités. Cette galerie ne présente aujourd’hui que des pièces de joaillerie et des bijoux. Elle forme en tout cas la première galerie royale dans le palais royal.

Les voûtes sont ornées du thème mythologique du Soleil pour glorifier indirectement Louis XIV. Apollon devait triompher dans le compartiment central tandis que les Eaux et le Terre devait occuper ceux des extrémités. Le Brun n’eut le temps d’exécuter que le « Triomphe des Eaux » et dans un compartiment intermédiaire « Diane ou la Nuit ». Eugène Delacroix réalisera le « Triomphe d’Apollon » en 1849.

La nuit : (http://img56.imageshack.us/img56/3821/lebrunnuit5sh.th.jpg)(http://img56.imageshack.us/my.php?image=lebrunnuit5sh.jpg)
Le triomphe d’Apollon : (http://img56.imageshack.us/img56/4875/delacroixapollon1wv.th.jpg)(http://img56.imageshack.us/my.php?image=delacroixapollon1wv.jpg)

Le choix de la voûte au lieu de caissons permet de donner un programme thématique en rapport avec le rez-de-chaussée.

Les 5 et 6 juin 1662 est célébré au Grand Carroussel (à l’est des Tuileries) la naissance de Louis XV en présence de 1.300 invités.

Quant aux jardins des Tuileries, Le Nôtre conçoit des plans à la françaises avec une allée centrale aboutissant au bassin octogonal et se prolonge jusqu’aux futurs Champs-Elysées.

Le projet initial : (http://img56.imageshack.us/img56/4453/planlenotre6eo.gif)(http://imageshack.us)
Les jardins aujourd’hui : (http://img56.imageshack.us/img56/6831/lenotre7kf.jpg)(http://imageshack.us)


Que sont devenues les collections royales depuis 1547 ?

Eh, c’est bien beau de causer architecture mais il serait bien de savoir si ces collections se sont agrandies durant le XVIIème siècle…

Jusqu’en 1661, il n’y eu aucune volonté affirmée de compléter ces dites collections. On reste donc avec le fond de François 1er.
Mais dès 1662, Colbert décide de rapatrier au Louvre les 17 toiles de François et de faire du Louvre une demeure inégalée en mettant tous les moyens financiers pour enrichir ce fonds initial et ainsi acquérir des œuvres dignes d’êtres royales.

Le premier lieu d’exposition des collections s’établie dans la Galerie d’Apollon. En 1660, un legs de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, est fait à son neveu Louis XIV : sa collection se compose de médailles, de pierres gravées et de livres d’histoires naturelles. Certains camés antiques sont aujourd’hui montés sur orfèvrerie.

Mazarin, grand collectionneur, s’était créé un fonds personnel de 546 tableaux, d’antiques et de bijoux. En 1661 un don est fait par ses héritiers à destination du Louvre : 6 toiles et 18 diamants.
La Vénus du Bardo par Titien : (http://img91.imageshack.us/img91/3084/uvenus6cc.th.jpg)(http://img91.imageshack.us/my.php?image=uvenus6cc.jpg)

L’allégorie des Vices du Corrège : (http://img91.imageshack.us/img91/5811/allgorivices0dd.th.jpg)(http://img91.imageshack.us/my.php?image=allgorivices0dd.jpg)
Cette œuvre appartenait auparavant au Studiolo d’Este avant de passer par les Gonzagues, Charles 1er, Cromwell et enfin mis aux enchères et vendu à Mazarin. Sachez que beaucoup d’autres œuvres du Louvre connaîtront des histoires similaires avant d’entrer au musée.

Balthazar Castiglione de Raphaël (acquis en 1665) : (http://img91.imageshack.us/img91/6227/castiglione4ne.th.jpg)(http://img91.imageshack.us/my.php?image=castiglione4ne.jpg)

Le Jugement de Salomon par Valentin de Boulogne, un caravagesque français : (http://img91.imageshack.us/img91/324/jugementsalomon2lf.th.jpg)(http://img91.imageshack.us/my.php?image=jugementsalomon2lf.jpg)

Les 12 tentures de la Chasse de Maximilien : (http://img91.imageshack.us/img91/8443/chassemaximilien5hk.th.jpg)(http://img91.imageshack.us/my.php?image=chassemaximilien5hk.jpg)
Les autres sont disponibles à cet endroit : http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchT.aspx?V=CSearchT&SID=22S39U4UCK6U&E=S_22S39U4UCK6U&NoR=500&New=T

La statue du Faune dansant (pas d'images)


La double origine de ses œuvres est l’Italie et les ventes aux enchères de la collection de Charles 1er d’Angleterre, décapité par Lord Cromwell en 1649.

Puis viennent les grands fonds de particuliers comme l’énorme collection d’Evrard Jabach (1618-1695) dont voici un portrait peint par Van Dyck :

(http://img91.imageshack.us/img91/2560/jabach4nj.th.jpg)(http://img91.imageshack.us/my.php?image=jabach4nj.jpg)

Les particuliers sont issus de la haute bourgeoisie commerçante. Ils ont la foi de ce qu’ils font et assoient leurs compétences à un goût des arts différents de celui du Roi. Il y a une dichotomie entre l’art officiel (les acquisitions de Colbert) et le marché de l’art.

Jabach est un banquier allemand originaire de Cologne et directeur de la Compagnie des Indes Orientales. Il fit beaucoup de voyages et possède des émissaires qui lui indiquent les lieux de ventes. Sa collection tourne surtout autour des écoles du Nord contrairement à l’Italie de Mazarin.

Son importante collection disposait d’un revers puisqu’il perdit beaucoup de toiles lors de naufrages de navires de sa compagnie.

Les premières ventes de sa collections eurent lieu entre 1661 et 1662 : Colbert empoche une centaine d’œuvres et des bustes antiques.

En 1665, Colbert récidive en prenant pour le Roi 23 toiles du Duc de Richelieu, petit-neveu du cardinal. Entre également dans les collections royales des œuvres de Rubens, Van Dyck et du Caravage. Au niveau des sculptures, ce sont essentiellement des répliques d’après l’antique et des petits bronzes.

Allégorie des Vertus du Corrège, pendant au précédent et acquis en 1662 ; (http://img363.imageshack.us/img363/53/allgorievertus0kl.th.jpg)(http://img363.imageshack.us/my.php?image=allgorievertus0kl.jpg)

Mise au tombeau du Titien : (http://img363.imageshack.us/img363/2272/tombeautitien9jr.th.jpg)(http://img363.imageshack.us/my.php?image=tombeautitien9jr.jpg)

L’enlèvement de Déjanire par Guido Reni : Quatre toiles qui ont également voyagé entre Mantoue, Charles 1er avant d’atterrir chez Jabach : (http://img363.imageshack.us/img363/3038/dejanira4vn.th.jpg)(http://img363.imageshack.us/my.php?image=dejanira4vn.jpg)

Nature morte de Jan Heem (1630) qui est la première toile nordique moderne et première nature morte à entrer dans les collections royales : (http://img363.imageshack.us/img363/6096/heem5qm.th.jpg)(http://img363.imageshack.us/my.php?image=heem5qm.jpg)

Vierge au lapin du Titien, entrée au Louvre en 1665 : (http://img363.imageshack.us/img363/5633/lapin0tk.th.jpg)(http://img363.imageshack.us/my.php?image=lapin0tk.jpg)

A cela s’ajoute 13 toiles de Nicolas Poussin achetées par Colbert à Nicolas Fouquet en 1664 dont :

Eliézas et Rebecca au puits : (http://img294.imageshack.us/img294/7509/rebeccapuits8bl.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=rebeccapuits8bl.jpg)

Saint Jacques le Majeur face à la Vierge : (http://img294.imageshack.us/img294/7018/jacquesmajeurpousson4yw.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=jacquesmajeurpousson4yw.jpg)

Les 4 Saisons : (http://img294.imageshack.us/img294/7412/printemps1ms.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=printemps1ms.jpg) (http://img294.imageshack.us/img294/6076/41summer5ay.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=41summer5ay.jpg) (http://img294.imageshack.us/img294/5339/42autumn1lc.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=42autumn1lc.jpg) (http://img294.imageshack.us/img294/2389/42winter8ku.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=42winter8ku.jpg)

En 1646, Le Brun créé l’Académie de peinture et de sculpture

En 1671, Jabach traverse une crise financière qui l’oblige à vendre 101 toiles à Colbert et 5.542 dessins !

La mort de la Vierge du Caravage : (http://img294.imageshack.us/img294/9286/mortvierge0tw.th.jpg)(http://img294.imageshack.us/my.php?image=mortvierge0tw.jpg)

Le concert champêtre du Titien : (http://img398.imageshack.us/img398/5088/champtretitien3rd.th.jpg)(http://img398.imageshack.us/my.php?image=champtretitien3rd.jpg)

Portrait d’homme de Van Dyck : (http://img398.imageshack.us/img398/9573/hommevandyck1id.th.jpg)(http://img398.imageshack.us/my.php?image=hommevandyck1id.jpg)

Portrait de femme de Van Dyck : (http://img398.imageshack.us/img398/44/damevandyck4vi.th.jpg)(http://img398.imageshack.us/my.php?image=damevandyck4vi.jpg)

Portrait d’Anne de Clèves par Hans Holbein : (http://img482.imageshack.us/img482/8880/annecleveholbein8oi.th.jpg)(http://img482.imageshack.us/my.php?image=annecleveholbein8oi.jpg)

Parmi les dessins, on trouve 2.631 dessins d’ordonnance qui sont des compositions achevées avec un cadre blanc ou doré dont :

Etude de main de Sarto : (http://img482.imageshack.us/img482/3415/mainsarto7iz.th.jpg)(http://img482.imageshack.us/my.php?image=mainsarto7iz.jpg)

Le Val d’Arco, aquarelle de Dürer : (http://img482.imageshack.us/img482/4604/valarcodurer8iw.th.jpg)(http://img482.imageshack.us/my.php?image=valarcodurer8iw.jpg)

Le reste est formé de 2.911 « rebuts » qui ne sont que des esquisses ou des portraits dont :

Etude de tête d’homme de Sarto : (http://img482.imageshack.us/img482/3402/hommesarto2fa.th.jpg)(http://img482.imageshack.us/my.php?image=hommesarto2fa.jpg)

Tête de femme par Verrochio : (http://img482.imageshack.us/img482/3910/femmeverrocchio5vg.th.jpg)(http://img482.imageshack.us/my.php?image=femmeverrocchio5vg.jpg)


En 1680, le roi souhaite se retirer de plus en plus au pavillon de chasse de son père à Versailles. Un inventaire des tableaux est fait trois ans plus tard par Le Brun qui comptabilise 483 œuvres dont :

La Vénus d’Arles, qui est un don de la ville éponyme pour Versailles : (http://img374.imageshack.us/img374/8084/venusarles8ni.th.jpg)(http://img374.imageshack.us/my.php?image=venusarles8ni.jpg)

Hermès rattachant sa sandale de Lysippe (acquis en 1665) : (http://img374.imageshack.us/img374/7660/hermes5dt.th.jpg)(http://img374.imageshack.us/my.php?image=hermes5dt.jpg)

Petit bronze représentant l’enlèvement de Déjanire par Giambologna (acquis en 1665) : (http://img374.imageshack.us/img374/3605/djanire6fz.th.jpg)(http://img374.imageshack.us/my.php?image=djanire6fz.jpg)


Les derniers travaux au Louvre

En 1664, la Galerie d’Apollon est surchargée d’œuvres. Un projet de Le Vau en 1692 propose de retirer la bibliothèque pour placer les tableaux.

Finalement, la cour se replit à Versailles où la galerie des ambassadeurs du 1er étage sert à y placer les œuvres. Cette galerie du château est décorée par les élèves de Le Brun en s’imprégnant de la Galerie Farnèse avec le Triomphe de Bacchus et Ariane. Il devient un modèle de l’art académique français. Les collections joueront en outre un rôle didactique pour les jeunes artistes

Et le Louvre pourri sur place une nouvelle fois…

******

Ce post fera l'objet de réédition ;) (un long post par page, c'est pas mal tiens :P)

D's©

Posté: Dimanche 29 Janvier, 17:04:04

Dites voir, les enfants, quels sont ceux qui ne peuvent rien voir de la partie XVIIème siècle (Louis XIII, Anne d'Autriche, un morceau de Louis XIV) ? Sur le paicai du bureau, je n'ai plus rien d'affiché au moment où je tombe sur le portrait de Louis XIII qui me fait un dégradé jusqu'à atteindre la fin de mon premier post sans que je puisse lire ou voire quoique ce soit d'autre...

Le XVIIIème (Louis XV et XVI) viendra en fin de semaine.

D's©
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: Kamen le 31 Janvier 2006 à 10:05
Pas de probleme pour ma part. J'ai pu tout lire (ouf!).

Question a propos de l'allegorie des Vices du Correge... Et son pendant avec les vertus. C'est moi ou le tableau est tres... derangeant? Je ne sais pas, le faune sur le devant, la "pipoteuse" aux joues difformes derriere, ce tableau me donne froid dans le dos.
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jou
Posté par: iDam le 27 Février 2006 à 17:55
A l'attention de mes fans choupi-kawaii-gnagnagna : je reprends du service cette semaine avec Louis XV/XVI ^^ ... j'espère trouver du temps de cerveau disponible pour vous fournir tout ça avant samedi (déjà que je suis en train de me refaire les épisodes d'Emma pour faire un mini-dossier sur le Crystal Palace et les arts de l'Angleterre victorienne... mais on y arrivera !)

D's©
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: Ayou le 27 Février 2006 à 18:01
Vive les filles K-Way©moi !!
Bon courage pour la suite alors :jap:
Titre: Re : Le Louvre : Histoire d'un palais royal devenu musée, des origines à nos jours
Posté par: Kamen le 27 Février 2006 à 18:32
Yes! Alors Damien, si ton dossier sur l'art victorien est dispo, je suis preneur, j'adore cette periode (meme si je suis un beotien complet sorti de la litterature de l'epoque). Et pour la partie Louis XV-XVI, OUIIIII! Ma periode francaise preferee! Que de cadeaux, je suis comble... :)
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: iDam le 10 Mai 2006 à 16:01
LE XVIIIeme SIECLE

Louis XIV, XV et XVI (1680-1789) : L'abandon du Louvre

Panorama de l'Europe :

A cette époque naît un mouvement d'idées et une réflexion sur les notions de collections et de musées. La collection était jusqu'ici privée et constituée sur le modèle du cabinet de curiosités. Peu à peu, les collectionneurs agissent de façon plus scientifique, aboutissant à un regroupement méthodique des fonds selon un classement par catégories. Les notions de collections et de recherches fusionnent et donnent naissance à l'idée de la collection publique pour diffuser des savoirs. La catégorisation rompt ainsi avec l'ancienne profusion et l'entassement. la collection s'ouvre donc par la clarté de vision de ces objets, permettant une meilleure compréhension en introduisant l'importance à l'éducation via l'appuie de bases scientifiques.

Quelques exemples :

- En 1719, Pierre le Grand fonde Saint-Petersbourg comme une "Nouvelle Rome" et y créé un cabinet de curiosités porté sur l'histoire naturelle.
- En 1737, Anna Maria Ludovica Médicis donne à l'Etat de Toscane la collection familiale. la Galerie des Offices s'ouvre alors en une administration publique d'état.
- En 1753, La Parlement de Londres achète la collection du directeur Hans Slone et fait de son cabinet le noyau de la collection du futur British Museum, inauguré en 1759.
- En 1758, le musée de Naples est constitué autour des résultats de fouilles des sites de Pompéi et de l'Herculanum en 1750.

Les polémiques :

Dès 1740, la France commence à fonder des collections publiques. Lorsque Louis XIV rejoint Versailles en 1682, les artistes du Louvre le rejoignent et laisse le palais dans un état de dégradation important. La Louvre devient alors un îlot d'habitations qui se forme au milieu de la Cour carré, empechant le Grand Desseiin d'henri IV de se concrétiser. Malgré la déchéance du lieu, Louis XV demeurera à Versailles et ne se souciera point de l'avenir du palais de ses aïeux.

En 1745, Voltaire écrit "Des embellissements de Paris" dans lequel il dénonce l'état de délabrement de ce quartier devenu malfamé. 7 ans plus tard, Lafont de Saint-Yenne écrit, sous couvert d'anonymat, "L'ombre du Grand Colbert" qu'il publie à Amsterdam. Cet ouvrage se construit en un dialogue entre le Louvre et Paris. Son titre évoque le ministre qui avait tant fait pour que la Cour ne quitte pas le Louvre. Ce pamphlet stigmatise la misère qui accable l'environnement de ce haut lieu et en parle comme d'un "asile de hiboux", de "barbarie dont on ne pourrait trouver d'autres exemples" mais également de lieu "exposé à une prochaine ruine par cet abandon, et livré à l'excès de l'indécence et du déshonneur par tout ce qui l'environne".

Plan de Turgot, 1730 : On y voit une cour carré inachevée et occupée par des habitations :

(http://www.image-dream.com/membre/up/mini_anonym/4c1e0473a6d8ae810aa1246572006c96.jpg)(http://www.image-dream.com/image.php?image=4c1e0473a6d8ae810aa1246572006c96.jpg&pseudo=anonym)

Ces critiques conduisent les architectes Soufflot et Gabriel à terminer les toitures de la cour carré (partie nord-est) avant de détruire les îlots de baraquements. En 1753, Gabriel aménage la place à l'extrêmité occidentale du jardin des Tuileries avant d'exécuter les plans, entre 1755 et 1759 pour installer le Grand Conseil dans l'aile de la Colonnade.

Le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments, est touché par les écrits de Saint-Yenne dans cette manière de faire éclater une polémique pour faire revivre la ville autour du palais par des sociétés et des salons. De tels projets permettraient de développer un contre-pouvoir dans la volonté de redonner au Louvre une place de choix. Le marquis va chercher à achever lui-même le palais avec son propre budget. Il commence par faire restaurer la Colonnade et y élève un second étage pour s'harmoniser avec ceux des pavillons Lescot et Lemercier. Mais son projet s'arrêtera là... .

Les Salons au Louvre : L'ouverture des collections dans la Grande Galerie

Les boiseries de la galerie sont en piteux état et servait d?asile aux rats et aux chauves-souris qui rongeaient les plan les plans en relief des villes fortifiées du royaume, installés depuis 1697.

En 1692, l'Académie de Peinture et de Sculpture est installée dans la Grande Galerie, la Galerie d'Apollon et les appartements d'Anne d'Autriche. La même année est fait don du Palais Royal (actuel Conseil d'Etat) au Duc d'Orléans, frère de Louis XVI.

A l'occasion de la Saint Louis, le 25 août 1699, un premier salon est ouvert dans la partie occidentale de la Grande Galerie peinte par Poussin. L'entrée est libre. Lafont de Saint-Yenne profite de cet événement pour relancer une autre critique dans « Réflexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture » pour constater l'avilissement de l'école française de peinture. Le remède qu'il prône est l'installation au Louvre de la collection royale, cachée à Versailles, pour relancer des styles et des canons artistiques.

A partir de 1725, le Salon se tient au Salon carré, d'où l'appellation de cette salle. Cette partie est actuellement occupée par les primitifs italiens. Tous les deux ans, une manifestation se produisait pour inciter l'ouverture au public. Ce fut l'occasion pour Diderot de créer la critique d'art en publiant un premier livret sur l'explication des toiles exposées.

Le Luxembourg, prémisse de la collection publique :

De 1746 à 1751, Louis XV décide, sous l'instigation de sa maîtresse, la marquise de Pompadour, de sélectionner 99 toiles qui seront installées au Palais du Luxembourg près du Louvre. Prises en charge par le Surintendant Lenormant de Tournehem, ces œuvres serviront de modèles aux artistes. Il s'agit là d'une première tentative à montrer des collections privées au public. Cette initiative sera poursuivie dans son élaboration avec la publication de catalogues et de règlements de visites entre 1750 et 1759. Les salles d'exposition étaient ouvertes les mercredi et samedi de 9h à 12 en hiver et de 15h à 18h en été (oui, oui, je suis allé chercher très loin ce genre d'informations :P).

Voici ce qu'on pouvait y voir (les images sont visibles plus haut) :

- Cycle Médicis de Pierre-Paul Rubens
- Charité d'Andréa del Sarto : cette toile était présentée seule sur un chevalet dans une antichambre.

Les artistes, les genres et les périodes sont mélangées, ce qui permet une meilleure confrontations des styles mais une importante confusion chronologique. Une salle était dédiée au XVIIème siècle avec des œuvres du Lorrain, de Le Sueur, de Poussin ou encore de Brun. Une autre salle exposait des œuvres à la gloire de Louis XIV avec le noyau de la collection royale (Vince, Raphaël, Véronèse et Rubens).


Louis XVI et Angiviller

(http://www.image-dream.com/membre/up/mini_anonym/d2c529a4f614313449f27222357fe42b.jpg)(http://www.image-dream.com/image.php?image=d2c529a4f614313449f27222357fe42b.jpg&pseudo=anonym)

Le comte Charles-Claude de La Billarderie d'Angiviller (1730-1809) est le directeur des Bâtiments du Roi en 1774. Il présente un plan d'aménagement de la grande Galerie du Louvre vers 1779. Cet administrateur doit remédier aux critiques qui ont été formulées sur la remise en ordre de l'académie. Il met donc en place un art académique exprimant le pouvoir et affirmant des valeurs morales et vertueuses. Il souhaite ainsi un retour à l'antique. Cette réforme s'effectue en partenariat avec le maître de David, Joseph Marie Vien, professeur d?une génération d'artistes qui s'impliquent dans la vie politique en s'imprégnant de l'art romain.

Les grandes commandes débutent dès 1774 où il s'agit de réaliser des tableaux historiques et des statues des grands hommes. Cette opération aura ensuite lieu tous les deux ans de 1777 à 1789. On en profite pour transférer les plans en relief de la Grande Galerie aux Invalides pour créer un museum au Louvre.

En 1777, le Salon expose 18 statues d'hommes illustres de la France comme Sully, Descartes de Pajou.

En 1778, une commission des travaux de la Grande Galerie se constitue pour réfléchir à l'installation des collections. Les membres éminents sont le peintre Hubert Robert, l'architecte Germain Soufflot et le sculpteur Augustin Pajou. Un premier examen de la Grande Galerie montre la longueur absolument disproportionnée des espaces. Il est indispensable de la couper par des colonnes, mais, saisis d'admiration devant son immensité grandiose, les architectes jugèrent à l'unanimité qu'il ne fallait pas diviser cette galerie unique au monde.

Le comte d'Angiviller dicte les sujets des tableaux (grandes vertus, histoire) mais les artistes protestent devant ces thèmes épuisés. Le directeur finit donc par leur laisser la liberté du sujet.

1785 marque un grand essoufflement dans les thèmes exposés au salon qui sont imposés, chose détestable contre la volonté créatrice. La pièce maîtresse de cette année est le Serment des Horace de David :

(http://www.image-dream.com/membre/up/mini_anonym/2b0b6fc8925fe90e1fe3b18fd67090e7.jpg)(http://www.image-dream.com/image.php?image=2b0b6fc8925fe90e1fe3b18fd67090e7.jpg&pseudo=anonym)

La même année, on assiste à un rapatriement des collections de Versailles dont les 22 toiles de la vie de Saint Bruno peintes par Le Sueur mais également la Sainte Famille de Rubens. Une des autres oeuvres majeures est le Mendiant de Murillo, première œuvre espagnoles à intégrer le Louvre : (http://www.image-dream.com/membre/up/mini_anonym/3d2ff202d03a0f03d11dbdae12ae679d.jpg)(http://www.image-dream.com/image.php?image=3d2ff202d03a0f03d11dbdae12ae679d.jpg&pseudo=anonym)

Songe de Bruno : (http://www.image-dream.com/membre/up/mini_anonym/da25d482188ae892376f86aae956e7d0.jpg)(http://www.image-dream.com/image.php?image=da25d482188ae892376f86aae956e7d0.jpg&pseudo=anonym)

Le 15 mai 1786, l'Académie d'Architecture rend son rapport à la commission du Louvre sur les travaux à engager dans la Grande Galerie pour accueillir une partie du fonds royal :

- Elle ne doit pas être divisée
- Il convient de placer un éclairage zénithal pour un meilleur confort de lecture en évitant les reflets sur les vernis. Un essai concluant sera réalisé au salon carré en 1789.
- La voûte de la galerie doit être démolie et reconstruite
- Remplacer la charpente de bois par de la pierre pour parer aux incendies.
- Supprimer le décor inachevé de Poussin

On remarque que ce rapport dresse avant l'heure les première mesures en matière de conservation préventive pour protéger au mieux les œuvres exposées au public.


Hélas, les travaux seront interrompus après une prise de la Bastille... .

D's©

Posté: Samedi 06 Mai, 14:27:31

LA REVOLUTION FRANCAISE

1789-1795 : Des mesures radicales !

La politiquer du comte d'Angiviller fait évoluer l'idée de musée dans le palais. La révolution fait basculer cette institution royale en établissement national publique.

Le 27 juin 1789, le comte souhaite mettre en lieu et place un musée au cœur du palais séculaire des Rois de France. Le projet est accepté par les Etats Généraux et un rapatriement des collections royales depuis Versailles et Fontainebleau s'effectue.

Mais la Révolution va chambouler quelques points dans ce chantier en nationalisant, le 2 novembre 1789, les biens du Clergé (églises, abbayes, cathédrales). Le peuple croira donc avoir toutes les dispositions pour décider du sorts des statues et du mobilier qui sera dérobé ou détruit.

Les répercussions se font ressentir en 1790 lorsque l'Assemblée nationale prend conscience de la nécessité de conserver les œuvres et faire face au vandalisme. En décembre, une commission des Monuments voit le jour et réalise un inventaire des arts nationalisés.

Le 6 juin 1791, un élève du peintre Doyen, Alexandre Lenoir prend la tête de la commission et jouera un rôle déterminant dans les années à venir.

(http://img351.imageshack.us/img351/5695/890000254hh.th.jpg)(http://img351.imageshack.us/my.php?image=890000254hh.jpg)

Cette gravure le présente en train d'empêcher les sans-culottes de détruire les œuvres de la Basilique Saint-Denis : (http://img389.imageshack.us/img389/925/990163666on.th.jpg)(http://img389.imageshack.us/my.php?image=990163666on.jpg)

Pour le moment, il dresse une liste sélectionnant les œuvres qu'il faut conserver de celles qui seront utiliser comme réserve militaire (fonte de métaux pour concevoir des canons et de la monnaie). Le tri fait, Lenoir transfère le fonds au couvent désaffecté des Petits Augustins (actuelle Ecole nationale Supérieure des Beaux-Arts, face au Louvre) qui centralise les arts ecclésiastiques parisiens.

Auparavant, le 26 janvier, le royaliste clandestin Quatremère de Quincy écrit une « Considération sur les arts du dessin » et prône le rôle du musée dans l'enseignement artistique par l?intermédiaire d?une convergence de l'objectif des arts de David et la création d'une collection d'antiques pour servir de modèles aux artistes.

(http://img424.imageshack.us/img424/4218/88004352027ja.th.jpg)(http://img424.imageshack.us/my.php?image=88004352027ja.jpg)

Le 9 novembre 1791, c'est au tour des biens des émigrés nobles et royaux d'être confisqués. On leur confère un statut public et certaines ne survivent pas l'iconoclasme ambiant comme la statue de Louis XIV de la Place des Victoires qui est déboulonnée est fondue (l'actuelle sculpture de bronze est une copie du XIXème siècle). Des gens tentent alors de lancer un appel à la protections des œuvres de l'Ancien régime dont on veut faire « tabula rasa ».

Le projet d'Angiviller prend une résonance différente puisqu'il ne devait concerner que le Grande Galerie pour la collection royale, mais de 1789 à 1791, la collection s'est considérablement agrandie et doit donc occuper plus d'espace. Des groupes de pression se constituent pour revendiquer la direction du futur musée. Le plus puissant est celui de la Commune des Arts qui ont le dessin pour base. David en est le chef de file et revendique la formation artistique comme principal objectif dans la création de l'institution.

Quatremère de Quincy réitère dans une seconde « Considération » le 18 mai 1791 où il réclame un chef-lieu central. Le Louvre deviendrait selon lui l'institution des culture des Arts et techniquues qui forment les connaissances humaines.

Le 26 mai, l'Assemblée Constituante décrète que le Louvre et les Tuileries seront utilisés pour le Roy et les Arts. Ce concensus entre le respect pour le monarque et la réforme des collections échafaudent une véritable notion de collection nationale.

Après 1791, beaucoup d'œuvres nationalisées rejoignent les rangs de l'inventaire. Il s'agit alors d'amorcer une réflexion sur la muséographie et bâtir des espaces « ex nihilo ». Les salons sont abolis et le grand genre qu'est la peinture d'Histoire doit glorifier la nouvelle époque basée sur les héritages des Lumières.

Les événements s'enchaînent depuis l'arrestation à Varennes du roi qui est assigné à résidence au Tuileries. Cette tentative est punie par la saisie totale des biens de la Couronne le 10 août.

Le 1er octobre, le ministre de l'Intérieur de l'Assemblée Girondine, Roland, reprend les idées d'Angiviller avec la nomination du Musée et ses six membres qui doivent ouvrir le Louvre et veiller à son aménagement. Il y a dans ce projet une indéniable valeur politique qui doit illustrer dans toute sa grandeur la République Française.

(http://img424.imageshack.us/img424/4043/88004391022do.th.jpg)(http://img424.imageshack.us/my.php?image=88004391022do.jpg)

Le 17 octobre, Roland écrit au député-peintre David de la Convention nationale et lui demande à faire du Louvre un « lieu touristique » ainsi qu'une école d'apprentissage aux artistes, au public, aux amateurs et aux copistes. Mais David refuse que le lieu serve à d'autres personnes que les artistes. Roland était en quelques sorte le premier à s'interroger sur les publics des musées.

1793 est une année noire marquée par la destruction des effigies royales commanditée par les Montagnards et Robespierre. Les premières victimes sont les tombeaux royaux à Saint Denis et la galerie des rois à Notre-Dame. Ces événements touchent profondément l'Abbé Grégoire qui se lance dans la rédaction d'un rapport contre le vandalisme. En devenant public, l'art doit toujours susciter le respect citoyen, même pour les objets royaux. Commissions et associations se créent pour préserver les arts anciens.

(http://img357.imageshack.us/img357/8028/88004636011ne.th.jpg)(http://img357.imageshack.us/my.php?image=88004636011ne.jpg)

Un autre personnage important fait son apparition : Jean-Baptiste Lebrun, époux de Madame Vigée-Lebrun, artiste de Marie-Antoinette en exil. Ce marchand d'art et expert organise des ventes dans son hôtel particulier et sera à l'origine d'une important controverse avec la Commission des Monuments de Lenoir. En effet, le 14 janvier 1793, il rédige une « Réflexion sur le museum national » dans lequel il propose une classification des œuvres selon son bon vouloir. Il faut préparer un accrochage par date et par école dans la Grande galerie et ainsi organiser une évolution de l'Histoire de l'Art en Europe. Cette vision historienne à visée scientifique et encyclopédique ne fait pas l'unanimité puisque Lebrun ne se gène pas pour souligner l'incompétence de David et des artistes qui le soutiennent pour réaliser un tel chantier muséographique. Cela demande de la recherche et de véritables connaissance. La modestie de l'expert n'a pas de limite... .

Et comme une attaque ne suffit pas, Lebrun s'allie avec Quincy pour contester le projet de Roland qui souhaite une ouverture publique. Ce dernier abandonnera devant tant de pression et offre sa démission le 23 janvier. Il est remplacé au pied levé par Garat qui souhaite une amélioration de l'éclairage de la Grande Galerie. Le peintre Hubert Robert se chargera de ce projet.

Enfin, le 10 août 1793, le museum national des Arts au Louvre est inauguré. Un catalogue est réalisé à cette occasion. Il faut cependant attendre une ouverture officielle le 18 novembre avec un règlement basée sur la « semaine révolutionnaire » :

5 jours de la décade : ouvert aux artistes
2 jours de la décade : installations et nettoyage
3 jours de la décade : le public

60 vétérans de la révolution font office de gardien et pose des interdits comme toucher les œuvres et refusent l'entrée aux ivrognes et aux chiens. Des éléments qui existent encore de nos jours, améliorés et moins raides, bien entendus.

Contre toute attente, les œuvres ne sont finalement pas présentées selon la vision scientifique et hiérarchisée de Lebrun mais selon un mélange des artistes et des genres pour permettre une confrontation libre. La Grande Galerie accueille dans sa partie orientale 538 toiles dont 400 issues de la collection royale (200 proviennent du fond Louis XIV). La répartition des tableaux est ici ordonnée par écoles tandis que 124 œuvres sont sorties des dépôts par la vente Choiseul Pralins comme le casque et le bouclier de Charles IX ou encore le trésor de Saint-Denis (aiguière en cristal de roche, patène en émail, etc.).

(http://img388.imageshack.us/img388/9897/870058992zg.th.jpg)(http://img388.imageshack.us/my.php?image=870058992zg.jpg) (http://img388.imageshack.us/img388/4728/970174488nh.th.jpg)(http://img388.imageshack.us/my.php?image=970174488nh.jpg)

En décembre, la Commission des Monuments est dissoute en faveur de la création d'une Commission temporaire des Arts qui inventorie les dépôts de la République.

L'année 1794 débute par la présentation de David à la Convention d?un rapport où il réclame un conservatoire du museum composé de 10 membres répartis en quatre sections : Peinture, Sculpture, Architecture et Antiquités. Il souhaite par la même occasion la suppression de la nouvelle Commission et la refonte du Louvre. Rien de moins... . Son projet est adopté et le nouveau conservatoire a pour mission de protéger, inventorier et écrire un catalogue raisonné des collections. Bref, faire les premiers pas de la muséologie.

Au mois de février, les victoires républicaines dans les Flandres permet l'obtention de butins de guerre pour le museum.

Le beau temps se couvre avec le 9 thermidor et la chute de Robespierre. David a tout juste le temps de donner la directive de son conservatoire, l'inventaire et le catalogue raisonné.

Il faut attendre une accalmie pour se concentrer à nouveau sur l'évolution du museum. Ainsi, en mars 1795, le conservatoire retire de tous les dépôts les oeuvres nécessaires au musée comme celui de Lenoir aux Petits Augustins alors que cet homme est sur le point d'achever son Musée des Monuements Français (octobre 1795, nous en reparlerons dans un autre chapitre si cela vous dit :)). Ce musée était organisé selon une présentation chronologique des œuvres dans des salles et mises en situations plus ou moins contextuelles dans des décors d'ambiance. Après quelques batailles, il obtient l'accord de ne céder que les sculptures. Le Louvre tentaculaire est né.

Quant à la Grande Galerie, elle est peinte en vert sombre et est occupée dans sa totalité mais divisé par différentes sections matérialisées par des niches renfermant des statues antiques et encadrées par des colonnes qui remplaceront les fenêtres installées entre 1796 et 1798.

(http://img462.imageshack.us/img462/815/980214911bk.th.jpg)(http://img462.imageshack.us/my.php?image=980214911bk.jpg)

Hubert Robert réalise à cette époque plusieurs dessins pour son projet d'éclairage zénithal dans cet espace du musée.

(http://img462.imageshack.us/img462/2194/880020343yn.th.jpg)(http://img462.imageshack.us/my.php?image=880020343yn.jpg)

To be continued...

D's©

Posté: Mardi 09 Mai, 22:09:10

LE DIRECTOIRE - 1795-1800

Le Museum Central des Arts : objectifs et acquisitions

Après les journées de Thermidor débute la période du Directoire, au cours de laquelle sont engagées des conquêtes hors des frontières. Plusieurs victoires sont les clés du succès de ce régime auprès de la population. Le musée n'est plus remis en cause et s'installe progressivement dans le Louvre. Depuis la politique d'Angiviller et la nationalisation des biens, le projet s'est amplifié par les butins de guerre et sa muséographie. L'accrochage à touche-touche de bas en haut et à contre-jour montre cependant la difficulté à aménager les salles.

Le 20 janvier 1797, le ministre de l'Intérieur (Garat ?) décide de changer l'appelation de "museum national" en "Musée central des Arts". Il fixe également un nouveau réglement confirmant le rôle de rassemblement des collections dans le palais du Louvre avec l'apport des saisies de guerre comme les oeuvres d'Egypte ou d'Italie. Deux jours plus tard, un arrêté confirme sur 12 articles l'organisation du musée.

Article 7 : Nul tableau ne sera mis en restauration que sur acceptation de l'administration.

Article 8 : Composition de l'administration du musée en deux groupes :

1) Un Conseil d'artistes :

- Hubert Robert (Peinture) (http://img225.imageshack.us/img225/4223/robert1jv.th.jpg)(http://img225.imageshack.us/my.php?image=robert1jv.jpg)

- Charles de Wailly (Architecture) (http://img68.imageshack.us/img68/2905/wailly1rr.th.jpg)(http://img68.imageshack.us/my.php?image=wailly1rr.jpg)

- Augustin Pajou (Sculpture) (http://img68.imageshack.us/img68/8546/pajou0zu.th.jpg)(http://img68.imageshack.us/my.php?image=pajou0zu.jpg)

Chaque section possède son directeur et son assemblée.

2) Un quatuor de gestionnaires :

- L'architectue Léon Dufourny (administration)
- Bernard-Jacques Fourbet (adjoint)
- Athanase Lavallée (secrétaire)
- Jean-Baptiste Lebrun (commissaire-expert). Ce dernier est en charge de la conservation et l'exposition des oeuvres.

3 réunions ont lieu par décade.

Un inventaire de 1797 dénombre 831 oeuvres d'art conservées au musée :

- Ecoles du Nord : 190 tableaux
- France/Italie : 169 tableaux
- Histoire : 302 tableaux
- Sculpture : 45 pièces (les autres sont au Musée des Monuments Français de Lenoir)
- Objets d'art : 125 objets exposés dans la Grande Galerie et la Galerie d'Apollon

Le rapport du Musée Central avec les autres institutions muséales : Versailles et la province

Entre 1796 et 1797 a lieu une vente aux enchères du mobilier royal de versailles. Ce château vide possède un potentiel à occuper. Il serait donc louale d'ouvrir les monuments historiques au public. Ainsi, le 10 février 1797, est créé, dans les appartements royaux de Versailles, un musée spécial de l'Ecole Française qui retrace le panorama de l'art avec une exhaustivité d'oeuvres. Il faut cependant conserver un noyau précieux au Louvre. Lebrun s'en charge et garde de côté 141 toiles :

- Les quatre saisons de Nicolas Poussin (voir plus haut).

- La Raie de Jean-Baptiste Siméon Chardin (http://img221.imageshack.us/img221/2338/raie0hw.th.jpg)(http://img221.imageshack.us/my.php?image=raie0hw.jpg)

- L'embarquement pour Cythère de Jean-Antoine Watteau (http://img58.imageshack.us/img58/475/cythre1mu.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=cythre1mu.jpg)

Le Louvre envoie au bout du compte 578 tableaux et 78 sculptures à Versailles. ce transfert offre ainsi une possibilité de recadrer le musée dans son universalisme avec une vision séletive et adéquat pour le public.

Parallèlement, la province suit l'exemple parisien et les musées commencent à se créer grâce aux écoles de dessins qui jouent d'importants rôles dans la diffusion des arts deouis 1750. Chacune de ces écoles possèdent un fonds composé de moulages, de copies et d'oeuvres locales. De 1791 à 1797, les départements réclament au pouvoir central l'ouverture de musées dans leurs grandes villes. Le Louvre, croûlant sous les saisies, reverse quelques collections aux provinces pour lancer des politiques pédagogiques dans ces nouvelles institutions.

Le 31 août 1801, le ministre de l'Intérieur, Chaptal, répartit 400 tableaux du Louvre dans 15 villes de province :

(http://img97.imageshack.us/img97/685/chaptal2dz.th.jpg)(http://img97.imageshack.us/my.php?image=chaptal2dz.jpg)

- Lyon
- Bordeaux
- Strasbourg
- Rouen
- Marseille
- Nantes
- Dijon
- Toulouse
- Caen
- Lille
- Rennes
- Genève
- Nancy
- Bruxelles
- Mayence

La création véritable des musées de province ne prendra réellement lieu avec l'entérinement d'un décret le 1er septembre 1881 à la condition que ces institutions prennent en charge la maintenance et l'ordonnance des collections confiées.

Evolution des collections du Musée central : l'Italie

Tandis que les prises de guerre sonnent à la porte du Louvre, Léon Dufourny relancent des opérations d'aide au financement de l'établissement. Entretemps, Lebrun réalise une enquête dans les pays conquis pour récupérer des oeuvres françaises. 4 commissions correspondant à 4 conquêtes vont se succéder de 1797 à 1804.

1796-1797 : Conquête de l'italie du Nord par Bonaparte, fraîchement nommé général en chef des armées françaises. Lors des armistices militaires, Bonaparte ne fait plus mention de la saisie d’½uvres. Il est embarrassé par ce butin de guerre mais souhaite obtenir la collection Piémont Sardaigne et n’y arrive pas légalement.

Le général Cleuzel, qui accompagnait Bonaparte lors de la conquête de Turin, se fait offrir une ½uvre à titre personnel et en fera don au Louvre en 1799 : Le femme hydropique de Gerrit Dou. Ce tableau forme le premier don privé du musée.
(http://img136.imageshack.us/img136/3971/hydropique8uy.th.jpg)(http://img136.imageshack.us/my.php?image=hydropique8uy.jpg)

Le prélèvement des ½uvres d’art est mentionné dans les traités avec les régimes vaincus. Bonaparte est attentif à la politique de saisie des ½uvres pendant ses campagnes. Cependant, cette politique de rapatriement provoque des polémiques en France puisque l’opinion publique ne veut surtout pas faire revivre la notion de vandalisme.

Deux autres ½uvres amenées en France depuis Bologne et Milan :

Sainte Cécile de Raphaël : (http://img60.imageshack.us/img60/3065/ccile7oh.th.jpg)(http://img60.imageshack.us/my.php?image=ccile7oh.jpg)

Couronnement d’épines du Titien : (http://img231.imageshack.us/img231/4048/crownin1tiziano5cg.th.jpg)(http://img231.imageshack.us/my.php?image=crownin1tiziano5cg.jpg)

En juillet 1796, le clandestin Quatremère de Quincy publie ses « lettres à Miranda » sur le préjudice qu’occasionneront le transport d’½uvres en Italie sur les arts et les sciences. Il met en évidence son opposition sur les saisies de Bonaparte et demande à montrer que l’esprit de conquête est subversif de l’esprit de liberté dans une république. Il pressent un empire autoritaire car Bonaparte veut faire du Louvre un lieu politique. Quatremère voit mal la conquête de Naples et surtout de Rome qui constitue à elle seul un musée. Le soucis de création du Musée Central n’est plus respecté dans son idéologie finale. En effet, il ne propage pas mais disperse les idéaux des lumières : doit-on déraciner les ½uvres de leur contexte original ?

En février 1797, le traité de Tolentino concrétise les saisies de Bonaparte envoyées au Louvre :

- Apollon du Belvédère : (http://img61.imageshack.us/img61/9902/belvdre3zu.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=belvdre3zu.jpg)

- Antinous du Belvédère : (http://img259.imageshack.us/img259/9666/antinous1wz.th.jpg)(http://img259.imageshack.us/my.php?image=antinous1wz.jpg)

- Laocoon (détail d’un vase en porcelaine de Sèvre de 1813) : (http://img61.imageshack.us/img61/3447/laocoon8mo.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=laocoon8mo.jpg)

- Tireur d’épine : (http://img61.imageshack.us/img61/4523/pine0io.th.jpg)(http://img61.imageshack.us/my.php?image=pine0io.jpg)

- Martyre de Saint-Erasme de Poussin : (http://img80.imageshack.us/img80/8679/erasme2ys.th.jpg)(http://img80.imageshack.us/my.php?image=erasme2ys.jpg)

- Transfiguration de Raphaël : (http://img85.imageshack.us/img85/8448/22raphaelthetransfiguration3ta.th.jpg)(http://img85.imageshack.us/my.php?image=22raphaelthetransfiguration3ta.jpg)

- Torse du Belvédère : (http://img85.imageshack.us/img85/9380/im38718vatican6eb.th.jpg)(http://img85.imageshack.us/my.php?image=im38718vatican6eb.jpg)

- Vénus du Capitole : (http://img76.imageshack.us/img76/4552/venus6ll.th.jpg)(http://img76.imageshack.us/my.php?image=venus6ll.jpg)

- Gaulois mourant du Capitole : (http://img85.imageshack.us/img85/7554/gaulois9ux.th.jpg)(http://img85.imageshack.us/my.php?image=gaulois9ux.jpg)

- Mise au tombeau du Caravage : (http://img85.imageshack.us/img85/6941/miseautombeaup1nk.th.jpg)(http://img85.imageshack.us/my.php?image=miseautombeaup1nk.jpg)


En mai, Bonaparte arrive à Venise après avoir récupéré 600 manuscrits à Vérone. Il emporte le quadrige du fronton de la basilique San Marco ainsi que des toiles :

- (http://img132.imageshack.us/img132/8372/sanmarcochevaux2nl.th.jpg)(http://img132.imageshack.us/my.php?image=sanmarcochevaux2nl.jpg)

- Les noces de Cana de Véronèse : (http://img132.imageshack.us/img132/4149/cana1qf.th.jpg)(http://img132.imageshack.us/my.php?image=cana1qf.jpg)

- Le repas chez Levi de Véronèse : (http://img59.imageshack.us/img59/9817/fiestalevi9hv.th.jpg)(http://img59.imageshack.us/my.php?image=fiestalevi9hv.jpg)

Les premiers envois d’½uvres au Louvre démarrent en juillet.

Pendant ce temps, Léon Dufourny s’occupe des dessins. Ce membre de l’Institut dispose d’une formation d’architecte. Il collectionne les antiques et possède une bonne connaissance de cette époque. Il pense que l’enseignement du dessin est le fer de lance de la création au musée et un modèle de pédagogie dans l’étape préparatoire aux arts fondamentaux. Il effectue à sa nomination une mainmise sur le dessin et nomme, le 13 juin, Louis-Joseph Morel d’Arleux Garde des dessins et des Planches gravées. Ce dernier réorganise la collection et a l’intention de présenter ce fonds. Il décide d’une exposition dans la Galerie d’Apollon le 11 août. 477 dessins sont présentés sur les 11.000 en réserve. L’exposition illustre les différentes évolutions de cet art par classement alphabétique dans chaque école de manière chronologique. Une note est publiée tandis qu’une annonce, sous forme de banderoles, flotte à l’extérieur sous le nez des passants. La première publicité culturelle est née. Ce genre de mesures favorisent en effet la venue des publics. L’accès se fait toujours depuis le quai par la cour de la reine Anne d’Autriche.

L’Apollon du Belvédère entre triomphale à Paris en juillet sur le Champ de Mars. Il est stocké en plein air près de la cour carré. Le 24 novembre, le projet d’Hubert Robert concerne un aménagement du rez-de-chaussée des salles dans les appartements d’Anne d’Autriche. 13 salles sont crées par destruction de cloison pour obtenir une enfilade rythmée de colonnes en partant de la rotonde et donnant ainsi l’impression d’une galerie. Le Laocoon sera placé dans une niche bouchant une fenêtre sur la Seine dans le petit cabinet sur l’eau avec, perpendiculairement, l’Apollon du Belvédère. Ces deux ½uvres sont présentées sur un vase de Sèvres datant de 1813 :

(http://img146.imageshack.us/img146/6576/vase1uj.th.jpg)(http://img146.imageshack.us/my.php?image=vase1uj.jpg) (http://img232.imageshack.us/img232/1738/apolon6wq.th.jpg)(http://img232.imageshack.us/my.php?image=apolon6wq.jpg)

1798-1799 : Bonaparte conquiert les Etats du Pape (Florence, Rome) ainsi que Naples. Il rapporte de Florence 107 toiles dont :

- Vierge à la chaise de Raphaël : (http://img146.imageshack.us/img146/9532/vierge0gb.th.jpg)(http://img146.imageshack.us/my.php?image=vierge0gb.jpg)

- Vierge de la Victoire de Mantegna : (http://img80.imageshack.us/img80/6743/victoire8dc.th.jpg)(http://img80.imageshack.us/my.php?image=victoire8dc.jpg)

- Mariage de la Vierge du Pérugin :
(http://img143.imageshack.us/img143/7207/180pxpruginsposalizio8ff.jpg)(http://imageshack.us)

Enfin, la dernière campagne bonapartiste se déroule en Egypte jusqu’au Coup d’Etat du 18 Brumaire 1799 où Napoléon devient Premier Consul… .

De cette période, nous retiendrons les nombreuses saisies en Europe et les travaux muséographiques chargés de ponctionner les collections princières et royales.

To be continued…parce que certains vont avoir pas mal à lire  :mrgreen: :mrgreen:

D’s©
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: Kamen le 11 Mai 2006 à 00:55
Merci  mon cochon! :mrgreen:
Par contre, aucune image de la fin de l'Ancien Regime n'est visible...
Et... A propos du transport et de la conservation des oeuvres ponctionnees par la France revolutionnaire puis bonapartiste... Concretement, les tableaux et autres etaient massacres, ou bien on essayait d'y preter un minimum d'egard?
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: iDam le 7 Novembre 2006 à 11:39
Citation de Kamen le 11 Mai 2006 à 00:55
Merci  mon cochon! :mrgreen:
De rien, mon lardon !
Citation
Par contre, aucune image de la fin de l'Ancien Regime n'est visible...
Je ne suis pas chargé de traiter la chute du régime  :whistling2: ... demande plutôt à Spielou, fan number one de la sale autrichienne :D
Citation
Et... A propos du transport et de la conservation des oeuvres ponctionnees par la France revolutionnaire puis bonapartiste... Concretement, les tableaux et autres etaient massacres, ou bien on essayait d'y preter un minimum d'egard?
On les protégeait avec les moyens du bords... et forcément, quand on les empile dans des espèces de charettes sur des routes truffées de nids de poules et ouvertes aux pluies, à l'humidité et à la chaleur, plusieurs toiles ont morflées mais ont été restaurées depuis. Bien entendu, les plus célèbres étaient placées dans des caisses mais sans que cela aide à préserver les pigments de ssecousses lors des déplacements ni de l'humidité ambiante....

Voici quelques images des saisies arrivant au Louvre. La seconde montre Denon regardant les oeuvres venant d'Italie (à propos, Denon avait beau avoir occupé une haute fonction au Louvre au service de Napoléon, il n'en demeurait pas moins un sacré cochon avec ses dessins plus qu'érotiques et ses fables tournant autour de phallus géants :mrgreen:)

(http://img87.imageshack.us/img87/7879/oeuvres5ur.th.jpg)(http://img87.imageshack.us/my.php?image=oeuvres5ur.jpg) (http://img133.imageshack.us/img133/4771/denon5md.th.jpg)(http://img133.imageshack.us/my.php?image=denon5md.jpg)

Le Cabinet imaginaire de Denon où l'on peut voir la façon dont auraient été stockées les oeuvres : (http://img139.imageshack.us/img139/9070/cabinetimaginaire8qs.th.jpg)(http://img139.imageshack.us/my.php?image=cabinetimaginaire8qs.jpg)

Prochainement, un chapitre sur le Consulat avant plonger dans l'encyclopédique Musée Napoléon :classe:

D's©
Posted on: Thursday 11 May, 12:00:48
Mon dieu, comment ai-je pu laisser ce topic pourrir aussi longtemps...

(http://heidi.canalblog.com/images/pedago.JPG)

Je m'y remets cette semaine :)

D's©
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: squekky le 9 Janvier 2007 à 08:46
un peu Hs mais je suis un peu curieux :hypocrite:. Je viens de lire cet articlehttp://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-853061@51-853150,0.html(http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-853061@51-853150,0.html).
Et je voudrais savoir comment ca se passe en interne. Car ce genre de situation ne doit pas etre simple à gerer.

La culture francaise serait elle à louer. Est ce bien de preter ces oeuvres à court ou long termes ?
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: Kingelf le 9 Janvier 2007 à 10:36
 Si on paye bien, et que les oeuvres reviennent, pourquoi pas ?
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: iDam le 25 Février 2007 à 18:40
Citation de Kingelf le 9 Janvier 2007 à 10:36
Si on paye bien, et que les oeuvres reviennent, pourquoi pas ?
C'est plus compliqué que ça. Je suis en train de faire un tour dans la blogosphère des amateurs d'arts et conservateurs. Je donnerai une synthèse et un avis personnel à tout ça. Pour l'instant, je ne signe rien, car cette affaire me semble étrange et quelque peu décalée par rapport à la situation actuelle...

D's©
Posted on: Tuesday 09 January, 11:00:09
LE CONSULAT : 1800 – 1804

Dominique-Vivant DENON (1802-1815)

Le 2 décembre 1799, Napoléon nomme  Ennio-Quirino VISCONTI à la Garde des Antiques du Capitole, comme surveillant de ce musée à concevoir. Cet historien de l’art s’appuie sur les recherches les plus récentes pour ses connaissances, notamment des découvertes effectuées à Pompéi et Herculanum. Il se penche également sur les écriits de son prédécesseur, Winckelman, qui avait publié une première histoire de l’art antique grec allant jusqu’à la conquête d’Alexandre le Grand. Cette première chronologie montre la supériorité de l’art grec sur l’art romain et établit une classification scientifique des oeuvres. Visconti parle aussi de la valeur des copies romaines presque parfaits des originaux grecs. Il publie dans la foulée un plan-guide traduit en plusieurs langues de ce premier musée des antiques.

(http://img404.imageshack.us/img404/4040/90008317li7.th.jpg)(http://img404.imageshack.us/my.php?image=90008317li7.jpg)

Le 9 novembre 1800 a lieu l’inauguration des sept premières salles du Musée des Antiques en présence du Premier Consul. Les 113 oeuvres exposées et mettent en marche le future musée universel.

Le Musée Central, ouvert au plus grand nombre, voit des débats s’organiser avec une réflexion se constituer sur l’idée d’une présentation plus scientifique. A l’entrée dans le XIXème siècle, un besoin de structurer la politique artistique de la France se fait sentir. En effet, l’impulsion de la politique culturelle est le fait d’hoimmes politiques (les ministres de l’Intérieur) dépourvus de formation artistique.

Le 19 novembre 1802, un arrêté du ministre de l’Intérieur Chaptal décrète la création d’une direction du musée. Ce poste devient beaucoup plus large dans ses missions et est indépendant de celui du directeur de l’administration, occupé par Dufourny depuis 1797. Mais la tutelle sera vite soumise par Napoléon…
Ce directeur général dirige le Musée Central des Arts, le Musée Spécial de l’Ecole Française de Versailles, la Galerie du Luxembourg, la Monnaie, la Chalcographie, les ateliers de creation, le Musée des Monuments Français de Lenoir et la gestion des acquisitions ainsi que le transport des oeuvres d’art. Les musées provinciaux ne dependent toutefois pas de sa juridiction.

A ce statut est nominée le citoyen  Dominique-Vivant Denon. Pourquoi lui, alors que les candidatures du peintre David et du sculpteur Canova semblaient plus intéressantes ? Denon a de grandes qualities. Il est ancré dans la France des Lumières. Ce petit noble bourguinon arrive à Versailles en 1765 sous le nom De Non, au sein de la cour de Mme de Pompadour et de son frère le Marquis de Marigny. Formé à l’art de cour, il est agree à l’Académie de Peinture et de Sculpture en tant que graveur dans la catégorie Amateur. Il comprend l’émergence du Néoclassicisme et va y adhérer. Il a assumé cet équilibre d’une personne de l’Ancier Régime qui s’est jeté dans la Révolution (il était à Venise à ce moment-là) en adoptant une contraction de son nom. C’est un homme agaçant que l’on souhaite mettre à distance à l’aide de missions diplomatiques (Stockholm, Rome, Venise, Berlin, St Petersbourg) jusqu’en 1789. Il découvre les collections de Frédéric II de Suède, du roi de Naples ou encore de Catherine II de Russie et affuteront son insatiable curiosité de conserver un musée capable d'appréhender son siècle...

(http://img58.imageshack.us/img58/7763/98004842kz6.th.jpg)(http://img58.imageshack.us/my.php?image=98004842kz6.jpg)

Son arrivée sonnera le début du musée Napoléon qui servira la gloire de l’empereur selon une politique de centraliation des oeuvres, à  des fins pédago-scientifiques. Au même moment, le 1er septembre 1801, 12 musée sont créés en province (ainsi qu’à Bruxelles, Mayence et Genève) où seront déposés 900 tableaux jusqu’en 1806.

(to be continued avec l'Empire)

D's©
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: MCL80 le 25 Février 2007 à 20:14
Super le topic repart! :yaisse:

(Et moi je reviens de vacances, même si tout le monde s'en fout! :P)
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: iDam le 26 Février 2007 à 20:40
L’EMPIRE  : 1804-1814


Le 18 mai 1804, la Constitution de l’AN XII proclame l’Empire. A cette occasion, Denon demande à Bartholini un buste monumental de Napoléon afin de le placer à l’entrée du Musée des Antiques (actuel Pavillon Mollien). Il sera installé le 15 août.Le 2 décembre, Napoléon est sacré empereur… Débute alors la plus riche aventure du Louvre qui deviendra pendant quelques années un musée universel.

Denon et le Musée Napoléon

Le Musée Central des Arts devient la propriété de l’Empire sous la coupe de l’Intendant de la Maison Impériale et du minister Chaptal. Denon souhaite imprégner l’évolution du musée de la marque napoléonienne en le baptisant Musée Napoléon. Cette inscription est sculptée au-dessus de l’entrée, dans la rotonde des anciens appartements d’Anne d’Autriche.

La politique de conservation change. Denon regroupe des butins nationaux depuis 1789 et souhaite les restaurer dans des ateliers créés au bout de la Grande Galerie.
Entretemps, le musée est réorganisé : les antiques sont confiés à Visconti, la direction du palais (peinture) à Dufourny, le dessin et la chalcographie restent à Morel d’Arleux et Athanase Lavallée conserve le poste de secrétaire general. Quant au poste de commission créé par Lebrun, il est supprimé.

Le musée commence à faire des recettes par la vente de catalogues, moulages et gravures, le tout pris en charge par Stendhal entre 1805 et 1810. Ce potentiel financier est aujourd’hui géré par la RMN (Réunion des Musées Nationaux). En revanche, le droit d’entrée reste gratuit et les salles sont surveillées par 15 gardiens. Publics et spécialistes se partagent le temps hebdomadaire avec les samedi et dimanches réservés aux visiteurs (de 14h à 16h) tandis que les étrangers et les copistes occupent le reste de la semaine aux mêmes horaires, sauf le vendredi (jour du nettoyage du musée).

Dans un soucis d’évolution réelle, Dufourny présente en 1801 son projet pour le Louvre. Il propose des niches avec des statues dans la Grande Galerie ainsi que des colonnes qui scandent le long corridor de 400 mètres. Les peintures de la voûtes sont recouvertes en une sorte de camouflage jusqu’à ce qu’un jour débutent de véritables travaux. Or, le constat en est négatif puisque les tableaux ne peuvent être vus sans reflets et les statues se posent à contre-jour. Il faut donc créer des sections et un éclairage zenithal, vieux fantasme qui rôde depuis des décennies dans cette immense galerie... . Denon opte pour que l’on fasse boucher toutes les fenêtres. Le 17 avril 1803, Chaptal demande un devis des travaux, notamment dans l’occultation desdites fenêtres.

En 1804, Pierre-François Fontaine et son assistant Charles Percier occupent le poste de l’Architecture. Ils balayent l’idée d’un éclairage zenithal et scinde la Grande Galerie en 9 travées en créant des zones de salons avec des niches à colonnes. Cette alternance d’espaces avec des fenêtres bouchées et d’autres conserves avec des jours en hauteur forme un conpromis contre les projets de Denon, que Fontaine qualifie de “mouche”.

Portrait de Fontaine :
(http://img159.imageshack.us/img159/3882/74001275co1.th.jpg)(http://img159.imageshack.us/my.php?image=74001275co1.jpg)

Les travaux doivent être impérativement achevés pour 1810, date à laquelle Napoléon se mariera avec Marie-Louise. Pour cet événement, Denon doit concevoir un accrochage digne de cette galerie, lieu de prestige du musée. La recherche se fait alors dans deux directions :

-   Une politique d’enrichissement
-   Le parti-pris d’un accrochage qui nécessite un choix éduquant et donnant la vision la plus équilibrée possible de l’art. Sa vision sera, conformément aux souhaits précédents de Lebrun, pédagogique et scientifique. Cette lecture exhaustive de l’histoire de la peinture est prévue selon une ordonnance chronologique des artistes.

En 1803, l’Ambassadeur d’Espagne Nicola de Azara offre le buste d’Alexandre le Grand, d’après un bronze de Lysippe, à Napoléon pour le Musée des Antiques.

(http://img233.imageshack.us/img233/8738/91000100cn8.th.jpg)(http://img233.imageshack.us/my.php?image=91000100cn8.jpg)

Entretemps, la Vénus Médicis arrive à Paris et est placée dans la sale des Cariatides, formant ainsi le premier geste d’une conquête progressive du musée sur le Palais.

Parmi les premières saisies, on notera celle de deux grands groupes sculptés de Rome que sont :

Le Tibre : (http://img90.imageshack.us/img90/6208/9300057602jg3.th.jpg)(http://img90.imageshack.us/my.php?image=9300057602jg3.jpg)
Le Nil, place aussi dans la Salle des Cariatides : (http://img159.imageshack.us/img159/3837/93000486es4.th.jpg)(http://img159.imageshack.us/my.php?image=93000486es4.jpg)

En 1807, Napoléon achète la collection de son beau-frère Camille Borghèse, à savoir 523 oeuvres. Denon et Visconti expertisent cette collection à 5 millions de francs tandis que Napoléon en offre 13 millions !

(un peu fatigué ce soir pour continuer… la suite un autre jour !)

D’s©
Titre: Re: Histoire du Louvre : du palais royal au musée
Posté par: tinou le 27 Février 2007 à 01:50
Merci pour ce recit interessant...

Diantre, je ne savais pas que Stendhal avait finance des choses en rapport avec le Louvres...