Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro

Peter

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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #135, le 29 Septembre 2008 à 11:24 »
Citation de Kian le 28 Septembre 2008 à 14:22
Citation de MCL80 le 28 Septembre 2008 à 10:47
Y'a tout de même un point positif, avec la chaleur humaine, dans ces cas-là, pas besoin de prévoir de chauffage des rames. :mrgreen:
Y en a jamais eu besoin ceci dit, c'est plutôt la clim' qu'il faut absolument.
Je sais pas pour le métro parisien vu que je ne l'ai pas utilisé depuis presque 5 ans mais la plupart des rames londoniennes en auraient bien besoin c'est clair. J'ai souvent eu l'impression d'être prêt d'un volcan à chaque fois que je l'ai pris ... Une horreur ^^

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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #136, le 29 Septembre 2008 à 19:11 »
Ben le métro parisien, ça dépend des lignes. Sur les 1,2,4,5,6,7,11,13, à certaines heures, tu es comme dans une boîte à anchois, donc la clim pourrait être un plus certain. (Sur la 2, ça sera d'ici 2-3 ans pas loin de la réalité, avec une "ventilation réfrigérée" - comprendre: une clim' sous-dimensionnée, mais qui rafraîchira tout de même un peu)

Par contre, si tu te ballades sur les lignes 3bis ou 7bis, tu ne devrais pas mourir d'écrasement contre tes voisins, et donc elle est nettement moins nécessaire. :D
Attention à la marche en descendant du tram^^
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Battou

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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #139, le 31 Octobre 2008 à 12:52 »Modifié le 31 Octobre 2008 à 13:15 par Battou
Pendant qu'en France on peste sur les quelques grèves "qu'on ne remarque plus", ou qu'on se chamaille sur les grilles tarifaires qu'il faut faire prepa pour comprendre.... en Belgique c'est comme qui dirait le chaos.

Depuis septembre (voire plus, c'est possible) les retards sont épidémiques, de 10 minutes vers carrément des suppressions de trains. J'ai pas trop bien suivi l'affaire, une fois un contrôleur m'a dit que c'était la nouvelle promo de pinsons tout juste sortis de leurs Master qui cafouillaient quand il s'agissait de gérer un réseau perlé de travaux. Y'a du mieux, des explications "officielles" ? C'est pas que je crains pour les virées "Gembloutoises" d'Urumi, mais ça m'inquiète ct'affaire...

Un peu plus "léger" comme anecdote, en rentrant de Lyon le mois dernier, j'ai partagé la voiture avec un sympathique groupe de retraités américains en vacances... émerveillés par le TGV, sa vitesse, la "ponctualité" du service ferré français. "Nous on a pas ça, chez nous", "ah ils devraient faire pareil, ne serait ce entre les grandes villes d'un Etat".
C'était mignon... même si à Lyon Part Dieu y'avait, dans les minutes précédant le départ de notre train, un retard d'un train venant de Marseille.  :mdr:
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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #140, le 31 Octobre 2008 à 13:24 »
Dis plutôt que tu crains pour tes parkings ! Moi, mes virées gembloutoises, je les fais en voiture. Pas question que j'aille me perdre en train dans ces eaux-là, le nombre de barakis au mètre carré étant de loin supérieur à celui de la piscine d'Outremeuse...

Sinon pour les retards fréquents, je n'ai rien entendu de particulier, et je passe sur les sites d'infos tous les jours. Comme je ne prends pas le train très souvent, j'ai pas trop vu de problème. Et la dernière fois, c'était pour cause de travaux le we, ça m'était déjà arrivé une fois avant et je l'aurais su si j'avais pris la peine de passer sur le site avant de partir. L'heure de retard était normale vu que le même trajet prend plus de temps en bus qu'en train. Peut-être que tu as joué de malchance tout simplement...
Par contre, ils ont revu les compensations de retard à la hausse ces derniers temps, ça peut t'intéresser :
Citation
La ponctualité figure parmi les priorités permanentes de la SNCB. Au même titre que la sécurité, le confort, et la propreté.
Malgré toute l’attention que nous portons quotidiennement à la régularité du trafic et au respect des horaires, des retards se produisent. Parfois importants, voire récurrents, ils provoquent généralement un agacement bien compréhensible.
C’est pourquoi, depuis 2006, vous pouvez prétendre, dans certaines conditions, à des compensations en cas de retards.

Depuis le 01/09/08, un nouveau système de compensation plus avantageux est entré en vigueur.

Pour prétendre à une compensation, vous devez avoir subi soit:

    * un retard occasionnel d'au moins 60 minutes;
    * des retards fréquents d'au moins 15 minutes sur une même ligne

Par "retard fréquent", il faut entendre un nombre d'au moins 20 retards de 15 minutes ou 10 retards d'au moins 30 minutes sur une période de 6 mois, à dater de votre 1er retard encouru. Par exemple: jusqu'au 4 mars 2009, pour un 1er retard encouru le 5 septembre 2008.

Le montant de la compensation équivaudra à une ristourne sur le prix de chaque trajet en train concerné, avec un minimum de 2,50 EUR.

Retard occasionnel de longue durée
Votre retard doit atteindre au moins 60 minutes. Le montant de la ristourne équivaudra à 100%; cette compensation est accordée au cas par cas.

Retard fréquents
Pendant une période de 6 mois à dater de votre 1er retard (*), vous devez encourir sur votre trajet habituel:

    * Soit un nombre minimum de 20 retards  d’au moins 15 minutes.
       Le montant de la ristourne équivaudra à:
        - 25% pour chaque retard d’au moins 15 minutes;
        - 50% pour chaque retard d’au moins 30 minutes.

    * Soit un nombre minimum de 10 retards d’au moins 30 minutes, compensés à concurrence de 50% du prix des trajets concernés.

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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #141, le 31 Octobre 2008 à 13:42 »
Oui, j'ai vu ça... le truc tellement 'galler' à mener que t'y renonces... et puis je me vois bien demander une ristourne sur une ligne de rail-pass. Quoique je poserai la question au contrôleur, ce soir au cas où.
Citation
Peut-être que tu as joué de malchance tout simplement...
3 fois en pas un mois dont le fameux "1h hit combo" parcequ'une correspondance, et un train annulé dans ma gueule... Ouais, je suis encore plus béni par la SNCB que par la Poste.  :peur:

Et je ne parle pas des tableaux criblés de mentions "+XX min" (la semaine prochaine à Bruxelles je ferai une photo, tiens... surtout si il neige, ça va être un feu d'artifice).
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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #143, le 10 Novembre 2008 à 10:39 »Modifié le 10 Novembre 2008 à 11:15 par Kamen
http://actu.orange.fr/articles/a-la-une/Nouvel-acte-de-malveillance-a-la-SNCF-un-TGV-percute-deux-plaques-de-beton.html

Un avis de notre specialiste es-trains? :unsure: J'avais entendu quand j'etais rentre en septembre qu'on depouillait les catenaires (et les chantiers egalement) pour recuperer le cuivre dont le cours s'etait envole. D'ou un certain nombre de retards. Mais la, ca ressemble a de la malveillance pure et dure. Ca me depasse un peu... Surtout que c'est tres dangereux, non?
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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #146, le 11 Novembre 2008 à 11:17 »
Citation de Nico le 10 Novembre 2008 à 18:56
Y a eu du sabotage samedi matin aussi :)
" :)" ?

" :)" ?!

" :)"  ???????!!!!!!!!!!!

Si un jour tu restes pris là dedans on verra si tu " :)"-ras encore.

Ce qui risque d'arriver par contre c'est un remake de voitures brûlées. ça arrive, les moules en font la une, ça incite d'autres ploucs à faire de même.
A moins que ce soit des extrémistes gauchistes Sud Rail et co à la con qui veulent feignasser sans faire grève (ben ouais, on peut pas leur gueuler dessus vu que ce sont des "sabotages d'individus")... ou alors des suppôts du gouvernement qui veulent encore plus discréditer la SNCF pour mieux la démonter, ouverture à la concurrence et toussa... la fête, quoi.

Hi-ha-hou  :w00t2:
: Lundi 10 Novembre 2008, 19:01:23
Des gauchistes !! C'était le fait de gauchistes !! Ha ! Que notre Saint Président  Galaxian Pulvérise ces mécréants !

N'empêche
Citation
l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome
Certains diront "trop caricatural pour être vrai".  :mdr:
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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #147, le 11 Novembre 2008 à 11:51 »
Citation de Battou le 11 Novembre 2008 à 11:17
Des gauchistes !! C'était le fait de gauchistes !! Ha ! Que notre Saint Président  Galaxian Pulvérise ces mécréants !

N'empêche
Citation
l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome
Certains diront "trop caricatural pour être vrai".  :mdr:
Y a donc des anarcho-autonomes et des anarcho-dépendants? c'est bien compliqué toussa :whistling2:

Sinon oui, tu t'es planté dans ton smiley Nico...

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Re: Transports en commun: Toi aussi viens sentir la sueur dans le métro
« Réponse #148, le 9 Février 2009 à 18:58 »
C'est pas particulièrement malin d'esquinter les caténaires (pas de risques pour les passagers, mais des retards en cascade, et peu de chances d'attirer une quelconque sympathie).

Les voleurs de métaux ne s'y frottent pas trop (sur les voies principales au moins) car les fils sous haute tension, ça vous grille un voleur de câbles comme une sardine. Par contre, ils piquent les câbles de signalisation (basse tension, pas de risque à part celui de se faire prendre par la maréchaussée pour ceux qui les découpent à la cisaille.)

Pour les plaques en béton, il faut savoir que c'est hélas courant. RFF (et avant la SNCF) ne se préoccupe pas trop de clôturer son réseau (sauf autour des grandes villes, où le vandalisme se multiplie). Résultat, n'importe quel abruti peut faire n'importe quelle bêtise, et il me semble me souvenir que des gamins avaient fait dérailler un train avec ces foutues plaques de béton… Train qui avait été percuté par un autre arrivant sur la voie à côté. :peur:

Ceci dit, avec pas loin de 30000km de voies, et 2000 agents pour la sécurité ferroviaire, il ne faut pas espérer de miracle (ça donne 1 agent pour 15 km… Et encore, ils ne s'occuperaient alors plus de la sécurité dans les gares ou les trains).

Je suis tout de même étonné de tout le battage qu'il y a autour de ces affaires, parceque maintenant, au moins, tous les cinglés savent ce qu'il faut faire pour bloquer les trains, puisque ça a été bien décrit au 20h : des fers à béton dans la caténaire, ou des plaques de couvertures de chemins de câbles sur les rails. :scrogneugneu:

On a pas fini d'être embêté.
: Mardi 11 Novembre 2008, 19:07:54
Le Monde vient de publier un bel article sur la banlieue Saint Lazare et son quotidien, pour comprendre le contexte local et les difficultés. Le passage sur les déclenchements de signaux d'alarme est assez incroyable, quand on sait que dans de nombreux trains ce sont désormais uniquement des interphones, justement pour éviter ce type de bétises :
(cliquez pour montrer/cacher)
Saint-Lazare, terminus des mécontents
LE MONDE | 07.02.09 | 15h26

C'est un grand spectacle monté avec le quotidien de gens ordinaires. Chaque matin, chaque soir, des figurants contraints forment une marée humaine qui s'entasse sur les quais de la gare Saint-Lazare. Toutes les 28 secondes, un train accoste sur l'une des 27 voies, enfourne ou déverse sa cargaison d'hommes et de femmes qui disparaissent d'un pas pressé. Aux heures les plus fortes, 80 000 personnes se croisent : c'est l'équivalent d'une ville moyenne que la SNCF évacue en un tour d'horloge à partir d'une plate-forme grande comme un terrain de football.

La deuxième gare d'Europe
450 000 passagers par jour
80 000 passagers par heure en période de pointe
1 train toutes les 28 secondesaux heures de pointe (selon la SNCF)
6 000 employés à la gare SNCF de Saint-Lazare dont 720 conducteurs 1 400 passagers par train
1 500 trains en circulation chaque jour 830 km de réseau


Derrière les vitres sans tain du "centre opérationnel escale" qui surplombe la gare, la vue de ces vagues formidables qui se fracassent sur les quais est saisissante. Les agents n'en profitent guère, rivés à leurs écrans de contrôle. Muriel Séguin, 29 ans, dirige cette salle. Elle a quitté un emploi de consultant pour entrer à la SNCF. "J'avais besoin de concret, d'humain, le transport touche au plus près des gens", explique-t-elle. Elle est servie, se retrouve plongée au coeur de la vie courante des usagers, des cafés avalés brûlants aux petites heures du matin, des repas mangés froids au bout des trop longues journées. Un train qui n'arrive pas à l'heure, ce sont des nounous qui s'impatientent, des employeurs qui grommellent...

Et des impondérables, il n'en manque pas, à Saint-Lazare. Louis Gomès, 57 ans, les recense en greffier attentif : "Sur ma seule ligne, en 2008, il y a eu 260 retards et 53 suppressions de train." Ce coiffeur à domicile habite Bonnières-sur-Seine, à une heure de Paris, temps purement théorique. Il fréquente la ligne depuis vingt-deux ans, constate "la dégradation du service", se dit "fatigué de voyager dans des bétaillères, d'être considéré sans dignité".

Ces dernières semaines ont été particulièrement pénibles, "inédites", à entendre ce vieil habitué. Entamée le 14 décembre, la grève tournante des conducteurs - 59 minutes en début de service - a aggravé pendant un mois les désordres sur le réseau. La fermeture de la gare, le 13 janvier, après un arrêt total du trafic, a marqué les esprits.

L'artisan montre son passe Navigo qu'il a barré d'une étiquette "Usager en colère". Le mouvement social l'a excédé mais il y voit un point positif. "Le conflit a permis de mettre les pleins feux sur ce qui se passe ici." Responsable d'une association, le Comité des gares du Montois et de Bonnières, il vient d'être auditionné à l'Assemblée nationale. Il a pu relayer l'impatience des transbahutés. "Nous sommes au bord de la confrontation", s'inquiète-t-il.

Le 23 janvier, cela a failli tourner à l'aigre. Au départ, il ne s'agit que d'un banal incident : un homme pris de malaise tombe sur les rails. La circulation des trains est arrêtée, le temps que les pompiers évacuent la personne. Mais des usagers bloqués à quelques centaines de mètres de la gare descendent des trains et se mettent à remonter les voies. Le trafic doit être à nouveau suspendu. Dans le hall, la foule en partance s'accumule, s'impatiente, gronde. La rumeur enfle d'une nouvelle grève sauvage. Le personnel venu rassurer la foule est pris à partie. Une vitre de l'accueil explose sous les poings de voyageurs excédés. Les forces de l'ordre ont dû intervenir pour contenir le mouvement de colère.

Xavier Moisant a assisté à la scène. "Trente policiers protégeaient trois agents qui tentaient de renseigner les gens", raconte-t-il, navré. Cet homme de 32 ans, qui travaille dans la communication sur Internet, est d'un naturel plutôt enjoué. Normand, il prend chaque jour la ligne entre Rouen et Paris. Lui aussi tient à jour la comptabilité de ses pérégrinations : "En janvier, sur trente-six trajets, cinq se sont achevés à l'heure. Mais avant la grève, 30 % à 40 % des trains avaient déjà des problèmes."

Xavier Moisant enchaîne les histoires sans se départir d'un grand sourire. Ses tribulations ferroviaires recèlent leur lot d'imprévus, voire d'absurdités. A l'automne, une explication au ralentissement d'un train l'a tout particulièrement ravi : des feuilles mortes sur la voie. "J'ai demandé pourquoi, les autres années, à pareille époque, il n'y en avait pas eu." Au début, il prenait plaisir à son trajet d'1 h 07. Il y retrouvait des habitués qui partageaient l'apéritif dans le wagon, rédigeait son blog. Et puis ça s'est gâté. Contretemps après contretemps, la bonne ambiance s'est étiolée. À chaque nouvel impondérable, elle a laissé place aux éclats de rire nerveux, voire aux invectives. "Il ne faut pas avoir les oreilles chastes dans ces cas-là. D'ailleurs, en cas de retard, les contrôleurs évitent de passer."

Les écrits du blogueur s'en sont ressentis, ont viré au roman noir. "Mes amis m'ont dit qu'ils en avaient marre de lire mes galères de transport. J'ai donc créé un autre espace consacré à ce thème." Baptisé "Train-train quotidien", le site a connu un succès presque immédiat. Une communauté s'est créée. Des centaines de personnes viennent s'y épancher dans un style parfois rugueux, les soirs de naufrage.

Et ainsi, jour après jour, Saint-Lazare craque. Pas un responsable de la SNCF ne le conteste. L'infrastructure accueille chaque jour 1 500 trains et 450 000 voyageurs, ce qui en fait la deuxième gare d'Europe derrière la gare du Nord. L'affluence s'est accrue de 40 % en dix ans. Alors, les grilles horaires sont saturées. Aux heures de pointe, il n'est même plus possible d'ajouter un wagon sans qu'il dépasse du quai. On entasse, aux limites de la compression humaine, jusqu'à 1 400 personnes par train.

Roland Bonnepart, 57 ans, directeur des régions et des lignes normandes, a "vingt-quatre ans de SNCF", passés à bourlinguer d'Amiens à Clermont-Ferrand, de Bordeaux à Paris-Nord. Saint-Lazare est, à ses yeux, une gare à part. "Aujourd'hui, il n'y a plus un vide à remplir. Nous sommes au maximum de l'exploitation, au maximum d'installations contraintes", explique-t-il.

Le grand malheur de Saint-Lazare est de n'avoir pas le TGV, ce joyau que la SNCF aime enchâsser dans un écrin. Point d'Eurostar ou de Thalys, ici. Peu de trafic grandes lignes, si ce n'est vers Caen, Cherbourg, Rouen ou Le Havre. La gare charrie à plus de 90 % des banlieusards, voyageurs sans bagage, passagers de deuxième classe. Des gens qui n'ont d'autres choix que de prendre ce qu'on veut bien leur offrir. Alors on achève d'user le vieux matériel entre Poissy et Conflans-Sainte-Honorine, dans les confins oubliés du Val-d'Oise ou des Yvelines. On enquille les wagons déclassés de la gare de l'Est. On fait rouler des motrices qui ont 35, voire 50 ans d'âge.

Elles circulent parfois plusieurs jours avec des avaries, sur un compresseur au lieu de deux. Le matériel de signalisation, les aiguillages et jusqu'aux rails sont à bout de souffle. "Nous sommes la zone parisienne qui a le plus de retard en matière d'investissement", admet sans pudibonderie Roland Bonnepart.

Des grands travaux sont annoncés. La gare, qui n'avait pas été rénovée depuis les années 1930, va subir un lifting à 217 millions d'euros et une vaste galerie commerciale sera aménagée d'ici à 2012. Du nouveau matériel, en principe neuf, va progressivement être mis en service. Cela suffira-t-il ? "Régler vraiment les problèmes se chiffre en milliards et à des horizons de cinq, voire dix ans", prévient Roland Bonnepart.

En attendant, au centre régional opérationnel, un autre PC de Saint-Lazare, les régulateurs tentent d'ordonner sur les 830 km du réseau les convois qui se suivent avec un écart d'1,5 km, distance de sécurité minimale. Du premier train de voyageurs de la journée, le Mantes de 4 h 25, au dernier qui part à 1 h 10 de Paris, ce numéro de haute voltige ne supporte pas la moindre anicroche. "Un incident et les retards s'enchaînent", constate Christophe Borde, 32 ans, adjoint sécurité du site. Ce soir, une barrière défectueuse a entraîné des perturbations d'une demie-heure sur la ligne de Mantes-la-Jolie. Il a également fallu "alléger les Cormeilles", en clair supprimer des trains vers Cormeilles-en-Parisis. Or, "10 % de retards, c'est 45 000 clients mécontents", assure Guillaume Ancel, directeur de lignes, un ancien officier français au Kosovo. Sur les quais, les agents d'accueil essuient stoïquement les injures, se blindent dans leur veste bleue. Dans les motrices, les conducteurs subissent également le courroux. Bruno Jolivel, 40 ans, ne compte plus le nombre de fois où il est resté bloqué une heure dans une gare de banlieue, sans pouvoir fournir une explication rassurante aux usagers. Il ne recense plus les gestes d'hostilité, les insultes, les crachats, les doigts d'honneur. Récemment, il s'est pris une pierre lancée d'une passerelle alors qu'il roulait à 110 km/heure.

Cet arbitre de rugby, à la respectable carrure, n'est pas un couard. Mais quand il lui faut descendre de sa cabine pour aller réarmer un signal d'alarme tiré de manière intempestive, il ne peut réfréner une appréhension. "Parfois, il y a une bande qui est là et me regarde faire. Je repars et ça recommence un peu plus loin. C'est un quart d'heure de perdu à chaque fois." Dans 80 % des cas, les alarmes sont actionnées par malveillance : soit de la bêtise pure, soit des égoïstes qui veulent descendre dans une gare en principe non desservie, soit des petits malins qui retardent sciemment le train et obtiennent ainsi un billet d'excuses pour sécher un rendez-vous.

Ce mercredi, Bruno Jolivel a pris son service à 3 h 21. Une matinée ordinaire : un aiguillage bloqué par le froid à Argenteuil, un rail défectueux à Herblay, un contrôleur agressé à Conflans-Sainte-Honorine. La routine. De retour dans son pavillon de Mantes-la-Jolie, il sort sa feuille de paye : 2 600 euros, primes comprises, avec douze années d'ancienneté. Il raconte pêle-mêle son quotidien. Les "découchés", au moins quatre fois par mois, dans un foyer. Les réveillons passés dans une loco. Les cadences qui augmentent sans cesse. Parfois, à peine arrivé en gare Saint-Lazare, il lui faut filer à l'autre bout du train et repartir en sens inverse. "Pas le temps d'avaler un sandwich ou même d'aller se soulager."

Alors le conducteur encaisse les coups durs jusqu'au moment où il décide de "poser le sac". C'est alors la grève sauvage, celle qu'honnissent les usagers, comme le 13 janvier, après l'agression d'un collègue. L'homme évoque encore le "cadencement", qui impose que les trains partent à intervalle régulier. Une réforme qui augmente les fréquences et la charge de travail. Membre de la Fédération générale autonome des agents de conduite (FGAAC), Bruno Jolivel a participé à la grève des 59 minutes, afin d'obtenir des personnels supplémentaires. Il a perdu près de 500 euros de salaire dans ce mouvement.

Depuis, une nouvelle invective a fait son apparition dans la salle des pas-perdus : "Sudiste." Une référence à SUD, le syndicat que Nicolas Sarkozy a offert à la vindicte populaire comme "irresponsable". Dans ses locaux nichés à l'écart, dans une friche industrielle du quartier des Batignolles, SUD-Rail se défend des accusations de jusqu'au-boutisme. Dominique Malvaud, un de ses représentants, qui travaille depuis trente-cinq ans à Saint-Lazare, crie au bouc émissaire. "Le conflit social va laisser des traces dans le public, c'est sûr, explique cet aiguilleur. Mais si les trains circulaient normalement après la grève, cela s'oublierait. Or, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas de notre faute si on mettait moins de temps pour faire Paris-Mantes il y a trente-cinq ans qu'aujourd'hui."

Retour par le premier omnibus à Saint-Lazare, dans ce lieu rare où se croisent les catégories sociales, les habitants de Saint-Cloud et ceux des Mureaux. Terminus des maux de notre société, Saint-Lazare raconte la violence quotidienne, les tensions sociales. La gare dit la flambée immobilière qui pousse les classes moyennes de plus en plus loin de Paris. Rêvant d'une maison ou simplement d'un logement décent, ils sont de plus en plus nombreux à venir chaque jour d'Evreux ou de Gisors. La ligne compte 1 600 abonnés à Vernon (75 km de Paris), près de 6 000 à Rouen (130 km). "Les gens prennent le train comme on prend le métro", constate Muriel Séguin, la responsable du centre opérationnel.

Louis Gomès, le responsable d'association, constate que la précarité sociale influe également sur le comportement, aggrave le stress des usagers. "Un samedi matin, une femme s'est effondrée en pleurs. Elle venait de prévenir son patron d'un nouveau retard et il a menacé de la virer." La sélection à l'embauche se fait selon le lieu d'habitation. "Dire qu'on vit à Mantes peut effrayer un employeur." Et cette pression, Marc Jolivel la ressent jusque dans sa cabine. Le conducteur en est persuadé : "Il y a des choses à revoir à Saint-Lazare mais il y a aussi des choses à revoir dans la société en général."

Benoît Hopquin

Il faut savoir que la solution pour améliorer la situation sera très coûteuse. La région envisage un tunnel pour prolonger le RER E à la Défense, et rejoignant ensuite la ligne de Mantes-la-Jolie. 8km de tunnel à percer, et facilement 7-8 ans de travaux… Quand l'argent aura été trouvé.
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