Effectivement, c'est chrono… Et le passage par Helsinki est space (je pensais pas qu'il y avait un hub aérien là-bas…)
J'espère que son train est à Roissy, parce que s'il doit aller à la gare de Lyon, c'est mort, à mon avis.
Posted on: Tuesday 16 June 2009, 22:32:32
Une annonce que bon nombre de photographes argentique redoutaient:
Kodak arrête la commercialisation des pellicules diapo Kodachrome, 74 ans après les premières ventes.
Ces pellicules tiennent une place particulière dans l'histoire de la photographie, car ce sont elles qui ont démocratisé la couleur en photographie amateur. Elles ont servi pour les images en couleur de la seconde guerre mondiale coté américain (côté allemand, c'était Agfa) De plus, contrairement à quasiment toutes les autres pellicules diapo, elles sont réputées pour leur stabilité colorimétrique dans le temps. Pour vous dire, j'ai des diapos de mes grands parents qui sont encore absolument superbes à regarder avec des couleurs intactes…
Leur seul point noir est leur complexité de développement qui fait qu'à ce jour, il n'y a plus qu'un laboratoire dans le monde qui est apte à l'assurer.
Bref, même si les puristes disent que la Kodachrome est morte il y a plusieurs années avec la disparition de la Kodachrome 25 (25 ISO!), pour moi, qui ait l'habitude de la Kodachrome 64 (64 ISO) c'est la tristesse de perdre un outil de qualité. Je vais devoir me rabattre sur d'autres pellicules diapo (Kodak ektachrome, Fuji Velvia…)
Pour en savoir plus sur la pellicule Kodachrome (Wikipédia en anglais)
Article du Monde
Les photographes en deuil du film Kodachrome
LE MONDE | 24.06.09 | 16h16 • Mis à jour le 24.06.09 | 16h16
C'en est fini des soirées diapos : l'entreprise américaine Eastman Kodak Company, fondée en 1881 par George Eastman, a annoncé, lundi 22 juin, l'arrêt de la production du légendaire Kodachrome, ce film couleur qui a marqué l'histoire de la photographie. Selon un communiqué de l'entreprise, les ventes de Kodachrome n'ont cessé de baisser et le film ne représente, aujourd'hui, que "1 % des ventes totales des films photographiques de Kodak".
Selon l'historienne de la photographie Nathalie Boulouch, le Kodachrome a marqué une époque en "lançant un processus de démocratisation de la photographie couleur". Inventé en 1935, le Kodachrome séduit surtout le grand public après la guerre, par sa simplicité d'utilisation : il ne nécessite aucune manipulation après la prise de vue, le développement étant assuré par un laboratoire. Caractérisé par un grain particulier, de forts contrastes et une bonne conservation, c'est aussi un film inversible, une diapositive. Il devient le premier procédé couleur de masse et assure, après des décennies de noir et blanc, la domination de la couleur dans la pratique amateur : c'est le règne de la soirée diapo.
Mais le procédé a aussi séduit les artistes : "Edward Weston et Paul Strand ont utilisé ce procédé, remarque Nathalie Boulouch. Puis, dans les années 1960 et 1970, le Kodachrome va attirer des artistes tels que Nan Goldin. Il faut aussi citer les artistes conceptuels tels que Dan Graham ou Robert Smithson. Utiliser le Kodachrome, procédé réputé sans valeur esthétique, est une façon de questionner les formes artistiques de l'image."
Mais le succès du Kodachrome ne résistera pas à la concurrence d'autres procédés et à l'explosion du numérique. Dès 2004, la maison Kodak cesse la production des projecteurs de diapositives. Bientôt, le développement du Kodachrome n'est plus assuré que par un seul laboratoire au monde, Dwayne's Photo, dans le Kansas.
Des photographes s'étaient mobilisés ces derniers temps pour tenter de sauver le film mythique. L'Américain Daniel Bayer, avec son "Projet Kodachrome" (Kodachromeproject.com), espérait convaincre Eastman Kodak d'attendre le 75e anniversaire du procédé, en 2010. En vain. Kodak estime qu'au rythme actuel des ventes, les stocks de film seront épuisés au début de l'automne 2009. Quant au laboratoire Dwayne, il assurera le développement du film jusqu'en 2010.
Claire Guillot
Article paru dans l'édition du 25.06.09.
Article du Figaro
Le Kodachrome se fait porter pâle
Françoise Dargent
24/06/2009 | Mise à jour : 10:51 | Ajouter à ma sélection
La firme Kodak a programmé la disparition de la pellicule mythique, 74 ans après sa création. Utilisée par toute une génération de photographes, elle n'a pu résister à la vague du numérique.
Les couleurs sont en deuil : le Kodachrome est mort. En annonçant, lundi, l'arrêt définitif de la production de ce qui fut la première pellicule couleur destinée au grand public, la firme américaine Eastman Kodak a écrit la fin d'un chapitre de l'histoire de la photographie.
Le Polaroid en avait déjà fait les frais. Voilà que le Kodachrome, symbole de la gloire passée de l'argentique, disparaît également, terrassé par l'avènement du numérique.
Il faut reconnaître que cette pellicule, inventée en 1935 par deux musiciens passionnés de photo, Léopold Godowsky et Leopold Mannes, n'était plus au goût de nombreux utilisateurs. Trop compliquée à développer, dépassée par d'autres films et plus encore par le numérique, qui a fait de la mise en boîte d'images un jeu d'enfant. Seul un laboratoire, le Dwayne's Photo, retranché au fin fond du Kansas, assurait encore le développement des pellicules que lui envoyaient de par le monde les derniers irréductibles, soit selon la firme, moins de 1 % des ventes totales de ses pellicules.
Le mythe tient à quelques grands photographes, amateurs inconditionnels du Kodachrome, qui en louaient le grain et le rendu unique des couleurs. Il a donné à cette discipline quelques-unes de ses icônes, du grand reportage à la gravure de mode. La conférence de Yalta en 1945, l'adolescente afghane aux yeux émeraude de Steve McCurry, les filles fardées de Guy Bourdin ont été photographiées en Kodachrome.
En 1963, c'est avec ce même film qu'Abraham Zapruder, un fabricant de vêtements pour dames, saisit en direct l'assassinat du président Kennedy. Ce reportage amateur sera décrypté par le FBI et séquencé en images, reprises par les plus grands illustrés de l'époque.
Au-delà des photos chocs, cette pellicule donna aussi des milliers d'images anonymes, prises par les photographes du dimanche. Son succès fut tel qu'en 1962 on baptisa de son nom un parc naturel américain, sublime paysage teinté d'ocre et d'azur. Le plus bel hommage jamais rendu à une modeste pellicule, petit rouleau magique capable de « nous rendre le vert de nos étés, de nous faire croire que le monde entier est une journée ensoleillée », chantait Paul Simon dans son tube Kodachrome, numéro 2 des charts américains en 1973.