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Messages - Flavien
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Citation de FinalBahamut le 22 Janvier à 22:33
Allez, pour te remonter le moral, regarde la vidéo de ce winner start up nation : j'ai cru au départ à une parodie... ce chef d'entreprise est à mourir de rire ^^

(même si je n'ai pas bien cerné l'objet de cette "entreprise" O__o)

https://www.francebleu.fr/infos/insolite/video-un-jeune-chef-d-entreprise-agace-sur-twitter-1579668150
Dans le même genre, on a les stylos verts chez nous sur twitter. On est incapable de savoir si ce sont des collègues demeurés, des séides demeurés de Macron ou des gros trolls.
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Citation de Alaiya le 11 Janvier à 18:31
Comment fais-tu pour ne pas être découragé ? Pour ne pas avoir envie de baisser les bras ?
Je le suis un peu. Dans ce genre d'établissement, tu ne fais ta discipline que devant ton PC avec les préparations de cours. En classe, tu ne fais rien de tout cela. Je participe régulièrement à des cours de Français ou de maths (co-intervention) et c'est souvent déconcertant, mais l'histoire-géographie a de plus décourageant que c'est une discipline qui ne pardonne absolument pas l'absence de connaissance. Soit tu les as déjà et tu n'as plus qu'à l'affiner et à assimiler la partie "compétences", soit tu n'as pas de connaissance et là, ça devient compliqué car il faut non seulement acquérir les grandes repères (spatiaux, temporels) mais en plus les phénomènes étudiés précisément. Avec des programmes très thématiques et des notions pointues dès le primaire (je vous avais évoqué la leçon sur les éco-quartiers en CM1), l'inculture ou le maintien de cette inculture ne pardonne pas.
Si je dois comparer avec ce que l'on faisait, élèves, dans les années 80-90, c'est beaucoup plus moins répétitif mais beaucoup plus complexe...

J'ai l'impression d'être nul, en plus, car je perds le fil, je n'ai pas spécialement envie de retravailler mes cours car y passer 30h pour faire une séquence et voir comment elle est torpillée par l'incapacité des gamins à appréhender une notion que ta fille de 6 ans a comprise en 5 minutes...  Ca ne donne pas envie de fignoler. Les innovations pédagogiques, c'est mignon mais dans les faits, ça te prend un temps de dingue et ça n'apporte pas grand chose. Juste prétendre que l'on cherche des solutions.
Pourtant mon inspecteur me mange dans la main (ou presque) et, sauf énorme surprise, je ferai parti des 30% promus plus vite que les autres. C'est pas Byzance mais un an de gagné, c'est toujours ça de pris. Donc techniquement, je devrais ressentir plus de satisfaction mais non, j'ai vraiment l'impression d'avoir été beaucoup plus utile.

Alors vient la question de la mutation... C'est tentant mais :
- j'ai un confort rare étant seul à enseigner dans ma salle. En collège et surtout en lycée, il faut partager voire se balader d'une salle à l'autre.
- je suis beaucoup mieux payé puisque j'ai la prime REP+ (385€ brut quand même)
- si je tiens 4 ans de plus, j'aurais coché une case essentielle pour passer hors classe et être prioritaire pour passer classe exceptionnelle (3e grade enseignant).
- comme je le sous entendais plus haut, j'ai un totem d'immunité de la part de toute l'institution académique du fait d'enseigner dans l'établissement réputé le plus difficile du limousin (et, clairement, pas loin d'être de la Nouvelle-Aquitaine).
- Pour aller où ? Collège ? Lycée ? Dans le second cas, considérant l'aberrante réforme du lycée et du Bac, je n'ai absolument pas envie d'y mettre un pied. Dans le premier, je vais commencer à y faire le tour à force...

Avec la réforme des retraites, les différentes réformes et lois aberrantes de Macron, je pense, et je suis loin d'être le seul, à envisager autre chose. Soit en restant dans le monde de l'éducation, j'ai les compétences pour tenter le concours de personnel de direction... Mais je ne suis pas sûr que les injonctions paradoxales des autorités académiques me plaisent, ou alors en postulant pour des missions à l'étranger via l'AEFE ou la mission laïque... Soit en cherchant un détachement administratif en mettant en valeur mon master de manager territorial... Soit en tentant des concours internes type IRA... Soit en me retirant dans les Monédières ^^
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Citation de iDam le 12 Janvier à 11:18
Au bout d'un moment, si l'école les gonfle, faut les placer ailleurs.

(regarde dans ta zone si il y a pas des journées portes ouvertes dans les écoles BTP)

D's©
Pour cette population d'élèves, il manque les réseaux professionnels et l'autonomie de mobilités.
Beaucoup vivent dans des familles où presque aucun membre ne travaille. Que ce soit la famille nucléaire ou, si elle est présente, élargie.  Je ne parle même pas du nombre d'enfants issus de famille factuellement monoparentale ou dans des foyers sans liens direct de sang. Les réseaux sont apportés uniquement par l'école, le collège... qui fait au mieux mais n'est pas fondamentalement fait pour (scolarité 16 ans toussa). Or c'est compliqué de passer par la case apprentissage sans ces réseaux quand on est ado.
Le manque d'autonomie et de réalisme est aussi flagrant. Tu as des gamins qui ont un niveau de 6e en Fcs, maths ou histoire... pas forcément brillant ailleurs (meme eps, lieu commun à déconstruire, non les gamins ees banlieues ne sont pas spécialement meilleurs)... et ils se croient de taille à faire du lycée général... Sans comprendre  notre discours, notamment face à leur manque de travail personnel. Tu as des gamins qui ne veulent pas quitter le quartier, ou au pire une zone comprenant la moitié nord de Limoges et des parents qui n'acceptent pas de laisser les gamins en internat dans des lycées arts et métiers ou agricoles en dehors de la ville. Un exemple parmi les grands absentéistes de ma classe de 3e, une gamine totalement aux fraises depuis la 6e, l'équipe pédagogique de 4e lui a bétonné un dossier de 3e prepa métiers (sorte d'antichambre vers le lycée pro) dans un lycée pro limougeaud réputé. Elle a été prise. Mais elle a refusé l'affectation parce qu'elle ne voulait pas acheter des vêtements de travail et rester avec ses copines absentéistes (cherchez l'erreur).

C'est complètement surrealiste.
Citation
Après, en 3e est-ce que l'école ne serait pas déjà en concurrence avec des petits boulots?
Chez les gitans et assimilés, c'est un peu ça sans limite d'âge.
Pour les autres, non, juste de la déscolarisation avec ou sans l'assentiment des parents. Les gamins ne font litteralement rien.
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Télévision / Re : Il y a quoi ce soir a la teloche??
« le 11 Janvier à 16:29 »
Citation de MCL80 le 8 Janvier à 19:06
Hier soir sur France 5 il y a eu un reportage pas mal sur les lotissements en particulier et la périurbanisation en général. Je pense que c'est une bonne synthèse sur l'urbanisme périurbain actuel et comment le mythe d'une France de propriétaires vient finalement enfermer tout un tas de gens dans des crédits sans fin et sans perspective à long terme… Et le pire est probablement à venir, même si le reportage ne l'évoque pas réellement: Dans moins de 10 ans, les maisons des années 1980 vont commencer à se retrouver massivement sur le marché (par le décès des propriétaires ou leur départ en maison de retraite… Qui achètera ces passoires thermiques pour certaines déjà construites dans des secteurs isolés? Et je ne parle même pas de la question du vieillissement massif des personnes dans ces quartiers où il est quasiment impossible d'offrir des services publics à un coût acceptable pour la collectivité.

En revanche, j'ai pas écouté le débat qui a suivi.

Je pense que ça doit être visible en replay.
J'y ai pensé récemment. Comme on travaille pas mal sur l'urbanisation en 6e, 4e et 3e, je commence à m'y connaître un peu et j'ai eu cette même réflexion dans la région du bassin d'Arcachon où vit le père de ma dulcinée. Les villes de la Teste, Gujan, le Teich, Biganos et Andernos se sont fortement urbanisées, quasi strictement du pavillonnaire, ces 50 dernières années et beaucoup de retraités, depuis les années 80. Non seulement cette urbanisation s'est faite dans les investissements publics nécessaires mais elle s'est faite sans véritable réflexion (fuck le POS et lol le PLU depuis quelques années). Et je me disais que je doutais fortement que le marché immobilier serait aussi, dans les années à venir, aussi spéculatif par l'arrivée massive de ces maisons mal construites dans des lotissements mal desservis et loin des lieux de production/des emplois et services.
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Bah il faut innover puisqu'en 2020, le centre droit est plus à droite que le FN des années 90.
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Je fais le bilan semestriel de mes élèves... Et je viens de finir les troisièmes.
Je viens de poster cette capture d'écran sur facebook, je le fais ici aussi. Vous avez ici les statistiques de vie scolaire (présence, retard...) d'une classe de troisième dans mon établissement.
Il faut bien sûr rappeler le contexte, c'est un collège REP+, 80% des familles des élèves vivent en dessous du seuil de pauvreté, 75% des élèves sont boursiers, 58% de réussite au brevet, 80 % des gamins (à la louche) d'origine étrangère ou à Mayotte (que l'on peut assimiler à l'étranger)... 8 conseils de disciplines, 6 exclusions définitives.
Oui oui, c'est possible à Limoges.

Et je trouve que les chiffres, notamment des retards, sont en dessous de la réalité, il doit y avoir quelques oublis de la part de la vie scolaire.
(Désolé, mais vous n'avez pas l'autorisation d'accéder à la galerie)


Pour donner une meilleure compréhension, le taux de boursier moyen est de 25% et l'absentéisme des élèves de 3.2%  dans les collèges publics.
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Anime et manga / Re : Vos découvertes Anime / Manga
« le 28 Novembre 2019 à 22:58 »
Je suis d'accord avec vous. Enfin sans en faire mon préféré, j'aime beaucoup la narration de l'histoire, les personnages... Et c'est vraiment ça, le charme opère.
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Bon, J'ai vu le bouzin. Je m'attendais a bien pire. C'est vrai que les graphismes sont insupportables, Comme la plupart de la merde qui sort actuellement. Je ne supporte pas par exemple les cheveux qui ressemblent à une sorte de pâte à modeler. Sinon niveau défaut, on peut également parler du vide sonore avec l'absence d'une bande-son digne de ce nom.
(cliquez pour montrer/cacher)
Après au niveau de scénario, franchement ça pourrait être pire. Je trouve qu'il y a une volonté de rendre plus cohérent certaines choses. On peut toujours les critiquer. Perso, créer une organisation paramilitaire est 100 fois plus censé que la logique de l'animé plaçant le pope comme un Hitler doublé Ben Laden. Faire un tournoi galactique secret plutôt qu'un spectacle planétaire pourquoi pas.
 C'est surtout que ca va trop vite, l'intrigue ne s'installe pas, les personnages ne sont pas vides mais leurs actions sont tellement succinctes et mal exploitées que cela finit par sonner creux. 
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Vous me donnez envie de souffrir !

 :mdr:
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Le Comptoir / Re : Un Joyeux anniversaire !!!
« le 6 Juillet 2019 à 09:17 »
Joyeux anniversaire Damien !
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Citation de Ryô le 2 Juillet 2019 à 15:03
C'est que c'était très chiant à lire, avec toutes ces virgules, en fait;
Ah, comme ça, je comprends, merci !
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Pour compléter ce que dit Ryo, les sujets sont transmis quelques minutes auparavant par, normalement, un personnel de direction. Il est vrai que nous devrions vérifier que l'entête corresponde bien à la série, mais comme nous sommes, dans le cas de la dictée, toujours en surveillance de la première épreuve (questions), on a une mauvaise tendance, fichtre alors, à faire confiance et ne pas se poser de question.
Surtout que la dictée n'est pas un sujet en tant que tel et s'écrit sur la même copie que les questions, donc il n'a pas de repère à faire inscrire aux élèves.

J'ai bien aimé le texte de Camus ainsi que la dictée... Tiens...
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Citation de Kamen le 2 Juillet 2019 à 13:42
Je suis sans voix... En effet, un livre ou deux...
Je pourrais aussi parler de la suppression des maths dans le tronc commun des enseignements généraux en première et en terminale... la raison est surréaliste de stupidité.
Ou de la promesse de campagne de Macron sur l'autonomie et la vraie traduction dans les faits...
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Chaque semaine, par les anecdotes que je pourrais narrer (mais que je tais souvent), je me dis que je pourrais écrire un livre et ses séquelles... Mais comme tout le monde s'en fout de l'éducation, sauf quand il s'agit de se plaindre sur la place de la France dans les études PISA, TIMMS, PIRLS, PEZZ, MENTHOS...

Et également, je renforce l'idée que je n'enseignerai pas toute ma vie... Même si ma seconde carrière risque de demeurer dans l'EN ou "au service de l'Etat" tant il n'est pas évident de se reconvertir.

Ma petite révolte quotidienne, hier, a porté sur les surveillances du DNB. Nous avons décidé, collectivement, même si nous soutenons nos collègues de lycée, de ne pas répondre à l'appel de la grève des surveillances pour le Brevet. En effet, si le concept de "prise d'otage des élèves" nous est complètement étranger tant on a pas de leçon à recevoir du Ministère, nous avons regardé l'évolution de la grève des surveillances et avons fait le constat :
- qu'elle a été massive mais que la presse ne l'a quasiment pas relayé préférant le storytelling stalinien et Sarkozyste (plus c'est gros, plus ça passe) du SMinistre Blanquer.
- que les parents s'en battent carrément les roubignolles de la réforme du lycée. Ils n'ont rien compris, quand ils en sont victimes, se plaignent de l'affectation de leurs enfants mais ne comprennent pas que tout cela est lié à la réforme en elle-même et la politique sous-jacente et désormais habituelle du ministère : économies, suppressions de postes, de moyens et concentration de ces moyens dans les métropoles des villes-centres.
- Que le DNB n'intéresse personne, donc une grève, même massive et non maîtrisée par le MEN, n'aurait pas intéressé grand monde à part Apathie ou Truchot pour nous insérer une quenelle dans le derrière.

Vous savez, peut-être pas d'ailleurs, que le DNB a été reporté pour cause d'alerte canicule. Dans le fond, il n'y a pas grand chose à dire. Evidemment, on peut faire les bourrins et envoyer les gamins supporter les ambiances des salles les moins chaudes où il fera quand même 26° à 8h et 35° à 15h. Donc on comprend l'annonce... On comprend moins que cela ait été fait par voie de presse et que les premières annonces officielles (par voie hiérarchique) soient arrivées au plus tôt à 18h30 trois heures après l'annulation (dans certaines académies, nous c'était le lendemain à 11h), au plus tard hier (je ne plaisante pas, j'ai reçu hier seulement la modification de programme pour le planning d'harmonisation et de correction).
Imaginez dans des centaines d'écoles les appels de parents incrédules reçus par des personnels de direction répondant décontenancés "vous me l'apprenez..." Al' m'a dit sur Facebook que c'est une pratique classique de l'Etat. Cela me révolte. Depuis un mois, semble-t-il en réaction à la grogne généralisée des professeurs, le MEN nous envoie une lettre d'information hebdomadaire. Avec à boire et à manger. Ils sont, en tous cas, capable de nous envoyer, au million d'agents du MEN, un message simultanément et ils ne peuvent pas le faire... Au moins une heure avant la conférence de presse actant le report du DNB avec un plan de guerre pour que l'on réponde aux interrogations du terrain ? Tu parles !
On repense également au document qui rappelait aux professeurs des écoles (surtout) de mettre les élèves dans une ambiance "fraiche". C'est vrai ça, 80% des écoles et collèges sont sortis de terre dans les années 60 et 70, sont de grandes passoires thermiques, avec des orientations E/O, des baies vitrées sans volet, un confort digne d'une prison française... Par une demie plaisanterie, je disais à un collègue qu'il faudra, à cause du changement global, créer des écoles à l'architecture de hobbit. Demie plaisanterie car j'y pense tant nos structures sont inadaptées à ces nouvelles canicules (et je ne parle même pas du reste).

Enfin, arrive ce lundi, je surveille le Français. L'ambiance est chaude mais pas étouffante dans ma salle, les élèves à surveiller sont sympas... Beaucoup plus que dans la salle d'en face où, hasard de l'alphabet, on a une concentration de loulous. Parmi ces loulous, deux cousins qui avaient manifesté leur curiosité face au passage de l'examen sans présenter de titre d'identité. Et... Sans surprise, ils n'avaient pas de papier d'identité mais par contre arboraient un grand sourire. Ma collègue suit la procédure, va chercher le chef d'établissement. Normalement, les élèves ne sont pas acceptés et doivent être reçus par le chef d'établissement qui, en règle générale, les renvoie en salle d'examen et leur autorise à passer l'examen. Sauf que le chef répond "je les vois, je les reconnais, c'est bon, on ne va pas y passer trois heures". Ma collègue est incrédule, elle explique que ces gamins l'ont fait exprès. Le chef n'en démord pas. Elle me raconte l'épisode et, étonné par la formulation du chef, je relis les consignes de surveillances... Et là, grand choc, depuis cette année, il est écrit noir sur blanc que les élèves sans papier d'identité sont autorisés à composer dès lors qu'un adulte, membre du personnel, les a reconnus.
On peut se dire qu'il est hypocrite de faire "comme si" on ne connaissait pas nos propres gamins. On surveille des gamins que l'on connaît blablabla... Mais cette évolution, c'est ce petit laxisme quotidien qui nous décrédibilise, dénature notre autorité. La présentation d'une convocation et d'un titre d'identité, même dans un lieu connu des gamins, c'est une étape importante, un rituel à acquérir... Mais le jour J de l'examen, on est plus dans le "bon, c'est pas grave, tu l'apporteras la prochaine fois", c'est de la pure désinvolture.
Pis, toujours même salle... Nous avons tous demandé aux gamins de mettre les téléphones, éteints, dans les sacs au fond des salles... Un portable vibre, ma collègue est agacée mais elle ne le localise pas... Puis elle lève les yeux et voit un gamin, mains sous la table, tête baissée... Elle le grille avec son portable allumé et vraisemblablement en train de l'utiliser. C'est clairement une fraude. Elle écrit un PV de fraude, le donne au chef... Qui répond avec la même désinvolture et fait comprendre que le PV ne sera pas lu. Et deuxième coup de froid (ou de chaud). Encore une nouvelle faille entamant notre crédibilité et autorité.

Des exemples comme ça, des bobards racontés par le Ministre et ses collaborateurs, relayés par une presse décérébrée, j'en ai presque tous les jours. Ca me fatigue.
L'année prochaine, je prends deux heures supplémentaires. Je ne peux pas les refuser. Vous devez les connaître puisque le ministre en a parlé. Après tout, on ne travaille que 18h donc passer à 20h, c'est pas bien grave... Je ne vais pas aller sur le débat du "un prof travaille-t-il moins que les autres ?", ça ne sert à rien... Entre les contre-exemples du parfait branleur et la quantification du travail invisible, difficile de prouver même si les statistiques sont assez éloquentes.
Ce dont je veux parler c'est la rémunération de ces heures supplémentaires et leur utilité, afin de montrer que le ministère se fout ouvertement de ses agents et des usagers.
- la rémunération des heures supplémentaires est forfaitaire. Le forfait est de 1358€ année pour la 1ere HS et de 1245 pour la seconde et les éventuelles autres HS. Ces HS sont divisées par 9 et sont rémunérées d'octobre à juin. Il faut savoir que contrairement aux autres métiers, une heure supplémentaire professeur est moins rémunérée qu'une heure de service normal. Pour être plus précis, dès que l'on passe le 6e échelon (10 ans de carrière en gros), l'heure supplémentaire devient inintéressante. Ainsi, lorsque le ministère favorise les heures supplémentaires sur les heures postes, c'est avant tout parce qu'il réalise des économies directes (par agent) et d'échelles (18 heures supplémentaires économisent un poste entier).
- on pourrait croire que ces heures supplémentaires existent pour le bien des élèves. Beaucoup de parents, et même des députés naïfs, ont soutenus la seconde heure supplémentaire non refusable car elle s'ajoutait au volume d'heures déjà existant. Mais là, c'est la grosse méconnaissance des dotations globales.  Quand le budget annuel de l'Etat est voté, dans la partie MEN, il existe une dotation globale qui va se compter en ETP et en 36HS (équivalent temps plein et 36 heures supp' soit une par semaine). Par exemple : 750 000 ETP et 600.000 36HS. En aucun cas les HS ne peuvent se transformer en ETP. Donc les ETP doivent supporter tous une certaine charge d'HS. Quand Blanquer annonce en janvier une seconde heure supp', en novembre, elles ont déjà été budgétisées. Quand le budget de l'Etat est adopté, chaque académie va "négocier" son propre volume de DGH (dotation globale horaire) qui va elle-même être composée d'ETP et d'HS... Chaque académie va ensuite répartir dans chaque département (DSDEN ou IA en jargon éducation nationale) qui va le répartir dans chaque établissement... Ouf ! C'est très vertical, annuel et... Souvent brutal. Donc ces heures supp', cette seconde heure supp', elle apparaît comment ? Et bien revenons à notre exemple : 750 000 ETP et 600.000 HS. Y'a deux façons de mettre en place la seconde HS. Soit on augmente les HS tout en gardant les ETP et cela augmente sensiblement le nombre d'heures consacrées par élève, donc c'est effectivement dans leur intérêt... Soit on procède à un autre calcul : 730.000 ETP et 1.000.000 HS.  On supprime directement des postes, 20.000 dans mon exemple et on répartit 400.000 36heures supplémentaires dans le restant. Ainsi, dans les DGH 2019/2020, le nombre d'HS a doublé et le nombre d'heure poste/ETP a fortement diminué soit des suppressions de postes. Le pire ? C'est que le Ministère a sorti une carte officielle masquant les balances création/suppression en assimilant ETP et HS. En Limousin, il était inscrit sur la carte du ministère 36 suppressions, en réalité c'est 58. En Aquitaine, il était inscrit 50 créations de postes, en réalité, c'est 45 suppressions...
Voilà pour ce petit cours de gestion, c'est l'école de la confiance en marche.

Comme je disais, je pourrais en écrire un livre...