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Messages - Flavien
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Télévision / Re : La loi des séries
« le 27 Décembre 2018 à 19:29 »
Citation de RoiLion.Thom le 27 Décembre 2018 à 09:19
Et puis dedans, il y a Chris Pratt, jeune, qui joue un débile vraiment très très rigolo !
Pas si jeune que ça ! Il a fait toutes les saisons et la dernière a été diffusée en 2015. C'est sympa de voir qu'un acteur devenu très célèbre est resté fidèle à une série jusqu'à son issue.
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Politique / Re : Faits divers et compagnie
« le 3 Novembre 2018 à 17:13 »
J'ai commencé à écrire une énorme logorrhée, cela fait une heure et demie que j'y suis dessus mais j'arrête. C'est complètement indigeste  :mdr:

Le débat est passionnant et je trouve que globalement, même si quelques sensibilités diffèrent, vous saisissez bien nombres des problématiques liées à l'école. Si je devais écrire à quoi sert l'école, je n'aurais pas mieux composé qu'Urumi. Sur le respect, je suis en phase avec Ryo.
Pour les savoirs fondamentaux, ils sont de toutes façons négligés de deux manières :
- on ne parle plus de savoirs mais de compétences. De fait, le savoir est subordonné à son utilité, une aberration.
- les outils d'évaluation sont devenus inadaptés. Ce n'est pas tant que les bonnes vieilles dictées, la note sur 20 ou autre sont des formules parfaites… Mais à trop confondre bienveillance et laxisme, oublier le principe de l'exigence dans les grands examens nationaux par des consignes (elles existent, ceux qui témoignent du contraire sont des menteurs) ahurissantes. Et surtout on est passé d'un système conçu pour des élites à un système toujours conçu pour des élites mais dont les outils d'évaluations sont conçus pour le niveau le plus basique qui soit. Par exemple, en histoire géographie, on a travaillé sur la leçon "civils et militaires pendant la première guerre mondiale". Cette leçon implique non pas une lecture chronologique et un récit de la guerre mais bien un travail thématique sur la notion de guerre totale, de violence de masse, de brutalisation des sociétés et de l'influence de la guerre sur la société. Un sacré travail ambitieux. Pour l'évaluer, classique, soit une étude de documents, soit un travail argumenté. Classique. Sauf que les critères d'évaluations seront très laxistes. Pour les études de documents, en examen, on est censé accepter des réponses bancales que ce soit le fond (citation relevée contestable mais pas fausse non plus) ou la forme (nombreuses fautes lexicales ou syntaxiques), pour la réponse argumenté… S'il y a deux arguments avec deux exemples et que ça fait vingt lignes, même si c'est pas structuré, même si c'est mal écrit, c'est considéré comme convenable. La phrase d'intro ? La conclusion ? Des éléments à valoriser, simplement. Deux ou trois paragraphes ? Pareil.  Donc on a une sorte de dichotomie étrange entre des programmes toujours ambitieux… Et une évaluation qui semble ambitieuse mais qui est, en réalité, à l'opposé de l'échiquier.
A choisir, je préfèrerais l'ambition. Je comprendrais une autre logique. La solution actuelle est incohérente et cela rend l'enseignement et l'évaluation illisibles. Après, cela ressemble tellement au service public actuel… On prétend offrir une certaine qualité, mais dans la réalité…

Pour les jugements des parents, perso, ça glisse. C'est le jeu, c'est comme ça. Ce qui me gêne beaucoup, par contre, c'est d'entendre un connard comme Benjamin Griveaux allant nous comparer à des criminels, un incompétent notoire comme Blanquer prétendre sa bienveillance à notre sujet et au contraire pondre plusieurs circulaires infantilisantes.  Et, pour finir au mouvement "pas de vague", je suis beaucoup plus remonté ainsi vis à vis de mon ministère, du Rectorat, de l'IA que de mon chef. Il a ses défauts, je peux regretter nombre de ses choix, mais il en prend autant plein la gueule que nous et doit, ainsi, assumer ses choix. L'IA, lorsqu'elle ralentit au possible, les processus de signalement pour absentéisme, se défausse sur les enseignants ou les chefs d'établissement quand il y a conflit. Le recteur, l'année dernière, qui, 4 heures après le suicide d'un collègue, déclare à la télévision que "le professeur avait des problèmes personnels" alors que ce dernier avait alerté les services sociaux du Rectorat, a laissé une lettre sans équivoque. Ouais, eux par contre, ils me pourrissent ma vie et mon métier.



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Politique / Re : Faits divers et compagnie
« le 29 Octobre 2018 à 19:45 »
Citation de MCL80 le 29 Octobre 2018 à 11:40
Comment être sur que tout va bien?… Le meilleur moyen est de casser le thermomètre:
(cliquez pour montrer/cacher)
Bébés sans bras : la lanceuse d'alerte Emmanuelle Amar a reçu sa lettre de licenciement

Le 28/10/2018 à 21:11 mis à jour à 22:14

Convoquée mardi, la directrice du Remera, Emmanuelle Amar, a ainsi reçu son courrier vendredi. / PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Alors que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé il y a une semaine que les financements des registres des malformations seraient maintenus, la procédure de licenciement des cinq contractuels travaillant au sein du registre rhônalpin - le Remera - suit son cours. Les courriers annonçant ces licenciements ont été envoyés cette semaine à la suite des entretiens préalables.

Convoquée mardi, la directrice du Remera, Emmanuelle Amar, a ainsi reçu son courrier vendredi. « L’équipe est à ramasser à la petite cuillère ! », nous a indiqué ce dimanche Emmanuelle Amar. Gestionnaires du Remera, les Hospices civils de Lyon ont assuré que tout était mis en œuvre pour trouver un reclassement aux cinq contractuels du registre concernés par ces licenciements. «D’un côté, le ministère de la Santé annonce qu’il va y avoir une enquête sur le cluster de l’Ain et on se projette dans cette perspective et, de l’autre, on nous demande de nous projeter dans un nouveau poste ? Comment voulez-vous faire ? Ce n’est pas jouable », estime Emmanuelle Amar.

La polémique

Le 4 octobre, Santé publique France (SpF), autorité de tutelle du Remera, avait annoncé qu’elle reconnaissait bien qu’il existait des regroupements (clusters) de bébés nés sans bras en Bretagne et en Loire-Atlantique mais pas dans l’Ain, à Druillat, comme l’affirme pourtant le Remera. SpF avait précisé que l’origine de ces malformations demeurait inconnue et que la seule mesure mise en œuvre était une surveillance renforcée sur les deux secteurs de l’Ouest de la France.
Une décision remise en cause donc, dimanche dernier, par Agnès Buzyn, qui a annoncé une étude conjointe des ministères de la Santé et de l’Environnement sur les trois clusters.

Entamée le 16 octobre, la procédure de licenciement des salariés du Remera a été mise en œuvre pour cessation d’activité, au 31 décembre 2018, car le registre s’est vu signifier l’arrêt de ses principaux financements. Jusqu’en 2017, ses principaux financeurs étaient la Région Auvergne Rhône-Alpes pour près de la moitié du budget (100 000 euros), Santé Publique France (SpF) (80 000 euros), l’Inserm (30 000 euros) et l’Agence nationale du médicament (30 000 euros) soit un total de 240 000 euros. Mais en 2017, l’Inserm a annoncé l’arrêt de sa subvention, suivi par la Région. Les subventions ne sont pas versées directement à l’association Remera mais aux HCL qui avancent, depuis deux ans, les fonds nécessaires mais ne peuvent se substituer aux financeurs actuels. Les HCL sont l’employeur des salariés du registre sous la forme de contrats à durée déterminée (pour deux d’entre eux) et à durée indéterminée (pour trois d’entre eux).
 
La directrice critiquée par les agences de santé, soutenue par les médecins locaux

Aujourd’hui, la situation semble inextricable. Elle est l’aboutissement de plusieurs années de tensions entre la directrice du Remera et ses autorités de tutelle, l’Inserm et SpF.

Pour justifier l’arrêt de son financement, l’Inserm a mis en avant la faible exploitation scientifique des données du registre et le refus de la directrice de se soumettre à une évaluation dont celle-ci conteste le bien-fondé. Ces griefs, réitérés à plusieurs reprises par l’institution, ont pris une tournure plus personnelle et polémique, il y quelques jours, quand Ségolène Aymé, présidente du Comité d’évaluation des registres et ancienne directrice de recherche à l’Inserm, a estimé que « Mme Amar est la seule responsable de cet enchaînement d’événements », dans un courrier adressé à quelques journalistes et parlementaires. Le conseil scientifique du Remera - composé de plusieurs médecins dont le Pr Olivier Claris, président de la commission médicale d’établissement des Hospices civils de Lyon – a diffusé en retour une lettre publique pour  « apporter le démenti le plus ferme aux attaques odieuses dont Remera et sa directrice générale, Madame Emmanuelle Amar font l’objet ». Si l’Inserm et SpF mettent en cause la valeur scientifique des travaux du Remera, ce n’est pas le cas des médecins des HCL qui louent le travail effectué par toute l’équipe du registre rhônalpin dont Emmanuelle Amar.

"Une campagne calomnieuse"

 Mais la personnalité et les méthodes de la directrice du Remera sont aussi clairement mises en cause par Santé publique France dont le directeur François Bourdillon a dénoncé, le 19 octobre, une « campagne calomnieuse », pointant du doigt « une association qui joue à un jeu extrêmement personnel ». Le directeur de SpF a indiqué que l’institution n’avait pas l’intention d’arrêter de financer le Remera et qu’il était « inconcevable qu'un registre qui a plus de 25 ans s'arrête ». Cependant, à ses yeux, le financement de la structure doit être « maintenu dans des conditions scientifiques qui soient claires ». Il laisse sous-entendre que le soutien de SpF devrait se faire avec une autre équipe. « Cela ne peut pas être poursuivi avec une autre équipe. Le licenciement se fait pour perte de poste donc les HCL ne peuvent pas prendre quelqu’un d’autre. Il faudrait que cela soit à la suite d’une faute et ce n’est pas le cas. SpF méconnaît le droit et le fonctionnement du système associatif », rétorque Emmanuelle Amar.

Les mamans des enfants de l’Ain «veulent se réunir»

L’autre question en suspens est le devenir des données du Remera alors que SpF a également annoncé sa volonté de fédérer les six registres de malformations existant en France pour lesquels il n’existe actuellement aucune homogénéité de fonctionnement. « La base de données appartient au registre mais pas les données. On peut les remettre à SpF mais à quoi cela sert d’avoir des données brutes sans les références ? », s’interroge Emmanuelle Amar. Depuis l’annonce d’Agnès Buzyn, l’équipe du Remera n’a été contactée par aucun chercheur ou représentant d’un ministère. « Je ne peux pas imaginer que la ministre de la Santé n’était pas sincère quand elle a fait ces annonces mais j’ai le sentiment qu’elle n’a pas la main sur ses propres agences. Je suis inquiète pour les institutions de santé », conclut Emmanuelle Amar qui précise être très sollicitée par les familles des enfants nés sans bras dans l’Ain. Selon la directrice du Remera, « les mamans des sept enfants veulent se réunir pour discuter entre elles et peut-être créer une association ».

Sylvie Montaron

On peut remarquer le travail main dans la main dans cette histoire des "autorités indépendantes" (gangrenées par les conflits d'intérêt multiples de leurs membres), potentiellement de l’État, mais aussi de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de son sympathique président Wauquiez.
Santé Publique France (ou anciennement INVS) n'est pas réputée , parmi les spécialistes (dont Ma Dame), comme particulièrement sérieuse aussi bien dans leurs méthodes que leurs résultats…

Plus globalement, de nombreuses missions d'évaluation, de prospective et de recommandation ont été confiés, depuis 30 ans, à des bureaux d'études issus de délégations de services publiques. Les administrations devaient supprimer leur service statistique (ce qu'elles n'ont jamais vraiment fait), octroyer un contrat objectifs moyens à ces bureaux d'études. Ce sont par exemples les ORS (observatoire régional de santé) dont Audrey une des épidémiologistes. Mais on a aussi d'autres associations qui ont, jusqu'au début des années 2010, plutôt bien survécu grâce aux financements des administrations déconcentrées et surtout d'autres services et les collectivités territoriales, utilisant la clause de compétence générale.
Sauf que depuis Sarko, le régime est de plus en plus sec. De plus, comme pour le REMERA, les problèmes de compatibilité sont fatals. Je ne sais plus si c'est l'ORS Normandie ou Picardie ou NPDC mais l'un d'eux a fermé car le DG de l'ARS de la région ne supportait pas le directeur de l'ORS. Ainsi, de nombreuses associations, bureaux d'études ont fermé… Sans que cela soit bien un problème de concurrence ou de performance… Et la fusion des régions n'a pas entraîné une amélioration de la situation, loin de là...
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Citation de MCL80 le 26 Octobre 2018 à 14:57
Et comme au bout de 2-3 ans, ce même cadre sera parti ailleurs, il n'aura même pas à assumer les conséquences de ses choix.

Pour le
Et c'est le problème de toutes les fonctions publiques. Encore que l'homme politique peut éventuellement être sanctionné par les urnes (éventuellement hein…) Le responsable administratif, ou le chef d'entreprise parachuté, lui, peut semer la graine du déluge à des niveaux catastrophiques sans risquer une once de sa carrière car les effets boomerang se sentiront après avoir changé de poste/de ministère/d'EPCI/j'en passe.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à SIHREN, le logiciel fantôme du MEN, qui devait gérer le  1M des agents du ministère, devait coûter 75M d'€ mais au final en a coûté 350 pour en gérer au maximum 18 000... Et etre finalement abandonné.
Cap Gemini s'est fait les couilles en or !
En quoi cela a un rapport ? Le pilotage ! Le marché public a été alloué en 2006 (Chirac donc), il aura fallu attendre 2016 pour que la Cour des Comptes découvre le fiasco. La merde a été enterrée très vite au fur et à mesure que les têtes changeaient au ministère (Ministres, cabinet, DG…) et le responsable, celui qui a ordonné la mise en place du marché public, qui a organisé les réunions de pilotage… Evidemment, en 2016, personne ne se souvient qui s'est. Ou si on s'en souvient, il a changé trois fois de poste, il a même probablement pris sa retraite.
Il a coûté 300M d'€ à l'Etat, une broutille hein ! Le pire c'est quand tu vois que Cap Gemini développait et facturait le logiciel sans qu'il y ait le moindre comité de pilotage pour redresser le problème ou mettre la pression sur l'entreprise. Le marché public a tellement été mal ficelé que Cap Gemini n'a même pas été pénalisé. C'est ahurissant de connerie.
Dans le genre aussi, quand ils ont des besoins précis, l'Etat a une géniale tendance à recruter des jeunes cadres/ingénieurs/développeurs en contractuel. Pourquoi pas hein ? Sauf que quand on est contractuel avec l'Etat, tu vaux rien. Même si tu es chargé de piloter des projets très importants car tu es le SEUL de toute une administration à connaître un langage précis, tu seras pas considéré. Et justement, un pote, développeur, m'a raconté que la région IdFrance était dans la merde… Puisqu'à force de la prendre pour une conne, la région avait perdu la seule agent, contractuelle, capable de maîtriser le côté technique d'une application essentielle à la gestion des formations pro gérées par la Région.

Ressources humaines, intelligence stratégique, optimisation des moyens financiers, l'Etat, c'est plus fort que toi.
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Ca marche pour les anciens EPCI, mais ça marche aussi pour les ministères et les services déconcentrés :D
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Je plaide plus pour une opération immobilière avec réhabilitation.
 En recherchant, car le toponyme me disait quelque chose (je passe par Angoulême quasi une fois par mois pour aller à Bordeaux), la commune de Ruelle sur Touvre est dans l'agglomération d'Angoulême, à 6km du centre ville d'Angoulême avec un axe traversant la commune dont une ligne de bus va directement à la gare d'Angoulême…

Voici une photo de la gare, vous la voyez en banque ou agence de services financiers ?
(cliquez pour montrer/cacher)
(Désolé, mais vous n'avez pas l'autorisation d'accéder à la galerie)
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/mode troll on
Et je trouve que ce sujet est rempli de potentialités si l'on ajoute les gold de Lost Canvas, Next dimension et Omega !
/mode troll off
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P'tain le nombre de pages...
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Mais qui est le plus fort des chevaliers d'or ?
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Politique / Re : Faits divers et compagnie
« le 16 Août 2018 à 10:58 »
La réponse du juge est assez édifiante et montre la ruine de l'âme d'une justice désincarnée.
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Citation de Kamen le 15 Août 2018 à 16:55
(J'ai un faible pour le slogan : ...déjà sur toutes les lèvres !)
Elle est pas mauvaise en plus.
Tu peux aussi trouver la levrette... après un coup de rince-cochon, c'est le jackpot.
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Actualités / Re : Six feet under : la rubrique nécro
« le 1er Juillet 2018 à 11:53 »
Le temps passe... Adieu Corbier je t'aimais bien !
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Je ne suis pas en désaccord ni avec un monde plus autoritaire, ni avec une concentration des richesses au niveau du XIXe siècle. Je ne vais pas dire qu'il n'existe pas de profiteurs. Mais au sein même de ce que l'on peut appeler une "grande bourgeoisie" quelle que soit son périmètre n'a pas plus de conscience collective qu'à, l'inverse, tous les primo-arrivants en France ou ouvriers ou même enseignants. On trouvera toujours des points communs, comme un enrichissement généralisé, par exemple. Mais je poursuivrai toujours à ne pas accepter l'idée, et quelle que soit la catégorie sociale bien sûr, d'un tel déterminisme. C'est en cela que je parle de complot. Pour qu'il y ait ce que définissent les marxistes, c'est de l'ordre du complot contre les exploités. On veut nous nuire.
Non, pas spécialement.
Tu parles par exemple des politiques néolibérales… Mais franchement, aux Etats-Unis, Trump est-il si différent de Reagan dans sa façon de faire ? Bien sûr que ça change avec Obama. Seulement, est-ce que aux Etats-Unis, le changement est si notoire ? J'entends au niveau de l'islamophobie… mais jusqu'à il y a 20 ans, les Américains ne savaient pas ce que c'était que l'Islam. Pour le racisme, bon, suffit de voir un film US des années 80 et on sera fixé.
En ce sens, on est pas dans un "ère du temps" particulière.
Pour le reste, je pense surtout qu'il existe des cycles plus ou moins conservateurs, plus ou moins progressistes qui s'enchevêtrent (économiques, sociaux, politiques…) et qui sont parfois lancés ou accélérés par des évènements majeurs. Et là, on est dans le dur.
Si Macron continue ainsi, 2022 va lui faire mal aux dents. Et à moi aussi.
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Je ne caricature pas, ta réflexion est une caricature, c'est différent. Je parle du message qui me fait réagir, pas de ta dernière argumentation laquelle est toute à ton honneur.

Je rappelle l'origine de ma réaction, dans une étude qui explique la vision de la démocratie des centristes, de l'extrême gauche et de l'extrême droite, tu obliques directement sur la lutte des classes.
Ce qui me pose problème dans cette étude, c'est qu'elle semble oublier que chaque électorat, qui n'est pas un groupe social cohérent, a plusieurs façons de concevoir une notion, notamment une notion politique. Mais si on veut faire une sorte de généralité, on va découvrir des prismes : genre l'électorat d'extrême gauche attache beaucoup d'importance à la démocratie directe, l'extrême droite ne conçoit la démocratie que pour désigner un leader fort exerçant une autorité forte au nom de la nation, quant au centre, il ne faut pas oublier que dans la plupart des démocraties, le centre est tiraillé dans ses paradoxes, ses contradictions et a souvent du mal à se faire une synthèse. Les électeurs centristes ont un jugement critique vis à vis de la démocratie non pas parce qu'ils ne la défendent pas mais parce qu'ils adhèrent que trop rarement aux résultats finaux.
Alors évidemment, je sais que ce raisonnement ne risque pas de te convenir car tu dois estimer que le centre commence chez les sociaux-démocrates. En France, on dit souvent que c'est un pays de gauche, dont les habitants votent à droite et qui se gouverne au centre. Donc mon raisonnement ne tiendrait pas vraiment.  Mais ce n'est pas ce que la réalité décrit.
En tous cas, ton message me pose problème car tu extrapoles directement sur la lutte des classes, avec un sous entendu évident sur le rapport centre/dominant.

Pour ta réponse sur la lutte des classes. Je n'adhère pas à Marx, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais. Je préfère Lassalle d'une part… Et je ne crois pas en "une bourgeoisie" dont les contours me paraissent vraiment obscurs que ce soit par l'analyse classique marxiste ou… plus contemporaine. Je peux accepter, car ce sont les faits, que des décisions politiques ou de tous les jours, créent des oppressions, des opprimés, des injustices plus ou moins massives. Je peux accepter qu'il existe des groupes de pression plus ou moins influents qui s'affrontent, dominent, succèdent… Mais le monde est toujours plus infiniment complexe que ce qu'entend la lutte des classes.
Ou alors, c'est une histoire d'avatar. La bourgeoisie est un avatar vague tel Satan, ou les passions chrétiennes, qui causent du tour aux innocents. Donc on est dans une logique symbolique. Mais ça part trop en vrille pour moi. Quant à l'endogamie, je me suis demandé s'il existait un papier là-dessus, et justement http://ses.ens-lyon.fr/ressources/stats-a-la-une/l-evolution-du-taux-dendogamie-de-classe-sociale-en-france cela montre que l'homogamie recule en règle générale sauf chez les plus riches, l'explication tenant pour les chercheurs surtout plus à la fréquentation des grandes écoles que l'existence, réelle et j'en conviens, des rallyes. Mais là, voilà ce qui me gène, c'est quoi un bourgeois ? Celui qui sort des grandes écoles ? celui qui est élu député même s'il est agriculture ? Marié à une étudiante tunisienne ? Même s'il a fait fortune de rien ? Le Prince Harry est-il un bourgeois ? Non, il existe des faisceaux rapprochant les gens ayant fréquenté les mêmes lieux (de vie, d'étude, de travail) mais cela ne les rassemble pas dans une conscience collective uniforme. Leurs destins individuels vont leur faire prendre des logiques souvent contradictoires avec ce qu'on attendra d'eux. Et notamment sur la conception de démocratie, que ce soit par rapport à l'intérêt du temps économique ou de leur propre conscience personnelle. Au nom justement de la pluralité des identités de chaque personne. D'ailleurs, c'est marrant cette idée de croire que c'est un problème que le temps démocratique ne convienne plus au temps économique. Il n'a jamais convenu. Ce n'est pas une nouveauté. Rien a changé et rien ne changera à ce sujet. C'est comme le temps juridique et le temps de l'information. Ils ne vont pas ensemble. Ils n'iront jamais ensemble.

Tu décris ensuite des exemples de tensions entre l'Etat et des citoyens sur des sujets de manifestations. Mais notre pays, simplement notre pays, regorge de ces situations depuis 1870 (date où, on va dire, la démocratie commence à s'installer durablement). En 1905, les répressions envers les manifestants sont terribles. Souvenons nous d'autres répressions sous de Gaulle, des affrontements de mai 1968, des grandes manifestations avec des finalités violentes en 1986...  Lis cet article, est-ce plus violent en 2018 ? https://www.humanite.fr/novembre-decembre-1986-les-etudiants-deferlent-contre-la-loi-devaquet-627701 L'Etat a toujours, qu'il soit socialiste, modernisateur, réformiste, conservateur ou modéré, utilisé son monopole de la violence et souvent avec un manque de discernement/de mesure. C'est inhérent à l'Etat moderne.
Est-ce que c'est juste ? En règle générale, évidemment que non. Mais ce n'est pas ça qui va mesurer quoi que ce soit.

Par contre, je concèderai volontiers que notre société, et l'Etat ne fait que répondre à cette aspiration, est moins préoccupée par la démocratie depuis une quinzaine d'années. Cela a commencé à la fin des années 1990, les relents se sont exprimés dans les années 2000 et on mange notre pain noir… Ou brun. Je concède volontiers, et surtout pour avoir voté pour lui, que Emmanuel Macron, son gouvernement et son parlement ne sont pas à la hauteur de ce que le pays a besoin sur beaucoup d'aspects. Qu'au contraire, il prend acte de ce manque d'inspiration pour privilégier des rapports plus autoritaires et directs.
Mais moi, je ne vois pas cela comme un conditionnement voulu par la "bourgeoisie" ou "les dominants" ou par la logique du néo-libéralisme. Il n'existe pas de groupe cohérent organisant le monde afin, par exemple, de faire de la France un pays à 5-6 millions d'actifs sans emplois, ou d'abrutir les enfants pour en faire des moutons adultes. Qu'il existe des responsabilités, ou des conséquences d'une politique publique… Comme par exemple la désertification des services (publics comme privé) entraînant un sentiment d'abandon, oui, c'est une responsabilité. Mais cela n'obéit pas  à une volonté supérieure. C'est une pure construction intellectuelle. Quand Jospin commence à envisager l'application du New Public Management en France, il pense que cela sera utile, il ne pense pas que cela va accélérer cette désertification et désorganiser le service public. Et encore moins que cela va profiter aux extrêmes gauches et surtout droites.

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Le complot, c'est de tout melanger dans une classe dominante avec une conscience collective et une intention nécessairement maligne. Ca ne correspond à rien sauf à une vague relecture marxiste.
Et au sujet d'une enquête ou une étude sur la conception de la démocratie à travers trois électorats... Une étude intéressante mais qui manque sans doute de recul sur l'incarnation de la démocratie en fonction justement de ce groupe. Par exemple, je suis à peu près sûr que je n'ai pas la même façon de concevoir la démocratie que toi.

Quant à ce que tu me dis sur la relation démocratie/économie... C'est quand même un peu plus complexe que ça hein. Mais bon, on va dire que je m'y connais pas trop hein.