Livre de chevet, livre qui va vous achever.

Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #375,  »
Citation
Elle a aussi écrit un roman intitulé "Le restaurant de l'amour retrouvé", je ne te le conseille donc pas si tu n'as pas aimé son obsession pour la bouffe.
Tu as tout compris : c'est pile la raison la raison pour laquelle j'ai passé mon tour sur cet opus ! :mdr:

Saga des Cazalet : j'ai attaqué le tome 5 il y a quelques jours :wub:

Philippe K Dick : j'avais bien aimé "les chaînes de l'avenir" même si ça fait longtemps et je ne sais plus pourquoi. En SF, j'aurais tendance à recommander Ray Bradbury (j'aime bien ses nouvelles) et Robert Silveberg, niveau style, ça se lit mieux.


FinalBahamut

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #376,  »Modifié
Plein de bonnes choses.
Pas le temps de faire des commentaires comme vous, mais 2/3 en passant :

- Nicolas Da Silva, La bataille de la Sécu

Ca défouraille, une histoire de la Sécu de la révolution jusqu'à nos jours, style très agréable à lire, l'auteur a d'ailleurs fait ce commentaire dans le contexte de réforme des retraites :

"La multiplication des 49-3, n’est-elle pas la preuve d’un déni de démocratie et d’une dérive autoritaire ? Lorsque l’on se remémore l’histoire de la sécurité sociale, il apparaît que le « coup de force » est la règle et non l’exception."

Il situe l'enjeu véritable de la Sécu : la maîtrise de la sécurité sociale par les travailleurs (ce qui était le cas à l'origine, on l'oublie un peu)
c'est un enjeu de pouvoir qui se joue, pas un enjeu uniquement économique.
Et d'ailleurs, toute l'histoire de 45 à maintenant n'est qu'une lente mais constante reprise en main de la sécu par l'Etat (que ce soit dans la gestion avec De Gaulle dans les années 60 par exemple, qui redonna la main au patronat, ou via la CSG)

Une citation : ""Le trou de la Sécu est une construction politique ayant pour but de réformer une institution par ailleurs pleine de vitalité"

- Olivier Cyran : "sur les dents" : pareil, un livre passionnant, drôle et dramatique parfois, sur nos dents.
Des témoignages émouvants, vraiment.
 S'il n'y a qu'une lecture à faire, ce serait celle-là. Relire la lutte des classes via nos dents, fallait y penser/ Merci à cet enfoiré d'Hollande et ses blagues sur les "sans dents".
(après avoir lu ce livre, vous irez vite vous brosser les dents)
https://www.editionsladecouverte.fr/sur_les_dents-9782707199393

- Une collection *que* j'aime bien : "pour en finir avec"
https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec

Notamment "homo confort", "la guerre de l'attention", "la guerre du muscle",

- Hartmunt Rosa : "aliénation et accélération", une critique sociale du temps
https://www.editionsladecouverte.fr/alienation_et_acceleration-9782707182067

(bon là, c'est en vrac, j'en oublie un paquet...)
Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #377,  »
Tiens, dans un style différent :

Petits arrangements avec l'amour , de lucy vincent . Pareil, ça défouraille en abordant l'amour comme "un piège tendu par la nature pour nous pousser à nous reproduire dans toutes les circonstances", et donc tous les mécanismes physiques et psychiques, neuro... pas très romantique mais passionnant (même si sur les phéromones...)

Ce que j'en retiens, c'est que l'amour nous rend volontairement "con",
car si on n'était pas assez con (ou bourré), il n'y aurait jamais de femme enceinte (me remerciez pas, c'est cadeau)
Faut-il un livre pour le savoir, pas forcément.
Mais lisez-le quand même ^^

https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/petits-arrangements-avec-l-amour_9782738116369.php
Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #378,  »
Un dernier pour la route, une fiction : Connemara, de Nicolas Mathieu.
Une jolie fresque sociale.
Et la puissance des mots, comme dans cette citation :

"La lente hémorragie du temps retenue dans la digue d'un rectangle de papier brillant"

(il parle d'une photo)

un chapitre gratiné sur les cabinets de conseil, dont ce passage qui m'a mis en PLS :

« Notre boulot, ça consiste quand même à ranger des pièces vides »

Et un passage dans lequel un chef de consulting se frotte les mains avec la fusion de collectivités locales : "On a du boulot pour 15 ans"

Bref, lisez-le (mais ne chantez pas Connemara, sérieux...).
Citation
Hélène a bientôt quarante ans. Elle est née dans une petite ville de l’Est de la France. Elle a fait de belles études, une carrière, deux filles et vit dans une maison d’architecte sur les hauteurs de Nancy. Elle a réalisé le programme des magazines et le rêve de son adolescence : se tirer, changer de milieu, réussir.
Et pourtant le sentiment de gâchis est là, les années ont passé, tout a déçu.
Christophe, lui, vient de dépasser la quarantaine. Il n’a jamais quitté ce bled où ils ont grandi avec Hélène. Il n’est plus si beau. Il a fait sa vie à petits pas, privilégiant les copains, la teuf, remettant au lendemain les grands efforts, les grandes décisions, l’âge des choix. Aujourd’hui, il vend de la bouffe pour chien, rêve de rejouer au hockey comme à seize ans, vit avec son père et son fils, une petite vie peinarde et indécise. On pourrait croire qu’il a tout raté.
Et pourtant il croit dur comme fer que tout est encore possible.
Connemara c’est cette histoire des comptes qu’on règle avec le passé et du travail aujourd’hui, entre PowerPoint et open space. C’est surtout le récit de ce tremblement au mitan de la vie, quand le décor est bien planté et que l’envie de tout refaire gronde en nous. Le récit d’un amour qui se cherche par-delà les distances dans un pays qui chante Sardou et va voter contre soi.
https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/connemara


... et Omni me fit pourvoyeur en anus fruités :classe:

Urumi

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #379,  »
Il est temps de faire un petit bilan lecture de mi-année. J'ai eu un gros passage à vide en début d'année, pendant plusieurs mois, où je ne suis parvenue à rien lire. Là, ça reprend, j'ai remplacé ma liseuse et découvert quelques pépites.

Ian McKellen, Une machine comme moi
A Londres, en 1982, le héros fait l'acquisition d'un androïde douée d'une intelligence artificielle. Un roman rétro-futuriste qui explore la problématique de la conscience des machines. Sympa, sans plus.

Myriam Leroy, Le mystère de la femme sans tête
En se promenant dans le cimetière d'Ixelles, l'autrice tombe sur la stèle de Marina Chafroff, russe décapitée par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale après avoir été jugée coupable d'un attentat. Le destin et l'histoire de cette femme va devenir une obsession et elle va tenter, en fouillant les archives, de reconstituer son histoire et les raisons derrière son geste. Entre reconstitution historique et fantasmée et auto-fiction en miroir, j'ai trouvé ce livre passionnant dans l'exploration du processus d'enquête et d'écriture - il a résonné avec l'ancienne chercheuse que je suis. Ce n'est sans doute pas mon livre préféré de M. Leroy (même si j'ai quand même obtenu une dédicace), mais je recommande.

Adeline Dieudonné, Reste
Comme la précédente, A. Dieudonné fait partie de ces autrices et auteurs dont j'achète les nouvelles parutions sans me poser de questions. Pour autant, je suis restée un tout petit plus perplexe face à ce récit essentiellement introspectif mais carrément insolite autour du deuil.

Nicolas Mathieu, Connemara
En relisant les dernières pages de ce topic, je vois que FB l'avait mentionné récemment. J'avais vu ce livre en librairie, sans l'acheter, mais sans que je sache ce qui m'avait interpellée, je suis allée le rechercher quelques jours plus tard. J'ai bien fait. J'ai adoré ce récit cynique comparant deux destinées issues d'un même patelin mais arrivées à des vies très différentes à l'aube de la quarantaine. Avec en prime l'illustration de l'inanité du travail de consultance (un tacle sans doute un peu facile, mais très jouissif tout de même).

Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux
Beaucoup a déjà été écrit sur ce prix Goncourt sur l'histoire des déclassés des anciennes régions industrielles du nord de la France. La construction narrative qui permet de suivre les deux personnages au long court est intéressante. Une belle illustration du déterminisme social.

Edouard Louis, Pour en finir avec Eddy Bellegueule
En parlant de déterminisme social, ici c'est plutôt l'histoire de comment parvenir à en sortir lorsqu'on grandit dans un milieu extrêmement défavorisé et peu enclin à accepter les différences. Il faut s'accrocher.

Delphine de Vigan, Les enfants sont rois
Gros coup de coeur pour ce roman qui explore la thématique et les conséquences psychologiques des chaînes youtube familiales à la frontière avec la télé-réalité.

Delphine de Vigan, Les heures souterraines
Un roman sur le harcèlement moral en entreprise et sur deux personnages qui ont la tête sous l'eau. Là aussi il faut avoir le coeur bien accroché, car il n'y a pas de fin cathartique, la vie n'est pas un film feel good. Mais ce livre m'a profondément marquée.

Saga des Cazalet V : la fin d'une ère
Le dernier tome de la saga. Ca se lit toujours aussi aisément. Toutefois, je ne sais pas si c'est parce que j'ai laissé passer trop de temps entre la lecture du précédent tome et celui-ci, mais j'ai été moins emportée par les destinées racontées dans cet opus final. Les histoires des enfants de la 4e génération (ou de la 3e bis) présentaient à mes yeux nettement moins d'intérêt et le roman est parcouru par un sentiment général de déliquescence qui ne remonte pas le moral. Par ailleurs, c'est le tome qui m'a paru le moins faire de place au climat général du pays à l'époque, à l'histoire avec un grand H, qui était pourtant l'un des grands points positifs de cette saga. Une fin en demi-teinte donc.
Aussi, WTF Neville et Juliet ? Et WTF le python ???

J'ai aussi tenté de redonner sa chance à Kazuo Ishiguro avec "Les vestiges du jour", mais ce livre me tombe littéralement des mains. J'ai sans cesse envie de crier "mais viens-en au but, bon sang de bonsoir".
Et au niveau non fiction, rien d'épastrouillant. J'ai chopé "Atomic Habits" de James Clear, mais je peine pour l'instant à comprendre en quoi ce livre est révolutionnaire.

Bref, des lectures de qualité dans l'ensemble, mais tout de même bien plombantes. Si vous avez des idées de romans un peu plus légers, histoire de m'éviter de sombrer dans la dépression, je suis preneuse. :sweatdrop:

Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #380,  »
Sur le tome 5 des Cazalet : J'ai vu dans les REX lecteurs pas mal de gens qui disaient que ce tome était dispensable et ma foi, il est vrai que l'histoire aurait parfaitement pu s'arrêter au tome 4 et demeurer en l'état. J'ai moi aussi été surprise de voir que ce tome 5 était consacré pour une bonne partie aux petits-enfants dont la plupart ne présentaient guère d'intérêt (ou quasi) dans les tomes précédents. Comme toi, leur destin ne m'intéressait pas plus que ça.

Ceci étant, j'ai eu le sentiment que l'auteure a eu envie de retrouver ses personnages une dernière fois avant de mourir (puisqu'elle était très âgée lorsqu'elle a rédigé ce dernier tome) et que d'une certaine façon, elle s'est d'abord fait plaisir à elle-même. Je comprends ce point de vue et finalement, qu'elle l'ait partagé avec ses lecteurs est plutôt une bonne chose je trouve.

Pour ce qui me concerne, j'ai apprécié de retrouver le style d'écriture, ainsi que les personnages principaux des tomes précédents dont le destin s'achève plutôt en demi-teinte et pas très joyeusement pour nombre d'entre eux (Rachel (elle s'est sacrifiée toute sa vie pour les autres et tout ça pour quoi ? Pour tout perdre au final, et celle qu'elle aimait, et la maison familiale - joie :sleeping:), Edward (mais qui l'a bien mérité par contre) ou encore Louise (pas brillant comme résultat)). Heureusement, d'autres s'en sortent mieux (Villy qui réussit enfin à trouver la paix !) mais au final, je crois que j'aurais préféré que la joie et le bonheur qui présidait à la fin du tome 4 ne soient pas égratignés, je pense notamment à Archi et sa femme.

Sinon, bien d'accord concernant le WTF entre Neville et Juliet. En même temps, je n'ai jamais pu supporter Neville que j'ai eu envie de claquer dès le premier tome et je ne suis pas étonnée qu'il soit à ce point complètement vrillé dans sa tête.

L'histoire avec un grand H, finalement, on en voit les conséquences avec la faillite de l'affaire familiale mais c'est vrai que c'est un peu derrière nous, au stade du tome 5.

Je repasse plus tard pour compléter ! :-)


Urumi

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #381,  »
Citation de Alaiya le 17 Juillet 2023 à 11:38
Ceci étant, j'ai eu le sentiment que l'auteure a eu envie de retrouver ses personnages une dernière fois avant de mourir (puisqu'elle était très âgée lorsqu'elle a rédigé ce dernier tome) et que d'une certaine façon, elle s'est d'abord fait plaisir à elle-même. Je comprends ce point de vue et finalement, qu'elle l'ait partagé avec ses lecteurs est plutôt une bonne chose je trouve.
Elle avait de toute façon toute liberté de mener sa saga là où elle voulait aller. Mais je comprends d'autant moins cette fin en demi-teinte comme tu dis, et le point d'interrogation final sur la santé d'un des personnages.

(cliquez pour montrer/cacher)
J'ai tout de même trouvé intéressant la faillite de l'entreprise et la démonstration de l'obstination de Hugh à garder une direction familiale en dépit de tout bon sens, qui s'est avérée être dramatiquement contre-productive. Conclusion : ce n'est pas parce que le père est un redoutable homme d'affaire que les enfants seront forcément compétents à prendre la suite - et là je fais le lien avec Succession dont je parlais dans le topic série.

Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #382,  »
Citation de Urumi le 18 Juillet 2023 à 18:29
Citation de Alaiya le 17 Juillet 2023 à 11:38
Ceci étant, j'ai eu le sentiment que l'auteure a eu envie de retrouver ses personnages une dernière fois avant de mourir (puisqu'elle était très âgée lorsqu'elle a rédigé ce dernier tome) et que d'une certaine façon, elle s'est d'abord fait plaisir à elle-même. Je comprends ce point de vue et finalement, qu'elle l'ait partagé avec ses lecteurs est plutôt une bonne chose je trouve.
Elle avait de toute façon toute liberté de mener sa saga là où elle voulait aller. Mais je comprends d'autant moins cette fin en demi-teinte comme tu dis, et le point d'interrogation final sur la santé d'un des personnages.

(cliquez pour montrer/cacher)
J'ai tout de même trouvé intéressant la faillite de l'entreprise et la démonstration de l'obstination de Hugh à garder une direction familiale en dépit de tout bon sens, qui s'est avérée être dramatiquement contre-productive. Conclusion : ce n'est pas parce que le père est un redoutable homme d'affaire que les enfants seront forcément compétents à prendre la suite - et là je fais le lien avec Succession dont je parlais dans le topic série.
Sauf qu'à la différence :

(cliquez pour montrer/cacher)
les enfants Cazalet ont le mérite d'avoir été bien élevés et de disposer d'une éducation ce qui n'est pas le cas des rebuts humains de Succession XD

Urumi

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Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #384,  »
Et voici la liste 2023 de mes lectures :D

« La fin d'une Ère » – La saga des Cazalet – Tome 5 – Elisabeth Jane Howard

3.5/5. Cet ultime tome de la saga, écrit de nombreuses années après le tome 4,  qui fait entrer en lice la nouvelle génération et nous parle de personnages qui jusqu'ici n'avaient pas été au centre du récit, était-il absolument indispensable ? Non. Est-ce que j'ai été heureuse de retrouver une dernière fois la plume si parfaite d'Howard ? Oui.

« La colère, cette émotion mal-aimée » – Carole et Serge Vidal-Graf

3/5. Cette lecture s'inscrit dans une démarche personnelle entamée l'année précédente pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec ce sujet mais qui ont changé de direction à un moment donné. Les années passant, je me mets beaucoup (beaucoup) moins souvent en colère qu'avant mais on est ce qu'on est, et ma foi, cette lecture n'était pas inutile je pense.

« Djinn » – Jean-Louis Fejtaine

3/5. Fantasy historique. Mouais. C'était pas mal, je m'attendais à quelque chose de plus "fantastique" mais l'auteur a cédé à ses amours et a finalement pris pour prétexte cette histoire de démon pour nous faire un cours sur les croisades. Bien, j'ai appris des choses mais sur le fond, je suis restée sur ma faim.

« Tant que le café est encore chaud » – Toshigazu Kawaguchi

5/5. J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, malgré un raté au démarrage. J'avais commencé, j'ai trouvé ça trop bizarre dans les premières pages, j'ai laissé tomber puis j'ai redonné une chance au livre et j'ai bien fait. De belles histoires, de beaux personnages, j'ai été émue et j'ai même versé quelques larmes (l'homme atteint d'Alzheimer). C'est beau, c'est touchant, le concept est top. Foncez !

« Le tango de la vieille garde » – Arturo Perez Reverte

2.5/5. Perez Reverte, j'aime. Mais surtout pour ses polars. Donc, oui, c'est magistralement écrit, pas de souci. Mais bon sang, qu'est-ce que j'ai pu m'ennuyer ! Je pense par contre que les gens qui s'y connaissent en tango, en danse en général, peuvent adorer ce livre (parce que ce sujet prend beaucoup de place et contribue à l'atmosphère générale - il m'a manqué, je pense, la culture générale qui va avec). Par ailleurs, je n'ai pas accroché aux deux personnages principaux, que j'ai trouvés antipathiques de bout en bout.

« Cancel ! » – Hubert Heckmann

4/5. Biais de confirmation : checked. Ce petit essai me conforte dans tout le mal que je pense de la cancel culture sauvage démultipliée par les réseaux sociaux. Ou quand la culture de l'effacement mène à l'effacement de la culture. On ne pourra pas dire qu'on ne l'aura pas cherché, ni mérité.
 

« L'Institut » – Stephen King

2.5/5. Vraiment, mais alors vraiment pas son meilleur. Peu crédible, trop de personnages caricaturaux (King a lui aussi cédé au "cahier des charges") voire artificiels (quand on coche volontairement des cases pour faire plaisir, on se plante), un héros qui manque de consistance, une histoire tirée par les cheveux et dont la fin n'est vraiment pas convaincante. Après ça reste du King, c'est bien écrit, l'immersion est présente, la contextualisation aussi, ainsi que dans le lot, un ou deux personnages intéressants.
 

« Druide » – Olivier Peru

2/5. Med-fantasy. Je n'ai pas compris les critiques ultra positives, voire dithyrambiques. Globalement mal écrit malgré quelques jolies choses çà et là, un scénario convenu, un héros qui manque de robustesse dans sa caractérisation, des personnages féminins quasi inutiles (à ce compte-là, autant les supprimer parce que si c'est pour ce résultat...), et un travail d'édition à revoir.

« Le petit livre du lâcher-prise »
– Emilie Pernet

2.5/5. Rien qu'on ne sache déjà mais c'est toujours bon de se faire rappeler quelques évidences.

« Paris-Briançon » – Philippe Besson

4/5. Trèèès bien. Ca se lit tout seul d'une traite. Enfin, je retrouve du Besson qui arrête de se regarder le nombril. La plume est fluide, "facile" (mais tellement de travail derrière), au service d'une belle histoire tragique. Des rencontres qui se nouent l'espace d'un voyage en train de nuit. Délicates, fraternelles, sensuelles, pour le meilleur même si c'est pour aboutir au pire.

« Les Jardins de la Lune » – Le livre des Martyrs – Tome 1 – Steven Ericksson

3/5. Dark Fantasy. Ouf ! Une brique. Très dense et surtout très exigeant. Trop sans doute. Critiques positives amplement méritées, le travail derrière est Titanesque (avec un T majuscule, oui). L'auteur a créé un univers il y a longtemps, qu'il a enrichi au fil des années, ça se tient, c'est cohérent, c'est immense, c'est complexe. Le lecteur est immergé sans préalable. Sur la forme, je suis cliente. Mais ici, le trop est l'ennemi du bien, l'absence d'explications est un vrai problème. IL y en a 9 autres comme ça, et là... je ne le sens pas.

« Du domaine des Murmures »
– Carole Martinez

5/5 : THE coup de coeur de cette année ! J'ai adoré ce livre, c'était superbe. La plume est magnifique, l'histoire est tragique, terrible, cruelle et en même temps d'une grande beauté. J'ai été avec Esclarmonde du début à la fin, et la fin a été un crève-coeur bien que prévisible, du moins s'en rend-on compte avec le recul. Foncez bis !

« Lore » – Alexandra Bracken

3/5. Un pitch vraiment intriguant, de la mythologie grecque à tous les étages, j'achète. C'est du YA mais je ne le savais pas. Bon, ça se lit bien, au niveau du scenario, il y a de bonnes choses, des idées vraiment intéressantes mais le côté YA revient trop souvent au galop et j'ai passé l'âge en fait : les atermoiements existentiels d'adolescents ne me passionnent pas. Ceci étant, l'histoire en elle-même était sympa (et soyons justes : j'ai bien accroché à deux personnages secondaires qui étaient adorables ensemble :3)


« La grâce des Rois »
– Tome 1 – Ken Liu

2/5. Med-fantasy (enfin, il paraît). Je me suis royalement ennuyée à la lecture de cette brique de 900 pages qui s'est avérée être un traité de stratégie militaire. Personnages bien campés et consistants mais ça ne suffit pas. Fantasy quasi absente.

« Noyade » – JP Smith

4/5. Polar. Plusieurs années plus tôt un animateur abandonne un gamin paniqué par l'eau au milieu d'un lac sur une plate-forme en lui imposant de nager jusqu'à la rive s'il veut rentrer. Le gamin disparaît, on ne le reverra jamais. Aujourd'hui, l'animateur est devenu un promoteur fortuné et tout lui sourit jusqu'à ce que... Eh ben c'était pas mal du tout, et la fin est exactement comme elle doit être.
 

« Les Promises » – Jean-Christophe Grangé

3.5/5. Polar. Histoire intéressante, des personnages bien campés et cohérents, pas forcément des gens sympathiques mais on s'y attache. Suspens et fausses pistes. Après ça reste du Grangé, hein donc forcément, ça vire glauque (mais j'aime bien :3). Par contre, quand on choisit de raconter son histoire dans l'Allemagne Nazi, du point de vue nazi, eh bien faut assumer. Sauf que Grangé, il n'assume pas et ne peut s'empêcher d'asséner à toutes les pages ou presque à quel point les nazis sont des gens pas sympas. Ou quand l'auteur se mêle de sa propre histoire. Ca m'a beaucoup agacée, d'où le 3.5/5.
 

« L'histoire la plus incroyable de votre vie »
- Chitra Banerjee Divakaruni

3.5/5. Bien aimé le concept - des gens ensevelis après un séisme, décident de partager des moments de leur existence en attendant les secours et pour éviter de penser qu'ils vont mourir - des histoires parfois tristes, d'autres joyeuses mais ça ne me laissera pas un souvenir impérissable. Et la fin se termine en queue de poisson donc bof, quoi.

« La leçon du mal » – Yusuke Kishi

4.5/5. Dans son genre, magistral. Un prof parfait sous tous rapports est en réalité un foutu sociopathe. C'est japonais, je ne vous ferai donc pas l'affront de vous dire comme ça se finit, vous devez vous en douter. J'ai vraiment aimé... mais j'ai fait des cauchemars. Et pourtant, il m'en faut. Pas pour les âmes sensibles donc.

« Petits meurtres à Endgame » – Alexandra Benedict

2.5/5. Mon premier cosy Mystery et pas forcément le meilleur choix. Personnages non crédibles, des problèmes de rythme et on a du mal à y croire. Beaucoup de noeuds au cerveau pour pas grand-chose.

« La moitié d'un roi »
– La Mer Eclatée – Tome 1 – Jon Abercrombie

4/5. Chouette découverte en cette fin d'année. Je n'avais jamais lu Abercrombie avant, eh bien j'aurais dû ! Plume incisive, dialogues aux petits oignons, ça défouraille sec et c'est sans concession.  Reste 2 tomes, et cette fois ce sont des volumes de taille raisonnable.

tinou

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #385,  »
Je viens de refermer La France d’Après - Tableau politique de Jérôme Fourquet. J’ai trouvé ça très intéressant mais également très désespérant. Plusieurs chapitres valent le détour en stand alone. Les idées sont bien écrites, je pense par exemple au passage sur la décivilisation (E. Macron a usité l’expression après un entretien avec Fourquet), même si ce n’est pas du tout l’objet du livre. D’autres angles d’analyses sont très pertinents et au global ça vaut vraiment la peine de se plonger dans cette étude très documentée. On comprend un peu mieux le pourquoi du vote de chaque terroir, blocs de rues… c’est très fin, et « speak with data » comme on dit.

Et donc, 2027 fait un peu peur quand même. :peur:
"Honey badger don't care"

Flavien

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #386,  »
Bah moi je le trouve dangereux le Fourquet, c'est le mec de droite classique qui expose comme factuel sa propre construction mentale de la société et la fait passer pour réalité en faisant du cherry picking sur les données qu'il a envie de traiter sans faire du qualitatif. Sa carrière de sondeur et d'éditocrate ne plaide pas du tout pour lui... Un peu comme le Babeau dont je parle sur l'immo.

C'est le problème du très bien écrit. Je ne dis pas qu'un ouvrage pertinent doit être mal écrit ou hors d'atteinte, il existe des vulgarisateurs exceptionnels (j'aime beaucoup Noiriel, Boucheron, Joly en histoire pour ça). Mais souvent, cela cache un loup.

Après, j'avoue faire un procès d'intention concernant le livre... Mais je l'ai tellement entendu sortir des conneries, notamment et justement sa façon d'interpréter la décivilisation de N.Elias en stigmatisant des formes de violence et le climat de sentiment d'insécurité que je ne me fais aucun doute sur la qualité intellectuelle du truc. On en a débattu d'ailleurs lorsque Macron a utilisé le terme en mai juin.
C'est un contresens, l'exemple même du mec qui balance des arguments fallacieux et utilisant des concepts qu'il n'a pas compris (ou qu'il a bien compris mais déforme à son avantage).

Après, 2027 fait peur oui, justement à cause de ce type de zouave.

" En France, les peines d'argent durent plus longtemps que les peines
de coeur et se transmettent de génération en génération. "

( Silhouette du scandale )
Aymé, Marcel

Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #387,  »
Citation
Bah moi je le trouve dangereux le Fourquet, c'est le mec de droite classique qui expose comme factuel sa propre construction mentale de la société et la fait passer pour réalité en faisant du cherry picking sur les données qu'il a envie de traiter sans faire du qualitatif.
Je pense qu'on doit pouvoir dire la même chose de son équivalent de gauche :mdr: D'un point de vue général, n'importe quel essayiste connoté politiquement traitera un sujet selon son point de vue et saura utiliser les "bonnes" données d'entrée pour étayer son propos.

Je trouve d'ailleurs assez compliqué de me forger un "juste" avis lorsque je lis des bouquins de sociologie par exemple, et j'ai tendance à rechercher des informations sur les auteurs pour connaître leur positionnement. Autant, pour les sciences "dures", je ne me pose pas ce genre de questions, autant pour les autres sciences, je trouve que c'est plus subtil.

Ryô

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #388,  »
Ah, c'est marrant comme raisonnement, Alaya. Le dernier Lahire est assez intéressant sur ce point d'ailleurs. Peut-être que nous gagnerions à user de la concision chère aux sciences "dures" pour rendre le discours sociologique moins "discutable".

Je trouve effarant qu'on puisse avoir un "avis" sur des textes sociologiques. Ça revient à dire un truc genre :

"Ouais, le déterminisme, je suis pas d'accord" , comme on pourrait dire "ouais, le métabolisme de la vitamine C, je suis pas d'accord".

Aucun sociologue ne remet en question le déterminisme en soi. En revanche, tous ne sont pas d'accord sur ses dimensions. Les ouvrages de sociologie présentent des concepts et des choses qui se passent au sein des différentes sphères sociales. Ils présentent des généralités sur ces sphères. Comme les sciences dures. Cependant, la Sociologie est immédiatement discutable par l'expérience sociale de chacun, particulière et donc nécessairement différente du cas commun. Ces différences effacent aux yeux de chacun la charge des éléments partagés au profit des éléments individuels, ce qui, j'imagine, permet de se dire qu'on peut se faire un "avis".
Je théorise...

Mais c'est comme de se dire "la biologie explique qu'un cœur qui bat à 60 bpm est un cœur en bonne santé, je suis pas d'accord. Le mien bat à 67 et je suis en forme excellente". Ben c'est pareil en sciences dures. Elle se borne à montrer les cas généraux, elle ne s'attache pas aux cas particuliers qui sont pourtant aussi pertinents.
C'est la différence entre consensus scientifique et cas concret, que ce soit en sciences "dures" ou "douces" (je ne suis pas mou).


Concernant le concept eliasien de décivilisation, il est assez mal utilisé par les politiques. Je pourrai vous copier coller un bout de chapitre que j'avais écrit dessus pour expliciter comment le diptyque civilisation /décivilisation fonctionne. Ce n'est pas un monolithe.
Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #389,  »
Ps: ce que j'écris ici est surtout une critique des sociologues dans leur ensemble, moi compris: si les non sociologues n'arrivent pas à se dire que nous faisons une science, c'est pour 90% notre faute à nous.

Au fait, je vous suggère la lecture de la BD "la distinction", très bien foutu et qui explique mieux Bourdieu que n'importe quel sociologue, je pense.
On est tous le con de quelqu'un d'autre

Un appendice ne sert pas forcément à rien. Chez moi, TOUS les appendices servent  :classe:


Mise a jour du blog le 27/12/06