Livre de chevet, livre qui va vous achever.

FinalBahamut

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #360,  »
Ryo>> Le problème avec la dénonciation du "militantisme", c'est que sous prétexte que tel ou tel scientifique a des convictions politiques fortes, on va discréditer son travail alors même qu'il a respecté des méthodes.

Car je ne vois pas de problème si les méthodes scientifiques sont respectées.

Et le simple fait de choisir un sujet d'étude est une forme de militantisme.
Où ça commence ?
Où ça s'arrête ?

De manière générale, je trouve toujours suspect celui qui arrive avec son chapeau à plume blanche comme Bronner.
Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #361,  »
Tiens, ça me fait penser au "Négationnisme économique" de Cahuc, cette affaire.
Viser l'objectivité dans les sciences dures, pourquoi pas.
Dans les sciences sociales... va falloir s'accrocher.


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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #363,  »
Citation de FinalBahamut le 31 Mars 2021 à 19:44
Ryo>> Le problème avec la dénonciation du "militantisme", c'est que sous prétexte que tel ou tel scientifique a des convictions politiques fortes, on va discréditer son travail alors même qu'il a respecté des méthodes.

Car je ne vois pas de problème si les méthodes scientifiques sont respectées.

Et le simple fait de choisir un sujet d'étude est une forme de militantisme.
Où ça commence ?
Où ça s'arrête ?

De manière générale, je trouve toujours suspect celui qui arrive avec son chapeau à plume blanche comme Bronner.
Bronner ne sort pas de nulle part, quand il commence à être connu dans les media, il a déjà plus de dix ans de publications. C'est simplement que sa spécialité (idées, croyances et particulièrement la démocratie des crédules) matche parfaitement avec les problématiques actuelles. Comme il est très synthétique et facile à comprendre, il a beaucoup de succès.
Il était venu il y a 3 ans, je crois, lors d'un séminaire académique sur l'éducation aux média et à l'information, c'était très intéressant.

Pour le reste, sur le militantisme... Pour moi, la dérive arrive quand le scientifique va, justement, ne plus respecter la méthode scientifique. En histoire, par exemple, les militants font deux erreurs classiques et éliminatoires : la téléologie et le jugement par la décontextualisation avec la substitution des valeurs de l'époque par celles de l'auteur.
Et ce genre d'erreur, ça passe jamais la relecture des pairs.

Donc le problème, c'est pas par exemple François Furet vs Albert Soboul où là, on a des historiens militants avec deux visios assez éloignés de la Révolution française. Enfin, pour moi.
La recherche universitaire, ça fait déjà 15 ans que je n'en fais plus...  Et c'était de la baby recherche.

" En France, les peines d'argent durent plus longtemps que les peines
de coeur et se transmettent de génération en génération. "

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #364,  »
Tout le foutoir autour de l'islamo-gauchisme n'a qu'un seul intérêt: discréditer les sciences humaines. Le problème tient au fait que ces recherches questionnent les problématiques du quotidien et leurs conséquences sur la société.

Becker a fait un excellent texte sur ces problématiques qu'on a présenté aux étudiants cette année. Si cela vous amuse je vous le laisserai à dispo ici. Somme toute, Becker a étudié les "outsiders", ces gens dits "hors normes" par les thuriféraires de la norme, justement. Il a montré que les gens "hors norme" n'étaient pas sans normes, et que leurs normes, déviantes, étaient tout autant légitimes que les autres normes, attendues qu'elles leurs appartiennent. Je simplifie, mais en gros c'est de ça que je me sers assez fréquemment dans mes travaux.

Bref. Howard Becker s'est intéressé aux fumeurs de cannabis et aux musiciens de Jazz. Il a montré comment on devient fumeur de shit et comment se construisent les normes de ce groupe. Il explique dans le texte en question comment ses travaux lui permettent d'avoir des réponses à soumettre au politique pour "résoudre le problème de la drogue" (dixit le politique), sauf que ces réponses ne conviennent pas au politique. Le texte, en somme, pose la question de l'intérêt de la sociologie, qu'on peut largement ouvrir à l'intérêt la science dans son ensemble et la problématique de cette question quand on la généralise, du reste.

Tiens, cadal:

https://aoc.media/analyse/2021/03/30/la-distinction-entre-science-engagee-et-ideologie-les-lecons-de-bourdieu/?fbclid=IwAR1d-MjMiVWxK6F3SEv-NeVdr57-seb7CfysU3rBHsWvyLNlgXcojovD5zw
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FinalBahamut

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Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #368,  »
J'ai fini de lire le tome 1 des Rois-Dragons de Stephen Deas et c'était pas foufou. Me reste les deux autres (vu que j'ai l'intégrale) mais je ne déborde pas d'enthousiasme à l'idée de me plonger dans la suite. Il y a quelques bonnes choses, c'est globalement bien écrit, la narration est cependant trop bancale et approximative et les personnages sont insipides (à part 1 ou 2).

J'ai aussi terminé Happycratie de Cabanes et Illouz. Si on met de côté la sensibilité des auteurs un peu trop gauchiste pour moi  (sensibilité très légère tout au long du livre mais lourdement martelée dans la conclusion), l'opus est très intéressant notamment en ce qui concerne la perméation entre la doctrine de la psychologie positive et les politiques/l'économie et ses effets pervers. Bien que naturellement, je penche vers le concept du "aide-toi, le ciel t'aidera", il est toujours bon de lire quelques recadrages argumentés sur le fait que rien n'est évidemment aussi simple mais aussi et surtout de quelle manière la responsabilité individuelle a pris le pas sur la responsabilité collective depuis quelques décennies. Pour ma part, je suis plutôt en phase avec un mélange des deux, l'un n'allant pas sans l'autre et inversement de mon point de vue, mais je ne m'étais pas rendue compte du niveau de déséquilibre auquel on est rendu. Le plus édifiant toutefois, c'est vraiment de découvrir à quel point la PP a été financée / subventionnée par les politiques publiques qui ont vite compris tout l'intérêt qu'elles pourraient en retirer à terme. Au final,  des concepts qui peuvent aider certaines personnes sont dévoyés pour atomiser la société (en gros).

Un autre thème majeur abordé dans le bouquin est le fait que la PP se réclame de la science et d'une démarche scientifique au point de réifier le concept de "bonheur" et d'en avoir fait une marchandise. Bien entendu, ce sont des choses qu'on sait - le délire autour de coachs de vie, du marché du développement personnel, etc - mais décortiquer le processus qui a mené à ce résultat est une démarche fascinante.

D'une certaine façon, ce livre rejoint effectivement la dernière partie du "Développement (im)personnel" de Julia De Funès, avec la démonstration que le "bonheur" est aussi relatif qu'il y a de gens sur cette planète et que philosophiquement parlant, un "idéal" ne peut jamais être atteint, d'où le fait que les promesses du DD ne peuvent être honorées mais aussi et surtout que cela contribue à asservir encore plus l'individu à ce qui est devenu un modèle, lequel ne repose sur rien.

Une lecture que je ne regretterai pas.

Urumi

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #369,  »
Merci pour ton retour sur Happycratie. Je l’avais commencé, mais j’avais dû le rendre avant d’avoir bien avancé. Tu m’as motivée à l’emprunter à nouveau pour le terminer.
Comme toi, ces deux lectures m’ont aidée à prendre un peu de recul sur le développement personnel et le « quand on veut on peut ».
Aussi sur ma liste : « La fatigue d’être soi » d’A. Ehrenberg.

RoiLion.Thom

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #370,  »
Très intéressant ton retour sur ce livre Alaiya. Je vais je pense l'acquérir.

De mon côté, je profite d'avoir un peu plus de temps pour avancer mes lectures. Et je vous recommande très chaudement la série Monts et Merveilles, publié chez les Moutons Electriques, écrite par Nicolas Texier. 3 tomes, d'une 300aine de pages chacun. C'est très très bien écrit en plus, dans un style littéraire que je trouve très agréable. Le pitch, c'est une histoire d'espionnage courant première guerre mondiale, mais dans une dystopie où la magie existe. Ce n'est pas de l'Héroic Fantasy, c'est frais, et vraiment ça change de ce qu'on peut trouver dans le genre.

 
"Je suis un intoxiqué.
- Intoxiqué de quoi ?
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T. Pratchett, Sourcellerie, Les Annales du Disque-Monde, livre V.

Kianouch

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #371,  »
Citation de Kian le 3 Janvier 2013 à 00:56
Citation
Lectures à venir: Les Univers Multiples de Baxter. Je me suis acheté les 3 tomes:  Espace, Temps, Origine
Premier livre, Temps, en cours de lecture. Assez sympa, original, on va voir ce que donne la suite. On the other side...
Amusant que je retombe sur ce message 8 ans après.

J'ai commencé la suite de Temps, nommée Espace il y a quelque mois et c'est moins bien.

Quant à  Temps j'ai lutté pour le finir et ai dormi, sur la moitié du livre. C'est bien barré mais très flou dans ma tête..

FinalBahamut

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #372,  »
L’enfer numérique, voyage au bout d’un like, de Guillaume Pitron,
Citation
Je tombe de ma chaise quand je lis dans une étude qu’un jeune de 18 à 25 ans en France a déjà eu six téléphones portables.
Citation
quand on demande quel est le coût écologique d’une vidéo en ligne, d’un courriel ou d’un like, personne n’est d’accord.
Il n’est pas normal qu’à l’ère de l’intelligence artificielle, du machine learning,  on ne soit pas fichus de calculer le coût écologique d’un courriel ou d’un like. Donc, je pense qu’on ne sait pas parce qu’on ne veut pas savoir ; parce que cela arrange tout le monde.
Citation
Si l’on regarde toute la chaîne de production, toute la matière première mobilisée pour fabriquer un outil numérique, on se rend compte de son immense matérialité. Un téléphone portable ne pèse pas 150 grammes. Il pèse 70, 80, 150 kilos.
Citation
Si la mondialisation se résumait à un seul objet, ce serait la puce électronique.  Pour fabriquer une puce, il faut plus de sous-traitants que pour fabriquer un Boeing 747. Et elle a proportionnellement l’impact matériel le plus grand qu’on ait pu calculer : il faut 32 kilos de matière pour une puce de 2 grammes, soit un ratio de 16 000 pour 1 !
Citation
Mais le lien est fait entre conséquences sur le climat d’un côté, et surveillance de masse (via le stockage de nos données pour le compte des services de renseignement) de l’autre : j’adorerais que l’on défende nos libertés individuelles au nom de l’écologie. Je voudrais écrire un manifeste qui s’appellerait « surveiller et salir ». Cette association entre surveillance de masse et limite des écosystèmes est géniale.
https://reporterre.net/Guillaume-Pitron-Un-telephone-portable-ne-pese-pas-150-grammes-mais-150-kilos


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Alaiya

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #373,  »
Hop, mon bilan lecture 2022. Je me contente de quelques mots de commentaires, si vous voulez en savoir plus, demandez :-)

« Après » – Stephen King – 3,5/5 : pas mal mais comparativement à d'autres de ses opus, ça reste moyen plus.

« Le K » – Dino Buzzatti
– 3/5 : recueil de nouvelles du genre fantastique, style un peu daté mais pas désagréable.

« Nouveau départ » – Saga des Cazalet T4 – Elisabeth Jane Howard
– 4/5 : j'ai aimé, j'aime, j'adore cette saga familiale qui se déroule en Angleterre autour de la seconde guerre mondiale. Mon coup de cœur absolu de ces 2/3 dernières années.

« Le duel des Gémeaux » – Robert Lundlum – 1,5/5 : oui, bon, c'est le titre qui m'a interpellée. Trouvé au fond d'un placard. C'était très nul. Très lent. Très ennuyeux. Quand on pense que c'est le même auteur qui a écrit "La mémoire dans la peau"...

« Les exilées de Troie » – Pat Baker
– 2,5/5 : mouiiiii... mais non.

« La civilisation du poisson rouge » – Bruno Patino – 4/5 : essai sociologique qui tourne autour d'internet, des réseaux sociaux et de leurs ravages sur nos cerveaux. Intéressant.

« La ville de vapeur » – Carlos Ruiz Zafon – 4/5 : un auteur "valeur sûre" dont je sais que la plume ne me décevra jamais. Un conte plutôt young adult (c'est une trilogie mais chaque tome peut se lire indépendamment). Beaucoup aimé.

« Les sept soeurs - T1 » – Lucinda Riley – 1/5 : j'étais curieuse... Fuyez !

« Les vertus de l'échec » – Charles Pépin – 4,5/5 : petit recueil d'analyse philosophique de la notion d'échec. Instructif, déculpabilisant et très accessible. J'aurais eu un prof de philo comme ça, j'aurais moins joué à la belote au fond de la classe.

« La longue Terre » – Pratchett/Baxter – 1,5/5 : un pitch génial sacrifié sur l'autel de l'ennui et de la pire des caractérisations de personnages. Il paraît qu'il y a plusieurs tomes. Je m'arrête au premier, ça va aller, merci.

« Le Prieuré de l'Oranger - T2 » – Samantha Shannon
– 3,5/5 : lu un peu trop longtemps après le premier donc difficile de raccrocher mais j'ai globalement bien aimé l'ensemble, il y a de bonnes idées, de beaux personnages, dommage que la fin soit expédiée.

« La papèterie Tsubaki » – Ito Ogawa – 4,5/5 : le coup de cœur de l'année, j'ai beaucoup aimé, et j'ai même versé quelques larmes. Le 0.5 point, c'est à cause de l'obsession pour la bouffe de l'auteure.

« De sel et de fumée » – Agathe Saint-Maur – 2,5/5 : la moyenne tout juste parce que je ne me rappelle de quasi rien de ce livre. Style appréciable même si parfois un poil too much. Dispensable.

« La bibliothèque des rêves secrets » – Michiko Aoyama – 4,5/5 : jolie découverte, qui résonnera avec ces périodes de la vie où on ne sait plus trop où on en est, et où on se rend compte que possiblement, on est en train de passer à côté de soi.

« L'homme aux murmures » – Alex North – 3/5 : mon polar annuel. Bien écrit, assez prenant mais décevant sur la fin.

« L'homme de l'inconnu » – Philip K Dick
– 1/5 : comme le Duel des Gémeaux, trouvé dans les placards familiaux. Dick a fait des choses très très bien et des choses très très nulles. Celui-ci entre dans la seconde catégorie.

« Ravage » – Barjavel – 3,5/5 : relecture trente et quelques années après la première (j'étais donc au collège). Je ne me rappelais de rien, et certainement pas que cette histoire était aussi horrible et violente. Daté, forcément, mais visionnaire. Un peu trop pour les âmes sensibles.

« Si ça saigne » – Stephen King – 3,5/5 : recueil de 4 nouvelles, deux qui m'ont plu, deux moins, dont l'éponyme qui s'inscrit dans l'univers de Mr Mercedes et The Outsider, que je n'apprécie pas particulièrement.

« L'empire ultime » – Les Fils de Brume T1 – Brandon Sanderson – 3/5 : Med fan. Style simpliste (si, quand même), j'ai eu du mal à entrer dedans mais une fois que j'y étais, les 1000 et quelques pages sont passées toutes seules. Toutefois, malgré de bonnes idées, ça reste très convenu et les personnages ne sont pas spécialement attachants. Il y a une suite mais je crois que je vais m'en dispenser.

« Le goûter du Lion » – Ito Ogawa – 4/5 : même auteure que la Papèterie, une histoire cette fois axée sur la fin de vie. Un sujet délicat traité avec délicatesse. La simplicité à la japonaise dans le style, j'ai aimé mais ai été moins remuée que pour la Papèterie. Et beaucoup de bouffe, encore.

« L’œuvre au Noir » – Marguerite Yourcenar – 4/5 : si, si, je vais très bien je vous assure. Pourquoi ? Parce que c'est un classique et que j'en avais entendu du bien. Dans les faits, niveau écriture, c'est de la haute voltige (et de temps en temps, vraiment, ça fait du bien à l'intellect), niveau histoire, c'est intéressant mais faut s'accrocher parce que l'histoire des Flandres au 16ème siècle, c'est pas le truc le plus passionnant du monde. Ceci étant, je constate que la mère Yourcenar, eh bien, elle aimait les héros gays : Hadrien, Alexis et maintenant Zénon. Elle est née trop tôt.

Urumi

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Re : Livre de chevet, livre qui va vous achever.
« Réponse #374,  »
Merci Alaiya pour ce partage, ça pourra m'inspirer pour ma PAL 2023 et d'ailleurs on a quelques livres en commun.
Citation de Alaiya le 30 Décembre 2022 à 15:47
« La papèterie Tsubaki » – Ito Ogawa – 4,5/5 : le coup de cœur de l'année, j'ai beaucoup aimé, et j'ai même versé quelques larmes. Le 0.5 point, c'est à cause de l'obsession pour la bouffe de l'auteure.
Je l'avais lu en 2020 ou 2021 je crois. Elle a aussi écrit un roman intitulé "Le restaurant de l'amour retrouvé", je ne te le conseille donc pas si tu n'as pas aimé son obsession pour la bouffe. :D

Je me lance à mon tour. Pas de note par contre, je ne les ai pas mises au moment même et c'est trop tard maintenant.

"La saga des Cazalet" - Elisabeth Jane Howard : très belle découverte de cette année, cela fait un moment que je n'avais plus été autant captivée par une saga. J'ai réservé le T5 à la bibliothèque, j'attends sagement mon tour.

Annie Ernaux : j'ai lu plusieurs livres de cette autrice qui a reçu le prix Nobel en 2022. "L'Evénement", bien sûr, dont l'adaptation plus que réussie est sortie cette année au cinéma, mais aussi "La honte", "La place", ou "Passion simple". J'aime son style très brut de décoffrage, direct et sans fioritures, mais aussi son observation très fine des dynamiques de classes. Bref, ça me parle et je poursuivrai la découverte de son oeuvre en 2023.

Philippe Dick : je me suis plongée dans son oeuvre après avoir parcouru l'édition spéciale du Monde Diplomatique sur la SF. J'ai lu "Ubik", "Pacific Park", "La Vérité avant-dernière" et "le Maître du Haut Château". C'est intéressant d'observer les thèmes et obsessions récurrentes, même s'il y a à boire et à manger. Je n'ai pas été captivée par tout, mais je n'hésiterai pas à en lire davantage. @Alaiya, si tu as des recommandations, je suis preneuse.

"Feel Good" et "Le sang des bêtes" de Thomas Gunzig : auteur belge à la plume très cynique et acerbe, avec néanmoins une bonne dose de dérision, c'est souvent hilarant. Personnellement je suis très cliente de son style d'écriture - Battou aime moins, il trouve ça trop caricatural.

"L'empreinte de toute chose" d'Elizabeth Gilbert : Alma, personnage principal de l'histoire, naît à Philadelphie au début du XIXe siècle d'un père anglais qui a fait fortune grâce au commerce de plantes exotiques. Elle se passionnera pour la botanique et consacrera sa vie à la recherche sur les mousses. Franchement, j'ai lu ce roman en étant sur mes gardes, redoutant à tout moment le twist "New Age", l'autrice ayant commis "Mange, Prie, Aime", la bible des quarantenaires en quête de sens qui plaquent tout pour aller faire du yoga à Ubud. Mais au final, j'ai été très agréablement surprise par ce roman fleuve qui dépeint en filigrane le foisonnement intellectuel de l'époque.

"Laissez-nous danser", Le pays des autres T2, de Leila Slimani : la suite de la saga sur une famille franco-marocaine entamée à la fin de la seconde guerre mondiale. On suit ici la deuxième génération et la vie dans les années 60. Qu'est-ce que j'aime le style de Leila Slimani, elle écrit avec une telle fluidité qu'on ne peut que se laisser emporter. C'est aussi un régal à écouter en interview où elle brille par sa finesse et son intelligence.

"Le passage de la nuit", d'Haruki Murakami : un recueil de nouvelle dont je n'ai pas gardé un grand souvenir.

"V13" d'Emmanuel Carrère : franchement, E. Carrère réciterait encore le bottin que ce serait passionnant, alors quand il s'attaque au procès du siècle sur les attentats de Paris, c'est d'autant plus formidable. Une compilation de ses chroniques judiciaires, dans lesquelles il parvient toujours à trouver un angle lui permettant d'affronter le récit de biais. C'est prenant sans être sensationnaliste.

"Quand nous étions orphelins" de Kazuo Ishiguro : Je suis allée au bout parce que je suis perfectionniste et aussi parce que je l'ai lu pendant les vacances, mais je n'ai jamais vraiment accroché. Néanmoins, j'ai emprunté un autre de ses romans pour lui donner une seconde chance.

"Femmes sans merci" de Camila Läckberg : Roman de vengeance satisfaisant mais très caricatural. Une bonne lecture détente malgré tout.

Du côté de la non-fiction :

Critique des technologies
Michel Desmurget, "La fabrique du crétin digital. Les dangers des écrans pour nos enfants" : intéressant, mais je reste un peu sur mes gardes car il utilise beaucoup la rhétorique du "seul contre tous", dont je me méfie un peu.
Neil Postam, "Distracting ourselves to death" : La télévision a radicalement transformé le discours politique et la culture en divertissement. Un grand classique du genre qui reste très pertinent aujourd'hui malgré le fait qu'il a été publié en 1985. Un ouvrage visionnaire.
Neil Postam, "Technopoly" : même thématique, comme la technologie a transformé nos sociétés.
Thierry Crouzet, "J'ai débranché" : L'histoire d'une déconnexion d'un an d'internet, un peu datée (le livre est sorti en 2012) et pas totalement dénué de prétention. Dans le même genre, je préfère lire le blog de ploum.net.
Karine Mauvilly, "Cyberminimalisme" : sorti en même temps que l'ouvrage de Cal Newport, "Minimalisme digital", mais avec un angle d'approche plus éthique et écologique. Je conseille plutôt le second, plus inspirant et moins moralisateur.

En vrac
Michel Desmurget, "Anti-régime" : une autre approche de la gestion du poids, intéressant.
Dan Ariely, "Les ressorts de la motivation" : euh... je n'en ai aucun souvenir...
Albert Moukheiber, "Votre cerveau vous joue des tours : Excellente introduction sur les biais cognitifs. L'auteur est également passionnant à écouter en conférence ou interviews.
Adrien Naselli, "Et tes parents, ils font quoi ?" : une enquête sur le phénomène de transfuge de classe qui inclut, de manière intéressante, la perspective des parents.
Oliver Burkeman, "4000 weeks" : la vie est courte et il faut bien utiliser son temps. Encensé dans certains milieux anglosaxons, mais je ne l'ai pas trouvé révolutionnaire. Cela veut peut-être simplement dire que j'ai fait le tour de la question.